Parmi les revendications qui sont avancées par les Gilets Jaunes, mais au-delà même d’eux, figure la reconnaissance du vote blanc. Cette mesure aboutirait à afficher le score de chaque candidat et le score des votes blancs, voire le score des votes blancs et nuls ensemble. Certains pays ont adopté cette solution. La conséquence est que, même quand il n’y a que deux candidats au second tour d’une élection, comme à la présidentielle, il n’y aurait plus forcément un candidat qui ferait plus de 50 % des voix. Sa légitimité serait, non pas supprimée, mais affaiblie, tout simplement en proportion de la réalité.

Faut-il aller plus loin ? Et comment ? Aller plus loin, c’est considérer que les votes blancs représentent un intérêt pour la chose politique qui n’a pu s’exprimer dans le cadre du système. C’est un phénomène de plus en plus net. Choisir, en 2007, entre un Nicolas Sarkozy et une Ségolène Royal illuminée et christique n’était pas du goût de tout le monde. Choisir, en 2012, entre le même Sarkozy et un François Hollande pouvait apparaitre comme un choix entre un social-libéral et un faux droitier. Bref, on pouvait à bon droit ne se reconnaitre ni dans l’un ni dans l’autre ? Enfin, en 2017, Marine Le Pen n’était à l’évidence pas prête, tandis que Macron n’était que trop prêt à être le candidat des très riches, de la grande presse, et de l’argent-roi.

Comment bien reconnaitre le vote blanc ? Comment le reconnaitre pleinement ? Par une mesure simple. Les votes blancs aux élections législatives correspondraient à un nombre de députés proportionnel à leur expression. Et comment seraient désignés ces députés ? Par le tirage au sort. Peut-être cela donnerait-il aux Français l’envie de faire passer le taux de votes blancs à plus de 50 %. Et alors ? Si c’est la volonté du peuple, cela doit être la loi de la nation.

Pierre Le Vigan

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