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La municipalité nantaise proclame sans cesse son amour de la culture. « Nantes, repérée à l’international comme une destination culturelle, mise sur la culture pour transformer son territoire », assène-t-elle sur son site web. La mise est coûteuse, le pari pas toujours gagnant. Dans les quartiers « difficiles », en particulier, malgré leur caractère souvent international, la culture semble médiocrement « repérée ».
C’est le cas par exemple aux Dervallières et à Malakoff. En juillet 2018, après la mort d’un jeune, dans un autre quartier, lors d’un contrôle de police, deux bibliothèques associatives soutenues par la ville ont été visées par des émeutiers. Une tentative d’incendie a visé la bibliothèque Émilienne Leroux. Le feu a ravagé les installations de la Maison des Haubans.
En dehors de ces événements exceptionnels, la vie quotidienne des bibliothécaires n’est pas toujours rose. L’établissement le plus affecté est la médiathèque Lisa Bresner, à Bellevue. Un « quartier Politique de la ville », note la ville de Nantes. Ouverte en octobre 2013 dans 1.500 m² de locaux neufs, parfaitement desservie par les transports en commun, la médiathèque propose des dizaines de milliers de livres et des postes internet en libre accès. Dès son ouverture, elle a été affectée de nombreux comportements délictueux, pudiquement qualifiés d’« incivilités ». En particulier des vols de matériels informatiques.
Une montée des « incivilités » depuis décembre 2018
La municipalité nantaise avait alors annoncé son intention prendre des mesures appropriées, sous la direction de l’adjoint à la lecture publique, le communiste Aymeric Seasseau. « Des actions sont mises en œuvre, mais celles-ci semblent insuffisantes au regard de la situation », avoue-t-elle aujourd’hui. Incapable de maîtriser une situation qui s’aggrave, elle a finalement décidé… d’appeler le secteur privé à la rescousse !
Son avis de marché ne craint pas la « stigmatisation ». Il désigne franchement les auteurs des troubles : la médiathèque, écrit-elle « connaît depuis décembre 2018 une montée des incivilités, débordements et une recrudescence de comportements agressifs de la part du public jeune issu du quartier. » La ville cherche donc un prestataire pour « mettre en œuvre les actions et médiations adaptées ». Un travail qui ne sera pas toujours de tout repos : « le dispositif, de par sa présence de proximité, est amené à être témoin de faits d’incivilités ou d’atteintes légères », face auxquels il doit adopter « une posture éducative responsabilisante […] s’appuyant sur une pédagogie autour du règlement et de la Loi ». En cas d’atteintes plus lourdes, transmettre à l’échelon supérieur. Qui n’aura plus qu’à « saisir les services d’alerte ou de soutien afin de favoriser la prise en compte de situations dégradées ».

E.F.
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