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Si le bilan carbone du transport maritime a été souvent pointé du doigt ces temps-ci, l’industrie de la croisière s’est engagée à réduire le taux d’émissions dans l’ensemble de sa flotte de 40 % d’ici 2030. Seulement dans un but environnemental ?
Sans carbone à la fin du siècle
La Cruise Lines International Association (CLIA) [NDLR : Association internationale des compagnies de croisières] a fait part de ses ambitions en matière de réduction d’émissions de carbone le 19 décembre. Selon le président de la CLIA Arnold Donald, par ailleurs président du groupe croisiériste Carnival Corporation, cette annonce constitue « un hommage à la collaboration intersectorielle et à un engagement commun envers la durabilité environnementale ». Et de chiffrer ainsi ces réductions à venir :
« Nous aspirons à la vision de l’Organisation maritime internationale d’une industrie maritime sans carbone d’ici la fin du siècle. Notre engagement à réduire de 40 % le taux d’émissions d’ici 2030 est un premier pas important vers la réalisation de cette vision. »
Comment cette diminution de 40 % du volume de carbone émis par les machines des navires de croisières va-t-elle se traduire dans les faits ? Les progrès vers cet objectif seront mesurés par rapport au niveau de référence de la flotte de 2008, et les taux d’émissions seront calculés en fonction des émissions totales de carbone, du nombre total de postes à quai et de la distance totale parcourue par les navires des croisiéristes. La CLIA a déclaré qu’elle ferait un rapport annuel sur les progrès du secteur quant à la réalisation de cet engagement.
Comment rendre la croisière propre ?
Afin de donner à ce projet une dimension réaliste, les compagnies de croisières membres de l’association prévoient de réaliser ces réductions en recourant à des technologies innovantes en matière d’efficacité énergétique dans la conception et la propulsion des navires. Le GNL joue également un rôle considérable en tant que combustible marin avec le lancement, il y a quelques jours, du premier navire de croisière propulsé au GNL. À l’horizon 2025, ce sont quelques 25 navires de ce type qui pourraient naviguer sur les mers du globe.
Ces intentions de réduction des émissions prennent une dimension particulière dans l’Hexagone. En effet, depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, notamment apparu en réaction à une nouvelle fiscalité écologique, le secteur du transport martime a été critiqué pour son empreinte carbone importante. Au mois de septembre dernier, l’armateur français CMA CGM a inauguré le Antoine de Saint-Exupéry, plus gros porte-conteneurs au monde.
Antoine de Saint-Exupéry, CMA CGM
Toutefois, si l’impact des émissions d’un porte-conteneurs doit être mis en perspective avec le volume de marchandises transporté (et donc avec son rôle d’utilité dans le commerce international), cette justification est plus compliquée pour ces paquebots de croisières dont la navigation a une vocation purement touristique. Une fois ce rappel émis, les croisiéristes ont donc tout intérêt à communiquer sur une réduction drastique de leurs émissions. Plus que l’environnement, c’est leur stratégie marketing à moyen-terme qui est en jeu. Peu importe les motivations des uns et des autres, l’essentiel est bien d’atteindre cet objectif.
Crédit photo : Pixabay (CC0/lovelights)
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