Disons que pour 290 morts (maintenant 359), on pouvait s’attendre à plus que 30 secondes de discours et que 220 caractères (tardifs) d’un tweet. Beaucoup d’observateurs croyants et laïques n’ont pas tout à fait apprécié la réaction du pape François suite au massacre des chrétiens au Sri Lanka le jour de la fête de Pâques. De la part du souverain pontife, il y avait eu une intervention durant l’homélie urbi et orbi du dimanche de Pâques durant laquelle il avait annoncé avoir « appris avec tristesse et douleur la nouvelle des graves attentats qui juste en ce jour ont apporté le deuil et la douleur dans quelques églises », puis il avait manifesté « son soutien affectueux à la communauté chrétienne massacrée pendant qu’elle était en prière ».

« Un sujet à expédier en 30 à 40 secondes »

Un passage donc très rapide à l’intérieur d’un long discours dans lequel, entre autres, il avait fait référence aux situations critiques dans le monde de la Libye à la Syrie, du Soudan au Vénézuéla et rappelé les 70 ans de la première apparition du bienheureux Pie XII à la télévision. Presque une simple incise, qui ne semblait pas rendre toute l’importance de cette tragédie énorme, comme l’avaient noté des commentateurs laïques tels que Daniele Capezzone [homme politique et journaliste italien de droite : Forza Italia et Il popolo della libertà, tous deux de Berlusconi – NDT] et pour qui « le massacre des chrétiens a été traité par le pape comme un sujet à expédier en 30 à 40 secondes ».

Plus de temps à réagir que pour des sujets comme l’immigration

Cette intervention laconique du pape s’était accompagnée de son silence sur les réseaux sociaux pendant tout la journée du dimanche alors que pour l’attentat de Christchurch en Nouvelle Zélande, sa réaction ne s’était pas faite attendre avec une forte condamnation de cet acte terroriste et un appel à la prière pour les victimes. C’est seulement le lendemain – et vraisemblablement à cause des polémiques qui éclataient sur internet – que le pape a écrit un tweet sur la tragédie : « Unissons-nous aujourd’hui aussi en prière avec la communauté chrétienne du Sri Lanka touchée par une violence aveugle le jour de Pâques. Offrons au Seigneur les victimes, les blessés et la souffrance de tous. #PrayForSriLanka ».

Et de fait, le pape met plus de temps à réagir pour les massacres de chrétiens dans le monde (et sa réaction est minime) que pour les sujets comme l’immigration, le climat, la critique de l’argent et la condamnation du pouvoir qui semblent lui tenir plus à cœur que les chrétiens dont il est pourtant censé être le guide et le pasteur. Et on se demande pourquoi nombre de chrétiens, oubliés par leur pape et même pas reconnus en tant que tel par les élites qui préfèrent les appeler « Easter worshippers », littéralement « sanctificateurs de Pâques », plutôt que catholiques, n’en peuvent plus de cette gauche caviar méprisante.

Traduction : Hélène Lechat

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Source : Il Fatto Quotidiano (23 avril 2019) – V