Le 26 mars dernier, le navire océanographique l’Atalante a appareillé avec à son bord une vingtaine de scientifiques pour une campagne d’envergure à travers le Pacifique Ouest. Soixante-dix jours durant lesquels les chercheurs étudieront cinq zones hydrothermales profondes de la région à l’aide du sous-marin téléguidé (ROV) Victor 6000. Leurs objectifs : établir un état de référence de l’écosystème de ces milieux et évaluer la résilience de ces sites ciblés pour l’exploitation de leurs ressources minières. éléments. 

Le 26 mai dernier, l’Atalante a quitté Nouméa. A son bord, une vingtaine de scientifiques et personnels du CNRS, de Sorbonne Université, de l’Université de Bretagne Occidentale, de l’Ifremer et de l’Université de Lille. Tous participent au premier leg de l’expédition CHUBACARC qui successivement rejoindra les bassins Nord-Fidjien, de Lau et Wallis et Futuna, trois zones isolées qui aujourd’hui abritent une faune hydrothermale similaire. A la tête de ce premier leg de 39 jours se trouve Stéphane Hourdez, chercheur à l’Observatoire Océanologique de Banyuls (CNRS / Sorbonne Université). Fort d’une expérience de 35 missions en mer, c’est la première fois qu’il se voit attribuer le rôle de chef de mission principal. Il est accompagné de Didier Jollivet, chef de projet et co-responsable de l’équipe Dynamique de la Diversité Marine à la Station Biologique de Roscoff (CNRS / Sorbonne Université), qui prendra sa place lors du second leg de l’expédition, à partir du 6 mai. Ils sont tous deux chargés de mener la campagne et de coordonner le travail scientifique afin de s’assurer que tous les chercheurs puissent faire le travail prévu.

Durant l’expédition, les scientifiques devront réaliser un inventaire exhaustif de la faune et des caractéristiques physico-chimiques des fluides hydrothermaux et des roches à partir d’échantillons prélevés à des profondeurs comprises entre 1 100 et 3 500 mètres. L’exploration de ces fonds abyssaux est dévolue au robot téléguidé ROV Victor 6000, capable de plonger à 6 000 m. Avec ces données, les scientifiques visent à inventorier les espèces dans les différents bassins. Ils vont également identifier les similarités et les différences génétiques au sein d’une même espèce présente dans les cinq sites hydrothermaux, afin de reconstruire l’histoire de la colonisation des différents sites et déterminer la capacité d’échanges d’individus entre les sites.

Pour autant, l’expédition ne sera pas sans difficulté car les sources hydrothermales ont une durée de vie limitée et certains sites n’ont pas été visités depuis plus de dix ans. Certaines pourraient s’être éteintes.  Il faudra de plus compter avec la météo ; le ROV ne pouvant être mis à l’eau par des vents excédant les 45 km/h.

Les connaissances acquises devraient permettre de mieux comprendre les facteurs contrôlant la biodiversité hydrothermale et d’apprécier la capacité de résilience en cas d’exploitation des sites. C’est un savoir qui sera essentiel pour définir un cadre réglementaire et assurer la préservation de cette faune hydrothermale unique dans le cadre de l’exploitation de ces sites qui débutera dès 2020 sur un site du bassin de Manus.

Carnet de bord  de la mission  Chubacarc sur Facebook  https://www.facebook.com/chubacarc

La position de l’Atalante en direct http://www.ifremer.fr/posnav/PosnavWeb/WFNavire.aspx?navire=atalante

Crédit photos : DR
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