Manifestations contre le gouvernement : à peine 16 000 manifestants en Bretagne historique

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Les manifestations n’ont pas fait recette, en Bretagne comme ailleurs, d’autant que des échauffourées ont éclaté à Nantes, Rennes et la fac de Rennes II.

En tout, les manifestations ont rassemblé de 3 000 à 4 500 personnes à Nantes, 2 000 personnes à Saint-Nazaire, 200 à Ancenis, 1 500 à 2 000 à Rennes (4 000 pour la section locale de la France Insoumise), 1 000 à Saint-Brieuc, 500 à Carhaix, 2000 à Brest, 430 à Saint-Malo, 600 à Morlaix – où la manifestation a été précédée d’un rassemblement de 50 personnes à 10 heures contre la fermeture du bureau de poste de la Boissière le 3 novembre, 300 à Vannes, 1 000 à Quimper, 350 à Quimperlé, 200 à Pontivy, 700 à Lannion.

A Rennes, la police avait barré la place de la République vers midi, empêchant le cortège syndical de poursuivre la route. Il a tenté de passer en force, s’attirant des coups de matraque et du gaz lacrymogène. Un syndicaliste FO blessé a du être sorti du cortège. Finalement, après un appel au préfet, les syndicats ont pu poursuivre leur route. Au cours de la manifestation, des vitrines ont été taguées et brisées rue d’Isly et boulevard de la Liberté.

Toujours à Rennes, quelques dizaines de militants si courageux qu’ils étaient cagoulés ont tenté un blocus violent de la fac de Rennes II (Villejean). Pris à partie par les étudiants qui voulaient aller en cours, ils ont été délogés par les CRS en fin de matinée tandis qu’étudiants et employés de l’université démontaient leurs barricades. Les CRS qui ont débloqué la fac de Rennes II ont même été applaudis par les étudiants – « des CRS applaudis à Rennes II, c’est vraiment un changement d’époque », commente un étudiant. A Tolbiac (Paris) une dizaine de militants d’extrême-gauche ont essayé aussi de bloquer la fac, blessé une étudiante et ont été délogés vers midi par la police.

A Nantes, vers midi, la gendarmerie a confisqué la banderole du cortège de tête. Trois personnes ont été interpellées en marge de la manifestation – dont une assise à la terrasse d’un café et une seconde qui tentait de s’opposer à son interpellation – et des tags ont été faits en nombre, comme d’habitude. Des manifestants masqués se sont aussi attaqués au chantier près de la gare. Un seul lycée a été bloqué, le lycée Jean Perrin à Rezé, le débrayage dans les amphis de la fac de lettres, prévu, a été abandonné. Une grève a eu lieu à la TAN, dont les lignes affrétées circulaient normalement et les autres en horaire jour vert.

L’extrême-gauche à Nantes a dénoncé le dispositif policier imposant : « La manifestation se fait sous la pression constante d’un énorme dispositif policier paralysant le centre-ville. […] Des rangées de Gendarmes Mobiles collent littéralement tout l’avant de la manifestation. Malgré tout, quelques tags fleurissent sur le parcours. Des véhicules de l’entreprise d’énergie Enedis voient leurs vitres brisées, avec un tag faisant référence à la lutte anti-nucléaire à Bure. Des slogans pour Aboubakar, tué par un CRS à Nantes en juillet dernier résonnent. […]

Arrivé devant la cathédrale, la provocation policière entre en jeu. Alors qu’une banque prend quelques couleurs, la gendarmerie inonde la rue de lacrymogènes et charge brutalement pour voler les banderoles de tête ».

Il n’en reste pas moins que la mayonnaise de la « rentrée sociale » ne prend pas, malgré un gouvernement d’évidence à bout de souffle, le marasme économique et de nombreuses mesures impopulaires (taxes sur les carburants, baisse attendue des APL, gel des allocations sociales…). Les divers cortèges de la « rentrée sociale » en Bretagne n’ont attiré à peine que 16.000 manifestants dont 6200 en Loire-Atlantique.

Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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