La société Variscan a renoncé officiellement à son permis de recherches minières sur les communes d’’Abbaretz, Bonnoeuvre, Grand-Auverné, Guémené-Penfao, Joué-sur-Erdre, La-Grigonnais, La-Meilleraye-de-Bretagne, Le-Gâvre, Marsac-sur-Don, Nozay, Puceul, Riaillé, Saffré, Saint-Mars-la-Jaille, Saint-Sulpice-des-Landes et Vay. Le projet de recherches minières centré sur l’ancien gisement d’étain d’Abbaretz et ses abords est donc officiellement enterré.

Nous écrivions en 2015 que Variscan recherchait du zinc, du cuivre et du plomb à Merléac (22), du tungstène à Dompierre (35) et Loc-Envel (22), du germanium à Plélauff (22) et de l’or à Saint-Pierre Montlimart (49). Devant l’hostilité liée à ses projets miniers – la société a même connu un attentat à la bombe en mai 2016, non résolu à ce jour bien que revendiqué par un groupe indépendantiste proche de la mouvance d’extrême-gauche  – Variscan avait mis ses projets en sommeil en centre-Bretagne.

A l’été 2018, alors que Variscan était en passe d’être rachetée par une société australienne, Apollo Minerals, la messe était dite. Les permis miniers du centre-Bretagne étaient abandonnés. Les permis détenus en Sarthe (Tennie), dans les Mauges (Saint-Pierre Montlimart) et Beaulieu ont suivi logiquement.

Le tungstène, minerai stratégique

Ne reste des projets d’exploration minière initiaux de Variscan que celui de la mine de Salau, en Ariège, où ont été confirmées de fortes concentrations de tungstène – un minerai stratégique dont 81.5% de la production mondiale est chinoise  – et où la réouverture de la mine est soutenue par une solide association locale, sur fond de lutte contre le chômage endémique.

Néanmoins l’ouverture de cette mine est combattue par d’autres associations locales, qui disposent aussi de relais politiques. En juin 2019 le tribunal administratif de Toulouse a annulé le permis de recherches minières au motif que Variscan Mines n’avait pas la capacité financière nécessaire, en juillet 2019 le ministère de l’Économie a annoncé faire appel de la décision, car la mine réouverte pourrait être dans le top 3 mondial et assurer l’autonomie nationale de la France en tungstène.

Cependant, la Bretagne aura pour l’instant loupé le train minier. A Beaulieu et à ses abords immédiats, des dizaines de milliers de tonnes d’étain auraient pourtant pu être extraites et servir à l’industrie française, dont les matières premières viennent aujourd’hui de l’autre bout du monde – principalement d’Afrique et de Chine. « On ne peut que s’étonner que ceux qui dénoncent la surexploitation du tiers monde et la pollution soient aussi ceux qui mettent les bâtons dans les roues de ceux qui veulent utiliser nos ressources locales », s’étonne un élu du Castelbriantais.

LM

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