Moins nombreux, mais plus jeunes et davantage présents au travail : tel est le portrait contrasté des locuteurs de breton à Carhaix que dresse la dernière enquête de l’Office public de la langue bretonne. Ses résultats, portant sur l’année 2023, ont été présentés mercredi 17 juin à la mairie par le sociolinguiste Derv Huellou. Il s’agit de la troisième étude de ce type, après celles de 2012 et 2017.
Une érosion confirmée du nombre de locuteurs
Le constat principal ne surprendra pas : le nombre de brittophones continue de diminuer, comme partout en Bretagne. À Carhaix, l’enquête recense 1 581 locuteurs, soit 584 de moins qu’en 2017, une chute de 27 % en six ans. La part des brittophones dans la population est ainsi passée de 31 % en 2012 et 30 % en 2017 à 22 % en 2023.
La pratique régulière de la langue recule elle aussi nettement, tombant de 45 % à 30 % de la population. La commune conserve néanmoins un taux supérieur à la moyenne régionale, signe d’un ancrage local toujours réel.
Un public plus jeune et un usage qui se déplace vers le travail
Derrière ce repli général, l’étude révèle une dynamique plus encourageante. Les locuteurs rajeunissent : les moins de 20 ans représentent désormais 17 % d’entre eux, contre 12 % en 2017. Et chez les moins de 60 ans, la pratique régulière reste stable, là où elle s’effondre dans les tranches plus âgées.
Autre évolution notable, le contexte d’usage se transforme. Le breton, longtemps cantonné à la sphère familiale, gagne du terrain dans un cadre plus formel, et notamment professionnel. Parmi ceux qui le pratiquent régulièrement, 46 % l’utilisent sur leur lieu de travail. À Carhaix, 80 emplois directs exigent aujourd’hui la maîtrise de la langue. L’enquête relève par ailleurs une progression de l’usage du breton sur internet et une amélioration des compétences écrites des locuteurs.
Malgré l’érosion des effectifs, l’attachement des Carhaisiens à leur langue demeure majoritaire. Après une présentation d’un peu plus d’une heure, le maire Christian Troadec a salué le travail de l’Office public de la langue bretonne avant d’ouvrir l’échange avec la vingtaine de participants.
L’un d’eux a pointé une lacune persistante : l’absence d’un collège Diwan à Carhaix. Un manque jugé essentiel, qui prive les élèves d’une immersion totale en breton durant leurs années de collège — maillon décisif pour transformer l’apprentissage des plus jeunes en pratique durable, à l’heure où la transmission familiale s’efface au profit de l’école et du travail.
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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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