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La colère des Gilets jaunes a rappelé que les questions de pouvoir d’achat énergétique comptent parmi les sujets au cœur des préoccupations françaises. La question des prix de l’énergie n’a pourtant pas été traitée à sa juste mesure durant le grand débat national lancé par le gouvernement, et les questions du poids des factures de gaz et d’électricité sur le budget des ménages restent sans réponse, bien que les députés aient le pouvoir de changer la loi, et de mettre au pas les autorités qui décident du prix de l’énergie en France.
Eni et Odoxa ont interrogé les Bretons sur leurs perceptions, leurs attitudes et les solutions souhaitées face aux variations des prix de l’énergie. Il en ressort que les Bretons sont de plus en plus impactés par le froid
Variations des prix : 68 % des Bretons dans l’inconnu
C’est un constat clair, les Français payent mais ne savent pas ! Et en Bretagne, on n’échappe pas à cet état de fait concernant la (non-) connaissance de « ce et ceux » qui édictent les variations du poids de la future facture de gaz ou d’électricité.
En effet, 68 % des Bretons concèdent mal ou très mal connaître les facteurs d’augmentation ou de baisse… Même pourcentage que la moyenne nationale !
Mais s’ils doivent faire des hypothèses, pour eux comme pour le reste des régions les hausses sont dues à l’augmentation des taxes (63 % vs 60 % au niveau national). Et tandis que leurs voisins des Pays de la Loire attribuent les baisses tarifaires à des facteurs géopolitiques, pour les Bretons elles sont décidées par la baisse des coûts de production de l’électricité ou du gaz (41 % vs 40 % au niveau national).
Des factures de plus en plus salées pour des budgets de plus en plus réduits
Une hausse des prix de l’énergie implique des économies à faire sur d’autres dépenses. Représentatifs de la moyenne nationale, ce sont plus de quatre Bretons sur dix qui sont concernés (43 %).
Au palmarès des sacrifices, « cinéma, sorties et loisirs » sont en tête des économies effectuées (71 % vs 76 % national), suivent ensuite l’habillement (57 % vs 58 % au niveau national), les achats pour la maison (55 % vs 53 %), les voyages (49 % vs 52 %). Enfin 34 % des Bretons admettent faire des sacrifices sur l’alimentation. Un phénomène de moins en moins marginal puisque 31 % des Français, toutes régions confondues, se déclarent contraints à cette solution.
Augmentation des prix de l’énergie… et baisse des températures
73 % des Bretons déclarent réduire leur consommation en chauffage et eau chaude, 6 points de plus que la moyenne nationale. Les Bretons occupent ainsi la première place de ce podium avec la Normandie devant l’Occitanie (72 %).
56 % des Bretons affirment être tentés par un changement de fournisseur (loin devant la moyenne nationale à 49 %).
Enfin, avec 5 points au-dessus de la moyenne nationale (41 %), 46 % des habitants de la région puisent dans leur épargne pour pallier l’augmentation de leur facture d’énergie, quand 6 % affirment avoir déjà contracté un crédit à la consommation pour la régler.
Quelles revendications en Bretagne sur l’énergie ?
Quand il s’agit de faire diminuer le montant des factures d’énergie, 65 % des Bretons (vs 58 % des Français) pensent qu’ils pourraient faire plus d’efforts, même s’il est important de noter que 53 % d’entre eux affirment déjà en faire beaucoup (vs 45 % des Français).
Enfin, l’enquête a également testé trois hypothèses qui permettraient de mieux gérer, voire de faire baisser les consommations en énergie domestique, toutes trois approuvées par une nette majorité des Français. Mais qu’en est-il en Bretagne ?
- La facturation mensuelle basée sur la consommation réelle est la proposition qui séduit le plus les Bretons. Ils y sont d’ailleurs les plus favorables de France (81 % vs 78 % national.)
- Le contrat à prix fixe pendant plusieurs années représente également une solution que 79 % des habitants de la région souhaiteraient voir se développer, plébiscitant également cette mesure au-delà de la moyenne nationale (73 %).
- Dans une moindre mesure, 58 % des Bretons sont aussi favorables au calcul des taxes sur l’énergie en fonction du revenu du ménage.
Un bémol – de taille – sur cette enquête, menée par un fournisseur d’énergie qui souhaite également se faire de la publicité : les sondés ne sont pas interrogés sur leur souhait de voir les taxes baissées – alors que c’était une revendication principale des Gilets jaunes. Ils ne sont pas interrogés non plus sur ce qu’ils pensent de ces taxes, qui bénéficient, pour une partie d’entre elles, à une petite minorité de privilégiés.
Enquête nationale Eni-Odoxa « Les Français face au prix de l’énergie domestique ». L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 3 003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées en ligne du 15 au 25 mars 2019.
Crédit photo : DR
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