Hollande : il n’y a pas que Leclerc, il y a aussi Intermarché, Carrefour, Casino…

Après avoir quitté l’Élysée, François Hollande s’est mis en tête de se rapprocher du peuple. D’où la sortie de son ouvrage Les leçons du pouvoir (Stock) qui lui permet d’exister médiatiquement. Bien sûr, il existe des techniques traditionnelles, comme la signature -conférence à la librairie Dialogues (rue de Siam à Brest), devant un public vieilli, genre profs à la retraite, avec carte du PS en poche. Mais il y eut plus original et plus malin, le lendemain, avec une signature au centre Leclerc de Plérin ; là, effectivement, on a droit à un public plus populaire, les « vrais gens ». Pas les retraités de l’Éducation nationale.

Évidemment, on s’est beaucoup moqué de François Hollande en train de signer son bouquin dans une galerie marchande. Imagine-t-on le général de Gaulle allant dédicacer ses Mémoires dans une grande surface ? Mais Sarkozy l’avait fait… Évidemment, de Gaulle et Sarkozy, ce n’est pas la même pointure. Tout content de lui, Hollande affirme : « Je vais au contact des Français (…) Si rencontrer un large public est déshonorant, j’accepte cette façon de voir (…) Venir là où les Français sont me semble être une bonne démarche. » (Le Télégramme, samedi 12 mai 2018).

Il est possible que Hollande regrette maintenant de ne pas avoir fait en 2016 tous les Leclerc de France et de Navarre : c’était peut-être la « bonne démarche » qui lui aurait permis de se représenter à la présidentielle. Titre proposé pour cet ouvrage de circonstance : « Je vais au contact des Français ». L’éditeur aurait été tout trouvé : E. Leclerc.

Mais si Hollande avait été désireux de faire un « coup », il aurait participé au Redadeg qui se déroulait au même moment. Télés, radios, journaux, tous les médias auraient répondu présent. Voir Hollande courir aux côtés des défenseurs de la langue bretonne, c’était l’assurance de passer au JT de 20 heures. Mais il est probable que les militants plus acharnés, tout particulièrement ceux de Loire-Atlantique, l’auraient engueulé. « Lors de la réforme territoriale de 2014, on aurait pu rejoindre la Bretagne. Mais ça été la trahison des socialistes », se plait à raconter Yves Priou, drapeau breton sur l’épaule, qui a effectué l’étape Pornichet – La Baule (Ouest-France, mercredi 9 mai 2018).

Dans Les leçons du pouvoir, François Hollande multiplie les critiques à l’égard d’Emmanuel Macron, oubliant lui avoir mis le pied dans l’étrier. D’abord comme secrétaire général adjoint de l’Élysée, puis comme ministre de l’Économie. Ce qui ne plait pas aux membres éminents de la Macronie. Ainsi Richard Ferrand, député de Carhaix et président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, estime que « de telles aigreurs ne sont pas du niveau qui a été le sien » (JDD, 13 mai 2018). Mais la trahison est un classique de la politique. Voir l’épisode de Gaulle – Pompidou, ou bien Giscard – Chirac, ou bien Sarkozy – Chirac…

B. Morvan

Crédit photo : Wikimedia (cc)
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