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Mardi 26 février 2019, la Cour de justice de l’Union européenne a donné raison à l’Oeuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir, l’OABA, sur l’incompatibilité de l’abattage rituel et du label bio. Une décision qui pourrait bien chambouler tout le secteur.

Une évidence qui n’avait d’évident que sa non application comme en ont témoigné des nombreuses vidéos de l’association L214. En effet, certaines étaient tournées dans des abattoirs dotés d’un agrément bio, alors même que les animaux étaient abattus par un égorgement large et en pleine conscience, pratique conforme au rite halal.

Assurer un niveau de bien être animal dans le cadre de la production

Pourtant, le règlement du label bio stipule noir sur blanc qu’il faut “ Assurer un niveau de bien être animal dans le cadre de la production” ! Un engagement de l’agriculture biologique à l’égard du bétail qui exclut de fait l’élevage industriel dans des hangars concentrationnaires mais qui vise de manière générale à réduire les souffrances des animaux… Et dans ce cadre, l’abattage rituel qui exige la pleine conscience des bêtes saute aux yeux par son incompatibilité. C’est en tout cas ce qui ressort de la décision de la Cour de Justice de l’Union Européenne, sollicitée par la Cour d’appel administrative de Versailles, à qui reviendra la charge de rendre le jugement final, lequel devrait être une confirmation de la décision européenne.

En réalité, les abattages rituels, qu’ils soient halal ou casher, bénéficient d’une dérogation au niveau européen en référence à la liberté religieuse. Pour autant, chacune des parties reconnaît que la pratique ne permet pas de réduire au minimum la souffrance animale. Dans le même temps, la Cour a rappelé que les études scientifiques démontraient que la technique portant le moins atteinte au bien-être animal exigeait un étourdissement préalable avant la mise à mort.

Un véritable tournant pour la production de viande biologique

En résumé, si le label bio a des exigences pour minimiser la souffrance animale, il n’est plus possible de l’apposer sur la viande issue des abattages rituels, sauf à considérer que les abattages rituels doivent accepter l’étourdissement. Et si l’on considère que l’étourdissement est justement la condition nécessaire à l’obtention du label biologique, quid de tous les animaux mal étourdis dans les abattoirs classiques ? Car dans les faits, tout animal issu de l’agriculture biologique abattu sans étourdissement ou avec un étourdissement mal réalisé devrait être déclassé. Un processus rarement respecté.

Cette décision est donc un véritable tournant pour la production de viande biologique.

Car en réalité, si les critères imposés aux agriculteurs bio sont légion, le processus après l’élevage est hors de contrôle. Qu’il s’agisse du transport ou de l’abattage, les règles en vigueur dans le secteur agroalimentaire ne dissocient pas les animaux issus du secteur bio du secteur conventionnel… Seul le passage en premier sur les chaînes d’abattage pour les animaux en bio est conseillé…

La décision de la Cour de Justice de l’UE sur les abattages rituels pourrait bien servir d’électrochoc pour tout le secteur bio… nettement à la traîne sur la fin de la chaîne.

Via TV Libertés

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