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Nédélec s’allierait bien avec Troadec pour les prochaines élections municipales, mais pas Cotty. Voilà, en résumé, la situation du PS à Carhaix. De son côté, Troadec est à la recherche de « partenaires » car il doit tenir compte des résultats obtenus par la liste LREM-MoDem dans sa ville aux élections européennes.
À Carhaix, le PS n’aime pas Christian Troadec
À Carhaix, le PS n’aime pas Christian Troadec. En clair, la gauche parisienne n’apprécie pas la gauche bretonne. On vient de le vérifier récemment avec un désaccord étalé publiquement entre Yohann Nédélec, premier secrétaire de la fédération PS du Finistère, et Stéphane Cotty, secrétaire de la section PS du canton de Carhaix, à propos des prochaines élections municipales. Le premier commence par affirmer que le PS ne sera pas en capacité de partir seul en campagne, faute de troupes, car la fédération ne compte qu’entre « 750 et 800 adhérents ». « Mais nous aurons des listes partout. Si dans certaines communes il apparaît qu’un communiste, un vert, un divers gauche a plus de capacité de rassemblement, le Parti socialiste le soutiendra. » Et d’ajouter que le PS pourrait aussi s’allier à des maires sortants, comme à… Carhaix. « Christian Troadec nous a sollicité cet été. Les vieilles rancunes sont derrière nous… » (Le Télégramme, Bretagne, samedi 31 août 2019).
Stéphane Cotty réagit au quart de tour : « Nous ne sommes pas du tout sur la ligne d’un rapprochement avec Christian Troadec, comme cela a pu être suggéré par Yohann Nédélec » (Le Télégramme, Bretagne, 2 septembre 2019). On se dirige donc vers une alliance avec le NPA et le PC.
Une situation très locale
Une liste gauche jacobine (PS) contre une liste gauche bretonne (Troadec), à Carhaix, on connaît ; on est habitué à cette situation très locale lors des élections municipales. La personnalité de Christian Troadec y est certainement pour quelque chose. Ainsi, en 2008, au premier tour (9 mars), Troadec, maire sortant, était arrivé en tête avec 42,61 % des suffrages exprimés (« Carhaix, ville d’avenir, liste de la gauche moderne et ouverte »), devançant la liste PS (« Carhaix-Plouguer à gauche, pour une ville active et solidaire ») conduite par Richard Ferrand, député de la circonscription (31,19 %), la liste de droite (20,38 %) et une liste gauchiste (5,82 %). On notera la différence : la liste de Ferrand se situe simplement « à gauche », tandis que celle de Troadec appartient à « la gauche moderne et ouverte » – ce qui n’est pas la même chose ! Au second tour (16 mars), Troadec l’emporte facilement avec 68,61 % des suffrages exprimés, la liste PS s’étant retirée et son « ami » Richard Ferrand ne pouvant faire autrement que de se désister en sa faveur – la détestation n’empêche pas l’« union » lorsqu’on y est contraint et forcé. La leçon a porté puisque le député Ferrand évitera de se représenter aux élections municipales à Carhaix cinq ans plus tard.
Les choses sont plus faciles en 2014. En l’absence d’une liste de droite, Christian Troadec l’emporte dès le premier tour (23 mars) avec 65,78 % des suffrages exprimés, laissant loin derrière la liste PS (21,15 %), tandis que la liste gauchiste réalisait un score étonnant (13,07 %).
2020 s’annonce bien pour Troadec
Pour mars 2020, Troadec peut donc faire preuve d’optimisme. Dans son fief, il ne craint ni le PS ni Stéphane Cotty. Mais il doit continuer à se méfier de Richard Ferrand qui pourrait tenter une nouvelle offensive en suscitant la création d’une liste LREM ; en effet deux élus socialistes du conseil municipal (Cédric Guyader et Jacqueline Bilirit) sont devenus marcheurs. La logique veut donc qu’ils montent une liste, surtout s’ils y sont encouragés…
Notons qu’aux élections européennes de juin, la liste LREM-MoDem était arrivée en tête à Carhaix (21,69 %) suivie par celle du Rassemblement national (17,5 %) et celle de Yannick Jadot (15,31 %). Les listes de gauche se contentant de scores médiocres : LFI (8,58 %), PS (6,56 %), Hamon (6,27 %), PCF (4,29 %). Drôle de résultat pour une ville « de gauche » ! Tout cela a évidemment donné à réfléchir à Christian Troadec. Certes élections européennes et élections municipales sont deux compétitions bien différentes.
Bernard Morvan
Crédit photo : DR
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