NDDL. Les zadistes peuvent remercier Gérard Collomb

31/01/2018 – 14h00 Nantes (Breizh-info.com) – « Je constate aujourd’hui que les conditions ne sont pas remplies pour mener à bien le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes », avait déclaré le Premier ministre Édouard Philippe en sortant du Conseil des ministres (mercredi 17 janvier 2018). Explications fournies par l’intéressé : « Un tel projet d’aménagement qui structure un territoire pour un siècle ne peut se faire dans un contexte d’opposition exacerbée entre deux parties presque égales de la population. »

Mais il semble que ce sont les questions de maintien de l’ordre et de sécurité publique qui ont fait pencher la balance en faveur de l’enterrement du projet. Étant entendu que l’évacuation de la ZAD ressemblait fort à une opération longue, coûteuse et délicate.

C’est que qui ressort d’un article publié par Le Canard enchaîné (24 janvier 2018) : « Gérard Collomb a pesé de tout son poids pour obtenir l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le ministre de l’Intérieur a ainsi insisté auprès d’Emmanuel Macron et d’Édouard Philippe sur le « risque représenté par l’évacuation » des zadistes. Il a aussi aligné une batterie de chiffres. Il faudrait, a-t-il avancé « mobiliser 25% des effectifs de la gendarmerie, chargée du maintien de l’ordre, soit 3 600 membres des forces mobiles, pour garder le chantier pendant toute la durée des travaux. C’est juste impossible. Imaginez qu’il y ait en même temps un attentat et un mouvement social : le pays ne serait plus contrôlable ! » Conclusion du premier flic de France : « Au-delà des arguments pour ou contre, l’argument principal, c’est celui de la sécurité. » Collomb n’est pas ministre d’État pour rien. »

Ce que confirme Gérard Feldzer, l’un des trois médiateurs : « Il n’était pas chaud pour cet aéroport car il était inquiet d’avoir à mobiliser des milliers d’hommes pendant toute la durée des travaux » (Le Figaro, mercredi 24 janvier 2018).

Tout le monde sait que le feu vert donné à la construction de l’aéroport aurait eu des répercussions immédiates. Le jour même, non seulement on aurait assisté à un rassemblement important de militants de tous poils hostiles au projet sur le site, mais encore des nifestations violentes auraient démarré à Nantes et à Rennes. Ce qui signifiait envoyer un nombre important de gendarmes mobiles à Notre-Dame-des-Landes et de CRS dans les deux métropoles bretonnes. Dans le contexte actuel de menace terroriste islamiste, trois fronts, c’est dur à gérer. Surtout pour une période indéterminée.

B. Morvan

Crédit photo : Galerie collective/Flickr (cc)
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