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Une enveloppe de plus de 500 millions d’euros va être attribuée au « renouvellement urbain » de quatre quartiers nantais à problèmes. À quelles fins ?
500 millions d’euros : pour quoi faire ?
La décision a été officialisée mercredi 3 septembre. Voilà donc que 568,9 millions d’euros vont être débloqués pour tenter de donner un nouvel élan à quatre quartiers de Nantes. Et pas n’importe quels quartiers ! Il faut alors revenir trois ans en arrière. À l’époque, l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) avait relevé les zones de l’agglomération nantaise qui présentaient les « dysfonctionnements urbains les plus graves ».
Les quartiers de Bellevue, Bottière-Pin Sec, Nantes Nord et Dervallières ont ainsi été sélectionnés. Sur les 568,9 millions d’euros de dépenses à venir, 533 millions le seront dans les trois quartiers classés « priorité nationale », à savoir Bellevue, Nantes Nord et Bottière-Pin Sec. Des territoires qui ont surtout fait parler d’eux ces dernières années pour les nombreux délits, trafics et tirs d’armes à feu qui y ont lieu régulièrement. Coïncidence ? Ces quatre quartiers sont aussi connu pour abriter une forte population d’origine extra-européenne.
Toujours est-il que ce plan de renouvellement sera terminé d’ici 2024 et certains travaux de réaménagement ont déjà commencé, signe que les pouvoirs publics n’entendent pas perdre de temps. Les esprits persifleurs diront plutôt que l’achat de la paix sociale ne peut plus attendre, surtout après l’épisode estival du Breil-Malville qui a rappelé l’incendie potentiel qui couve dans ces quartiers « sensibles ». Et à la moindre étincelle…
500 millions d’euros : financés par qui ?
Parmi les mécènes de ce qui ressemble fort à une « opération de la dernière chance » dans ces quartiers multiethniques, l’ANRU finance à hauteur de 160 millions d’euros. Signe que la situation nantaise inquiète, il s’agit par ailleurs de la plus grosse enveloppe attribuée à une métropole française.
Quant au reste de la somme, il sera apporté par Nantes Métropole, les Villes de Nantes et Saint-Herblain, les aménageurs et huit bailleurs sociaux tandis que plus de 40 000 habitants vivent dans les zones en question. Au total, le programme doit donner lieu à 800 démolitions, mais aussi à la réhabilitation de 2 700 logements et à la création de 1630 nouveaux.
Selon Johanna Rolland, « Nous avons une ambition forte. Celle de l’inclusion, du renouvellement urbain, de l’éducation, de la transition énergétique…(…) Il y a un impératif de résultats aux yeux des habitants, qui se demandent si la sécurité va s’améliorer, si les commerces vont revenir. »
Bonne nouvelle pour @NantesMetropole ! ➕ de 500 millions € d’investissement des bailleurs, de la collectivité, de St-Herblain et de @AnruOfficiel pour 4 quartiers prioritaires de Nantes. Signature de la déclaration d’engagement ce midi en présence du Président #ANRU pic.twitter.com/LmeFxQgW9u
— Johanna Rolland (@Johanna_Rolland) 3 octobre 2018
Pas de quartiers enclavés !
Toujours selon Johanna Rolland, « Nantes est une métropole dynamique, avec l’un des taux de chômage les plus bas de France (6,8%), mais certains quartiers décrochent alors qu’ils regorgent d’envies et de talents. » Pourtant, ce n’est visiblement pas l’organisation urbaine et un éventuel enclavement de ces quartiers qui brident les « talents » en question.
Pour s’en convaincre, il suffit de se référer au diagnostic du président de l’ANRU. De son point de vue, « à Nantes, l’inclusion des quartiers dans la ville, par le tramway, la culture et l’éducation, est déjà exemplaire ». Une facilité d’accès au centre-ville difficilement contestable mais qui ne semble pas suffisante pour Johanna Rolland : « Il faut aller plus loin », martelle-t-elle, « en apportant des réponses urbaines certes, mais avant tout humaines ».
Au-delà des travaux évoqués précédemment en faveur de l’habitat, des actions pour développer l’emploi, améliorer l’accès aux soins, à l’éducation et à la culture seront entreprises. Le tout afin de « relancer la cohésion sociale et d’assurer la sécurité ».
Une « transformation humaine », laquelle ?
Toutefois, malgré les moyens financiers déployés, certains élus ont quelques difficultés à masquer leur scepticisme. À l’instar de Myriam Naël qui reconnait les limites de ces plans de rénovations à répétition : « À Malakoff, on a réussi la transformation urbaine, mais on entend aussi que l’on n’a pas assez travaillé la transformation humaine ».
Une transformation humaine aux contours et aux visées plus que floues. En attendant, les Nantais fréquentant au quotidien le centre-ville, à défaut de rechercher davantage de cohésion sociale, auraient, eux aussi, besoin que leur sécurité soit mieux assurée. Les faits divers qui se multiplient, notamment aux alentours de l’arrêt Commerce, sont là pour en attester. Comme ils attestent aussi d’une autre transformation humaine, bien visible quant à elle : celle causée par l’immigration extra-européenne.
Crédit photo : DR
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Une réponse à “Nantes. 500 millions d’euros pour acheter la paix sociale dans les quartiers ? [Vidéo]”
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