Donald Trump compte expulser des « millions d’immigrants entrés illégalement aux États-Unis ». Une volonté politique qui tranche singulièrement avec la tiédeur des États européens sur la question.

Donald Trump : « Expulsés aussi rapidement qu’ils sont venus »

Face à la pression migratoire en provenance d’Amérique centrale, Donald Trump a encore haussé un peu plus le ton, le 18 juin sur Twitter. Le président US a ainsi annoncé que les États-Unis vont lancer dès la semaine prochaine, via l’ICE [NDLR : la police de l’immigration], un processus d’expulsion des « millions d’étrangers en situation irrégulière qui se sont introduits illégalement aux États-Unis ». En précisant que ces migrants seront « expulsés aussi rapidement qu’ils arrivent ».

Autre point notable, tandis qu’il menaçait au début de ce mois de juin (lors de sa visite à Londres) le Mexique pour sa passivité dans la lutte contre l’immigration illégale, Donald Trump a, cette fois, félicité le gouvernement mexicain : « Le Mexique, grâce à ses lois strictes en matière d’immigration, fait un très bon travail pour arrêter les gens ». Un Mexique qui, mis sous pression économique par son voisin étasunien, a pris des mesures sans précédent depuis le 7 juin dernier et la signature d’un accord avec les USA pour freiner les flux de migrants illégaux en provenance du Sud. Plus de 6 000 hommes de la Garde nationale ont d’ailleurs été déployés à la frontière avec le Guatemala.

Démocrates et aides financières en ligne de mire

Dans un autre tweet peu après le précédent, Donald Trump a accusé les démocrates au Congrès de « ne rien faire ». Tout en leur prodiguant un conseil : « Ils doivent voter pour mettre un terme à ces failles ». Avec des conditions optimales, la crise frontalière pourrait rapidement prendre fin.

Si le deal avec le Mexique (qui s’est donc aussi engagé à prendre en charge les migrants illégaux dans l’attente de leur demande d’asile aux États-Unis) semble fonctionner, Donald Trump joue aussi de la carotte et du bâton avec les autres pays d’Amérique centrale. Il en va notamment ainsi du Guatemala, du Salvador et du Honduras. C’est de ce dernier État qu’était partie la « caravane des migrants » en fin d’année 2018. Donald Trump avait alors évoqué une « invasion ».

Si ces pays ne se décident pas à mettre en œuvre une politique forte contre l’immigration illégale, les USA ne leur fourniront plus de nouvelles aides financières. À savoir qu’au titre de l’année budgétaire 2018, ce sont 370 millions de dollars d’aides initialement prévues qui vont être affectés à « d’autres priorités de politique étrangère », selon le département d’État américain. Aux États d’Amérique centrale de faire leur part de travail. En mars dernier, le Salvador, le Guatemala et le Honduras ont déjà vu les aides américaines en leur faveur suspendues. Le feuilleton migratoire américain devrait connaître de nouveaux rebondissements dans les prochaines semaines…

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