L’Aquarius, navire de l’ONG SOS Méditerranée qui avait fait parlé de lui au mois de juin dernier, a repris ses activités au large de la Libye. Et elles sont controversées !

Pas de retour en Afrique

Il a quitté Marseille il y a quelques jours. L’Aquarius a ainsi lancé sa dixième opération depuis le début de l’année pour le compte de l’ONG SOS Méditerranée. Voilà donc le navire de retour au large des côtes libyennes, se contentant toutefois de patrouiller dans les eaux internationales. Mais, pour SOS Méditerranée, pas question d’attendre les ordres des garde-côtes libyens avant de venir en aide aux embarcations chargées de migrants se trouvant en difficulté en mer. Précisons que ces eaux internationales font partie de la juridiction des garde-côtes libyens en matière de recherche et de secours.

C’est ce qu’a affirmé Nick Romaniuk, le responsable des recherches et des opérations de secours de l’Aquarius à Reuters : « Quand nous verrons une embarcation en détresse, avec un risque élevé de décès, nous irons immédiatement à son secours, conformément au droit international ».

De plus, SOS Méditerranée ne compte pas reconduire les migrants sauvés dans l’un des ports libyens, pourtant géographiquement les plus proches, de toute évidence. Ce même responsable a ainsi précisé, selon lui, « la Libye n’est toujours pas reconnue comme un pays sûr, donc nous ne reconduirons personne là-bas ».

Pression migratoire sur l’Europe

Pour Nick Romaniuk, un retour de ces migrants en Libye constituerait le franchissement d’une « ligne rouge » auquel se refuse SOS Méditerranée. À lui seul, l’Aquarius aurait porté secours à près de 3 000 individus cherchant à gagner l’Europe depuis le début de l’année.
Il faut de plus préciser que, toujours au regard du droit international, c’est au pays légalement en charge (en l’occurrence la Libye) des opérations dans la zone que revient la responsabilité première du débarquement des navires de secours. Un point que l’Aquarius tentera une nouvelle fois d’outrepasser en faisant systématiquement route vers un port européen afin d’y conduire les migrants.
Une situation à laquelle l’Italie de Matteo Salvini a décidé de mettre un terme il y a quelques semaines en fermant ses ports aux navires des ONG venant en aide aux migrants. Le ministre de l’Intérieur italien a d’ailleurs décrit ces ONG comme des « taxis ». Un qualificatif pas totalement usurpé tant ces organisations semblent davantage avoir un rôle de passeur plutôt que de sauveteur.
Enfin, l’Italie souhaite la création de centres d’accueil en Afrique afin que les migrants secourus en mer soient redirigés vers la Libye et les pays alentours au lien de s’aventurer vers l’Europe. Une solution qui pourrait faire son chemin si les frasques de l’Aquarius entraîne une nouvelle crise politique sur le Vieux Continent.
Crédit photos : Wikimedia Commons (CC/Ra Boe)
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