25% de la population souffrirait d’acouphènes de manière permanente ou passagère

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08/02/2018 – 06h20 Rennes (Breizh-info.com)  – Le jeudi 8 mars 2018 se tiendra la 21ème édition de la Journée de l’Audition, qui arrive alors qu’une enquête Ifop montrait en 2014 que 25% des individus interrogés souffraient d’acouphènes de manière permanente ou passagère.

A l’occasion de cette journée, une campagne de dépistage gratuit sera mise en place, dans plusieurs endroits en France (plus de renseignements ici ou au numéro Azur permettant de se renseigner auprès de la plateforme « Audio Infos Service » 0 810 200 219.)

25% de la population souffrant de ces acouphènes, cela représente 16 millions de Français qui ressentent des acouphènes de temps à autres dont 12 millions en permanence ce qui altère leur état de santé. Toutes les tranches d’âges sont concernées. L’Organisation mondiale de la Santé estime que 20% de la population mondiale est affectée par les acouphènes et/ou l’hyperacousie.

En ce mois de février 2018, une nouvelle enquête sera menée pour évaluer la persistance de ce mal.

L’enquête IFOP/JNA qui sera réalisée par l’association JNA en février 2018 permettra d’évaluer la prévalence de ces symptômes au sein de la population française, dans l’optique par la suite d’interpeller les pouvoirs publics à ce sujet.

Acouphènes et hyperacousie : des symptômes ORL absents de la loi de santé

Depuis 2002, les acouphènes sont considérés par la réglementation au travail comme symptômes aggravants en cas de surdités professionnelles. En dehors de ce cadre, les acouphènes ne sont pas reconnus parmi les handicaps invisibles invalidants. L’hyperacousie, symptôme encore plus invalidant, n’est pas reconnue. Pourtant, l’hyperacousie, comme les acouphènes, déséquilibre l’état de santé et l’équilibre de vie des individus qui en souffrent.

Face au nombre croissant des personnes, jeunes et adultes, qui lèvent le silence sur leur souffrance, des réponses médicales s’organisent sans cadre dédié de prise en charge défini dans la loi de  santé.

L’absence de reconnaissance de ces symptômes par le Ministère de la santé freine le cadre de mise en place d’un parcours de santé renforcé. Les associations dédiées ainsi que des praticiens de santé réclament des centres de compétences pour les cas les plus difficiles, réunissant les professionnels de santé, spécialisés dans ces pathologies, la recherche, la formation des professionnels de santé.

« L’association France Acouphènes, association de patients, reçoit chaque jour l’appel de patients en grande détresse psychologique car ils sont désorientés de ne trouver aucune prise en charge médicale adaptée. Médecins généralistes, médecins du travail, chargés de mission handicap, infirmières scolaires sont souvent démunis pour accompagner, orienter.» expliquent les organisateurs de la Journée Nationale de l’Audition.

En l’absence de parcours de santé clairement identifié, les personnes souffrant d’acouphènes ou/et d’hyperacousie ont tendance à multiplier les consultations médicales et paramédicales.

Ce « nomadisme médical » est source de risques santé :

  • dégradation de l’état de santé du patient,

  • non détection de maladies sévères signalées par la présence d’acouphènes (neurinome de l’acoustique, maladie de Menière, etc…),

  • amplification de la détresse psychologique,

  • surconsommation de médicaments de type anxiolytiques aux prescriptions non coordonnées,

  • intolérances médicamenteuses en raison d’absorption de molécules contradictoires.

En Bretagne et en Pays de la Loire, plusieurs dépistages gratuits seront organisés (les informations ici)

Une application pour aider ?

Parallèlement, une start-up fondée par trois bretons (Immersive Therapy) issue des travaux d’une unité de recherche CNRS présente au CES 2018 à Las Vegas une application ludique pour traiter les acouphènes comme l’explique le magazine Sciences et vie.

Diapason est une application censée permettre aux patients de « reprendre le contrôle » de ces troubles auditifs intempestifs. En deux temps : elle permet d’abord de mesurer par audiogramme la gravité des acouphènes en établissant ses caractéristiques (niveau d’intensité et tessiture). Surtout, elle adapte la thérapie sonore utilisée aujourd’hui pour en faire un « serious game« , un jeu vidéo à visée thérapeutique.

La thérapie sonore est une technique de ré-entraînement aux acouphènes qui vise non pas à les faire disparaître, mais à favoriser une habituation du cerveau – et donc du patient – à ces sifflements venus de nulle part. Une stratégie développée il y a plus de 15 ans, qui passe à la fois par une thérapie cognitive et comportementale et, surtout, par une utilisation de sons extérieurs adaptés, bien réels ceux-là, pour, en quelque sorte, court-circuiter le trouble auditif.  

Les avancées technologiques et le génie créatif des ingénieurs et scientifiques européens notamment, permet toujours de garder espoir quant à ces maux qui touchent les populations.

Crédit photo : DR
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