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Un vent de nord-est de 8 à 11 nœuds et un soleil fidèle : les 115 skippers de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe s’élanceront ce dimanche 1er novembre à 13 h 02 au large de Saint-Malo dans des conditions de carte postale. Il faut remonter à l’édition 2010 pour trouver un départ au portant. Pas de dépression à négocier dès la sortie de la Manche, pour une fois. Ce répit sera de courte durée : au-delà des Açores, l’Atlantique a rarement été aussi imprévisible en novembre.
Un départ au soleil
Le soulagement est général sur les pontons. Fabrice Amedeo (FDJ United-Ocean Calling) le résume : « On ne part pas avec la boule au ventre. » La ligne de départ, orientée nord-sud, sera franchie bâbord amures, avec le vent venant de la droite. Tous les concurrents ne pourront pourtant pas filer droit vers la marque du cap Fréhel, à 16 milles de là.
Les Ultims, qui ne devraient pas voler dans ce petit temps, devront enchaîner 2 empannages pour passer le cap. Sébastien Josse, directeur technique du team Banque Populaire, prévient que la manœuvre se fera avec les plus grandes voiles du bord. Il prévoit une grosse demi-heure de course très technique, avec des bateaux qui pourront atteindre 30 nœuds dans les rafales, au contact des concurrents et dans un espace très serré.
C’est précisément ce que redoute la direction de course. Elle a attendu samedi pour fixer les zones de course et les couloirs des bateaux à passagers, une fois la météo affinée. Son expert météo, Yann Château, pointe les croisements à surveiller. Les Ocean Fifty et les anciens trimarans ORMA de la classe Vintage Multi empanneront plusieurs fois, alors que les IMOCA, partis du sud de la ligne, pourraient rallier Fréhel en un seul bord. Les monocoques sous spinnaker, Class40, Vintage Mono et certains IMOCA à dérives, seront en outre moins manœuvrants.
Une météo à l’envers
Au large, la situation déroute les spécialistes. Un solide anticyclone est centré sur le nord de l’Irlande, un autre sur Washington. Le front froid d’une dépression installée sur le Groenland désorganise l’alizé jusqu’au tropique du Cancer. Jean-Yves Bernot, qui route le trimaran SVR-Lazartigue avec Franck Cammas, n’a pas perdu sa verve. Il s’amuse des instituteurs qui comptaient sur la Route du Rhum pour enseigner la climatologie, avant de trancher : « En un mot, c’est quand même une situation bordélique ! »
Le début de course s’annonce pourtant très rapide, toutes classes confondues, vers l’ouest-nord-ouest, dans un flux d’est. Les Ultims empanneront dès la 1re nuit au sud du Fastnet, quand la queue de flotte sera encore en Manche. Selon Cyrille Duchesne, de Météo Consult, le vent forcira lundi jusqu’à 20 nœuds, avec des rafales à 25 ou 30 nœuds. Dès mardi soir, les Ultims devraient déborder les Açores, et des records de vitesse pourraient tomber chez eux comme chez les IMOCA, les Ocean Fifty et les Class40.
Il faudra s’habiller chaudement. Pas question de glisser dans la douceur des alizés : les skippers enchaîneront les quarts de veille et de barre dans un froid sec. Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei) prévient : « Il y a le petit cadeau du temps au départ mais après pas de cadeau ! » Mal gérer sa trajectoire, c’est se retrouver dans beaucoup de vent et de mer.
Cap au nord, comme une transat anglaise
Tout se complique à partir de mercredi. Une dépression se forme aux Açores et touchera la 2e partie de la flotte. Les plus rapides auront franchi le thalweg, ce couloir entre les 2 anticyclones qui fera office de 1er juge de paix. Derrière eux, aucune porte ne s’ouvrira franchement vers le sud. Dans toutes les classes, les bateaux devront rester sur une route nord, et une bonne partie de la flotte pointera ses étraves vers les États-Unis, comme sur une transat anglaise.
Yann Eliès, qui route l’IMOCA Upwind by Mer Concept et préparait le briefing météo des Class40 du Pôle Finistère Course au large, est catégorique. Même les trajectoires les plus au sud passent au nord de la route directe, et aucune n’est gagnante à ce jour. Les alizés se trouvent au large du Cap-Vert, et pour les toucher, dit-il, « tu y vas à la rame ! »
L’arrivée reste très incertaine. Les routages, encore très optimistes il y a 2 jours, ne donnent plus les 1ers à Pointe-à-Pitre avant dimanche prochain. Selon Yann Château, seuls 15 % des scénarios des modèles météo prévoient une arrivée des 1ers en 7 jours. Il faudra faire des choix forts pour plonger vers l’arc antillais.
Les skippers prêts à composer
Chez les Ultims, Tom Laperche (SVR-Lazartigue) reconnaît que personne ne voit encore le schéma jusqu’à l’arrivée. Ça ira vite jusqu’au nord-ouest des Açores, mais la suite « ne sera pas un bord tout droit ». Il faudra jongler entre coups de vent brefs et zones sans vent, et rester opportuniste jusqu’au bout. Guirec Soudée (Liam) prendra le 1er départ en course de sa vie sur un Ultim, après un tour du monde à bord. Il se dit concentré plus que stressé, compte sur un bateau qu’il connaît par cœur et promet de se « tirer la bourre » avec Alexia Barrier, dont l’Ultim a un potentiel proche du sien.
Côté IMOCA, Arnaud Boissières (April Marine) redoutait surtout la phase entre Saint-Malo, le cap Fréhel et Ouessant. Pour la suite, il résume : « C’est route nord, c’est bonnet et ciré. » Il assure avoir un coup à jouer. Francesca Clapcich (11th Hour Racing) s’attend à une régate d’un genre nouveau, où il faudra traverser les systèmes dépressionnaires plutôt que les surfer, mais elle prévoit une course assez rapide.
Laurent Bourguès (La French Fab, Ocean Fifty) a pu améliorer son pilote automatique. Il se méfie de la mer d’Irlande, où il y a moyen de « faire des bêtises », mais il a confiance dans son bateau, son « 4 x 4 », qui devrait mieux s’exprimer une fois le vent installé. En Class40, Ian Lipinski (Crédit Mutuel) se dit armé par les longs bords de portant de son tour du monde. Il préfère largement ce scénario tactique à la monotonie des alizés.
Comment suivre le départ
France.tv diffusera le départ en direct dès 12 h 50, commenté par Adélaïde Castier, Yoann Richomme et Marie Tabarly. La retransmission sera aussi visible sur le site officiel de la course, sur YouTube et sur les réseaux sociaux de l’épreuve. Radio France propose un dispositif spécial sur franceinfo, France Inter et ICI Armorique. Le village de Saint-Malo reste ouvert au public pour cette dernière journée, avec des écrans géants.
À 18 h, une émission spéciale, « On refait le départ ! », reviendra sur les 1res heures de course avec le directeur de course Francis Le Goff. La cartographie officielle, mise à jour toutes les heures, permettra ensuite de suivre les skippers jusqu’en Guadeloupe.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Route du Rhum : un départ au soleil et au portant, puis une traversée pleine de pièges”
D’où sort l’argent qui ruisselle pour ces bâteaux ? les clients de la Banque Populaire sont heureux…