Repos dominical. Françoise Gatel (UDI) se réveille tardivement

A LA UNE

La gestion de la crise du Covid-19, plus grande tromperie de l’Histoire ? Oui répondent Jean-Loup Izambert et Claude Janvier [Interview]

L’éditeur marseillais IS Edition (www.is-edition.com) publie Le virus et le président. Cette enquête sur les dessous de la pandémie...

Kouachi, l’assaut final : un membre du GIGN raconte l’attaque contre Charlie Hebdo et la traque des deux islamistes [Interview]

Les éditions Ring viennent d'éditer un livre qui devrait faire l'effet du petite bombe : Kouachi : L'assaut final...

Covid-19 en Hongrie. György Gődény (Parti de la vie normale) : « Les virus ont existé, existent et continueront à exister, l’humanité a toujours...

György Gődény est un personnage atypique par bien des aspects en Hongrie. Ce pharmacien de Nyíregyháza, une ville de...

Thaïs d’Escufon (Génération Identitaire) : « Nous appelons les Français à se révolter contre l’immigration massive qui menace notre peuple et notre identité »...

Après les Alpes, Génération Identitaire a remis le couvert, cette fois ci dans les Pyrénées, pour défendre symboliquement la...

Nantes. Après la marche blanche pour le jeune tué aux Dervallières, des riverains dénoncent « une fumisterie »

Ils ne décolèrent pas – après la marche blanche des proches du jeune Abdelghani , 15 ans, tué le 11...

Françoise Gatel s’inquiète pour le « repos dominical ». Pourtant lorsque les groupes de distribution ont multiplié les magasins dans le Pays de Rennes, elle n’a pas eu l’air de se tracasser. Pourquoi ?

Ouvrir le dimanche matin

On le sait, les grands groupes de distribution (Carrefour, Casino, Leclerc, Intermarché, Auchan, Cora, Système U) ont connu leur heure de gloire. Aujourd’hui ces grandes surfaces souffrent : trop nombreuses, modification des goûts de la clientèle, concurrence féroce de Lidl. Alors on tente diverses solutions : vente, fermeture et restructuration des magasins, grande place accordée aux produits locaux et bio, extension des galeries marchandes… Mais cela ne suffit pas pour maintenir le chiffre d’affaires. Alors on essaie autre chose. C’est ainsi que l’hypermarché Cora, à Pacé (près de Rennes), ouvre désormais le dimanche matin. D’où le mécontentement de Françoise Gatel (UDI), sénateur d’Ille-et-Vilaine : « Si toutes les grandes surfaces ouvrent le dimanche, on va assister à une véritable catastrophe économique. En tant qu’élu, je me bats pour faire rouvrir, dans les petites communes, des boulangeries, des boucheries ou des épiceries. Ces petits magasins rendent service aux habitants et assurent une grande partie de leur chiffre d’affaires le dimanche. » (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, mercredi 18 septembre 2019).

Avec son « agenda rural », Édouard Philippe s’est contenté d’établir un constat : « Depuis plus de quarante ans, la France a fait le choix de développer très vite et très fort les grands équipements commerciaux en périphérie des villes. Peut-être avons-nous été trop loin. » (Ouest-France, 21-22 septembre 2019).

L’aveuglement des élus

À la vérité, on trouve deux niveaux de responsabilité dans la multiplication de ces grandes surfaces et de ces centres commerciaux en périphérie des villes et qui ont, littéralement, tué les petits commerces aussi bien dans les communes rurales que dans les quartiers des villes. D’abord les élus avec un PLU (plan local d’urbanisme) favorable à l’implantation des groupes de distribution. L’argument avancé par les maires était toujours le même : création d’emplois. Effectivement, une grande surface pouvait embaucher une centaine d’employés, mais elle détruisait le double ou le triple d’emplois dans un rayon de quinze à vingt kilomètres. L’aveuglement des élus était total.

Une corruption qui a fonctionné à plein

Ensuite le projet d’installation était soumis à l’approbation de la CDUC (Commission Départementale d’Urbanisme Commercial). Composées d’élus, de représentants d’associations de consommateurs, de membres de la chambre de commerce et de la chambre des métiers, ces commissions donnaient le feu vert aux créations et aux extensions. Rarement elles ne s’y opposaient. D’où l’explosion du nombre des grandes surfaces et des centres commerciaux à la porte de villes. Évidemment, pour obtenir le vote favorable des membres de la CDUC, la corruption a fonctionné à plein ; un vote, ça s’achète. Le journaliste Denis Robert a fort bien expliqué dans ses ouvrages comment s’y prenaient « les directeurs du développement » de ces groupes afin d’obtenir la « compréhension » des membres des CDUC.

L’arrosage des partis politiques

Et si ça ne suffisait pas, les groupes savaient utiliser les grands moyens : obtenir une dérogation du ministre du Commerce. Là encore, l’arrosage des partis politiques produisait des effets miraculeux. Le PS fut le grand champion de la méthode « échange signature contre valise » pendant l’époque Mitterrand. D’où le développement formidable d’un groupe né d’une scission…

Si elle voulait se rendre utile, Françoise Gatel devrait demander à ses assistants parlementaires d’établir un rapport sur les conditions dans lesquelles les grandes surfaces et les centres commerciaux on pu croître et se multiplier dans le Pays de Rennes. Et surtout le détail des votes sur chaque dossier. Avec indication des noms des individus et l’organisme représenté ; on aurait des surprises. On appelle cela la transparence.

Bernard Morvan

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

LA QUOTIDIENNE

Recevez chaque matin dans votre boîte mail la Quotidienne de BREIZH-INFO

- Pour soutenir BREIZH-INFO et l'info sans filtre -

Les derniers articles

Martine Wonner, députée du Bas-Rhin : « L’État a réussi à terroriser la population »

Députée depuis 2017, exclue de LaRem le 6 mai 2020 suite à son vote contre le plan de déconfinement...

Jonas Fink, 40 ans de vie derrière le rideau de fer (BD)

Jonas Fink couvre quarante ans d’une vie derrière le rideau de fer, en Tchécoslovaquie. Ce chef d’œuvre de la...