À Paimpont, Mélenchon (LFI) dévoile son vrai visage : jacobin, centralisateur, hostile à la liberté de la Bretagne et des Bretons

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Le 14 juillet, jour de fête nationale française, Jean-Luc Mélenchon a choisi Paimpont, petite commune d’Ille-et-Vilaine nichée dans la forêt de Brocéliande, pour donner le coup d’envoi symbolique de sa campagne présidentielle en Bretagne. Sur le fond, le candidat de La France insoumise n’a rien dit qu’on ne le connaisse déjà. Mais la forme, elle, mérite qu’on s’y arrête : en s’adressant aux Bretons comme aux « enfants » du Club des Jacobins, Jean-Luc Mélenchon a livré, sans doute sans le vouloir, l’aveu le plus limpide de son logiciel politique.

Un hommage appuyé au centralisme le plus dur

Devant deux mille sympathisants venus l’écouter à l’invitation de la députée insoumise Mathilde Hignet, le candidat a rappelé que les députés bretons du Tiers État réunis en 1789 avaient formé le Club breton, ancêtre direct du Club des Jacobins. Une filiation qu’il a présentée comme une fierté, un « cri révolutionnaire » ayant aboli, en une nuit, un « univers de hiérarchies ».

Sauf que cette généalogie, célébrée sans le moindre recul critique par le leader insoumis, est précisément celle que dénoncent depuis toujours les mouvements bretons attachés à leur autonomie. Le Club breton, formé à Versailles autour d’une quarantaine de députés bourgeois, s’est rapidement ouvert à des figures très étrangères à la Bretagne — Sieyès, les frères de Lameth, le duc d’Aiguillon — avant de devenir, une fois transféré au couvent des Jacobins à Paris, l’un des instruments du premier gouvernement de la Terreur. Présenter cette trajectoire comme un cadeau fait à la Bretagne relève, au choix, d’une méconnaissance ou d’un tour de passe-passe rhétorique.

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Le silence qui en dit long

Ce qui frappe surtout, c’est ce que Jean-Luc Mélenchon n’a pas dit. Attendu sur l’agriculture bretonne, la gestion de l’eau ou le modèle agro-industriel — des sujets que sa propre députée locale avait pourtant préparés —, le candidat a livré un discours de politique strictement nationale, évoquant l’énergie hydrolienne sans même mentionner l’usine marémotrice de la Rance, pourtant unique en France et située à moins de cent kilomètres de la salle où il parlait.

Quant à la question de l’autonomie, portée aujourd’hui par une majorité d’élus de la région, elle n’a eu droit qu’à quelques flèches méprisantes envers ceux qui, selon lui, dénoncent à tort le « jacobinisme français ». Une manière de balayer, en une phrase, des décennies de revendications bretonnes sur la reconnaissance de leur langue, de leur culture et de leur droit à disposer d’elles-mêmes.

Mélenchon a par ailleurs profité de son passage en terres bretonnes pour glisser, presque incidemment, son opposition à un éventuel rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne — serpent de mer politique porté depuis des décennies par une large majorité de Bretons. Le candidat, qui n’a manifestement aucune envie de se mêler de ce dossier, préfère promouvoir son propre projet de refonte administrative du pays : treize « écorégions » dessinées à partir des bassins versants, où l’eau deviendrait le principe organisateur du territoire français. Un découpage entièrement pensé depuis Paris, qui ferait purement et simplement disparaître le principe même d’une région bretonne historique et culturelle, dissoute dans une logique hydrographique décrétée d’en haut.

Une posture de séduction, jusqu’aux Écologistes

Ce recentrage sur un discours strictement national n’est sans doute pas fortuit. Sur LCI, l’éditorialiste politique Éric Decouty a relevé, au lendemain du meeting, que Jean-Luc Mélenchon n’avait cherché aucun coup d’éclat à Paimpont, contrairement à ses habitudes. Crédité de 12 à 15 % d’intentions de vote — un niveau proche de celui d’Édouard Philippe —, le candidat insoumis n’aurait, selon cette analyse, plus besoin d’en rajouter dans la provocation pour exister médiatiquement : il viserait déjà la deuxième place, et le duel avec Marine Le Pen dont il rêve depuis longtemps.

Symptomatique de cette nouvelle ligne : l’absence totale de pique envers le Parti socialiste dans son discours, quand les appels du pied envers les Écologistes, eux, se sont multipliés. Le projet d’« écorégions », confié à deux députés insoumis et présenté comme la priorité absolue du candidat, s’inscrit précisément dans cette stratégie de séduction verte, taillée pour convaincre un futur allié plus que pour répondre aux préoccupations concrètes des Bretons.

Cette manœuvre électorale éclaire d’un jour nouveau le silence du candidat sur l’agriculture ou l’autonomie bretonne : son passage en Bretagne n’était pas pensé pour la Bretagne, mais pour Paris — et pour 2027.

Le vrai visage d’un candidat national

Derrière les envolées sur le capitalisme responsable des incendies et la petite musique référendaire empruntée à 1789, c’est bien une vision profondément centralisatrice qui transparaît. Un candidat qui célèbre sans complexe l’héritage jacobin, glisse son veto sur les aspirations territoriales bretonnes et voit dans les élus qui réclament plus d’autonomie de simples adversaires idéologiques à corriger. Loin des habits de défenseur des « périphéries » qu’il aime parfois endosser, Jean-Luc Mélenchon a, à Paimpont, surtout démontré qu’à ses yeux, la Bretagne n’existe que comme sous-ensemble d’un projet national uniformisateur — celui-là même que ses lointains modèles de 1789 avaient imposé par la force à la Bretagne, en abolissant en une nuit l’union conditionnelle qui liait jusque-là les deux nations.

Photo d’illustration : Breizh-info.com (DR)

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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