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Bien que devenu président de l’assemblée nationale, François de Rugy (LREM), député de Nantes Orvault, n’oublie pas la Bretagne et la question de la réunification. Dans une vidéo diffusée sur Twitter, il répond à la question d’un internaute concernant le retour de la Loire-Atlantique en Bretagne. « Le plus tôt sera le mieux », indique-t-il, mais, ajoute-t-il, « je dois bien constater que malheureusement ce n’est pas la priorité ni des élus locaux ni des élus nationaux » (Presse Océan, dimanche 27 mai 2018).
Quelques jours plus tard, il persiste et signe : « Je crois que la Bretagne serait plus forte avec Nantes et la Loire-Atlantique, et que Nantes et la Loire-Atlantique seraient plus fortes en Bretagne ». Seulement, il se sent un peu isolé sur la question : « Je constate que les élus locaux sont plutôt partisans d’un statu quo, contraire aux intérêts des habitants. » (Presse Océan, jeudi 31 mai 2018).
Une observation s’impose. Tant que le « boss » Ayrault se trouvait aux commandes, il verrouillait le département de Loire-Atlantique. Le « système Ayrault » contrôlait la ville de Nantes, Nantes Métropole, l’agglomération, le département et la région. Par conséquent, pas question pour un élu prudent – carrière et subventions – de se déclarer en faveur de la réunification. Seules quelques exceptions comme François de Rugy et Ronan Dantec se faisaient remarquer…
Aujourd’hui en retraite, Jean-Marc Ayrault n’a plus les moyens de continuer à impulser une politique anti-bretonne avec un « grand ouest » dont il était le porte-drapeau. Si bien que quelques signes de décrispation apparaissent ici et là. Ainsi, à Nantes, dans le centre-ville, on a assisté à la pose de plaques de rue en Breton. L’entretien de Jean Blaise au magazine Bretons (juillet 2018) étonne également. Manifestement on ne trouve pas chez Johanna Rolland (PS) la même hostilité envers la Bretagne que du temps de son prédécesseur. Les élus nantais n’étant plus tenus en laisse par le « boss », les lignes pourraient bouger – étape par étape.
Bien entendu, les déclarations de François de Rugy font hurler Christèle Morançais (LR), présidente du conseil régional des Pays de la Loire. « La question a été tranchée en 2014, le débat est totalement clos. Chercher à le relancer aujourd’hui est irresponsable », réagit-elle. « L’unité des Pays de la Loire ne se discute pas. La défendre, c’est défendre ses cinq départements », ajoute-t-elle (Presse Océan, vendredi 1er juin 2018)
Manifestement Madame Morançais ne lit pas les journaux bretons, sinon elle saurait que non seulement le débat n’est pas « totalement clos », mais encore qu’il semble plus que jamais d’actualité. Un exemple. Ses « amis » du groupe « Droite, centre et régionaliste » (LR et MoDem, présidé par Marc Le Fur) sont en train d’obtenir de Loïg Chesnais-Girard (PS), président du conseil régional de Bretagne, un crédit de 500 000 euros pour lancer des actions concrètes allant dans le sens de la réunification, tandis qu’un fonctionnaire de la collectivité sera chargé de suivre le dossier (Le Télégramme, lundi 19 février 2018).
En attendant, Jean-Marc Ayrault – qui a vu, aux élections législatives de juin 2017, sa circonscription de Nantes –Saint-Herblain tomber dans l’escarcelle des Marcheurs – regarde ailleurs. Il va prendre la tête de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. Fin mars, il a aussi intégré le bureau de la fondation Jean Jaurès. Il devrait devenir également secrétaire général de la Fondation de l’université de Nantes (Presse Océan, samedi 30 juin 2018). L’important étant qu’il ne s’occupe plus de La Bretagne, des Pays de la Loire et du « grand ouest » !
Bernard Morvan
Crédit photos : DR
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