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Depuis la mise en place – fort poussive et toujours inachevée – des nouveaux arrêts de bus, nombre de nos lecteurs de l’agglomération nantaise se plaignent de ne pouvoir trouver facilement les horaires des bus. Pis, pour s’y retrouver, il faut être nantais et habitué : le système d’information voyageurs (SIV) ne fonctionnant généralement pas, il faut identifier la ligne et le type de jour (bleu, vert, jaune, violet, blanc) pour tenter de s’y retrouver. Et ce n’est pas près de finir.
En effet, selon un cadre de la TAN, rencontré dans un bus C1 de bon matin, « le système d’information voyageurs fonctionne en effet mal, et nous sommes en train de changer de logiciel ; il y aura des difficultés jusqu’en 2021 ». Pourtant, la ville subventionne le service, à hauteur de 91.6 millions d’€ par an ? « Oui, mais les véhicules seulement. Pour le SIV ce sont les abonnés qui paient ».
Le ticket de bus plus cher à Nantes qu’à Paris
Et les passagers. De plus en plus cher puisque le prix du carnet a augmenté de moitié en dix ans, de 2008 à 2018, et le ticket unitaire de 31%. Aujourd’hui à Nantes, la TAN réussit la prouesse de rendre le carnet de dix tickets plus cher qu’à Paris : 15.30 contre 14.90 € ! Et ce alors que les salaires moyens sont plus bas, et qu’à Paris pour ce prix on a en outre le métro et le RER. Conclusion sans appel d’un usager nantais : « on paie de plus en plus cher un service de plus en plus merdique ».
Conclusion de l’ exploitant de la TAN, propriété à 65% de Nantes Métropole, 10% de la Caisse d’épargne des Pays de Loire, 10% de la CCI et 14.99% de Transdev : ce réseau est l’un des dix plus rentables de France, au détriment du service rendu aux voyageurs, mais aussi de la sécurité – tant des voyageurs que des agents.
Beaucoup de vandalismes sur les arrêts de bus
Cependant, les déboires multiples des SIV dans les nouveaux abribus ne doivent pas seulement au désir de rentabilité. « Il y a beaucoup de vandalismes sur les arrêts de bus – certains week-ends on en arrive à 20 voire 30 arrêts de bus cassés », explique encore le cadre de la Semitan. « Mais on remplace rapidement les vitres pour la clientèle ». Ou plutôt, ajoute un conducteur, « pour que les nantais ne se rendent pas compte que du côté de l’insécurité, il y a comme un léger problème ».
Cependant un rapide tour des banlieues nantaises en ce week-end de carnaval de nuit montre que nombre d’arrêts ont été « festivement » démontés : trois à la suite route de Vannes en allant vers Nantes (ligne 69), deux encore de l’autre côté. Cela en fait déjà cinq. D’autres sont régulièrement démontés en ville. « Et parfois, vu que certains arrêts sont cassés tous les week-ends, on ne rebranche plus le SIV, ça ne sert à rien », confirme un ouvrier.
Et quand le SIV fonctionne, il est tellement succinct qu’il faut encore être nantais pour s’y retrouver : il ne donne que le numéro de la ligne et le temps d’attente. Tant pis pour les usagers – et contribuables, ainsi que les touristes. On en arrive donc à une situation ubuesque : les anciens poteaux disparates, parfois violets, parfois métallisés, parfois installés à cinq ou dix mètres de l’actuelle aubette – à l’emplacement des anciennes – sont les seuls qui donnent une information aux voyageurs un tant soit peu sûre et pratique.
Louis Moulin
Crédit photo : DR
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