La nouvelle n’aura étonné que ceux qui n’ont pas lu le rapport de la chambre régionale des comptes des Pays de la Loire sur l’École des beaux-arts Nantes Saint-Nazaire (EBANSN) – ou l’article que Breizh-info lui a consacré le mois dernier : David Martineau, adjoint à la culture de Johanna Rolland et vice-président de Nantes Métropole, renonce à se présenter aux élections municipales.

Il l’a annoncé samedi par un billet sur Facebook. « J’ai décidé de ne pas rempiler pour un troisième mandat municipal », y annonce-t-il d’emblée. Il dit ensuite tout le plaisir qu’il a eu à siéger au conseil municipal de Nantes. Mais à aucun moment il n’explique pourquoi il a pris une décision aussi lourde. Sur la centaine de commentaires soulevés par son annonce, aucun n’a eu le mauvais goût de poser la question. Peut-être parce que beaucoup connaissaient déjà la réponse.

David Martineau est trop jeune pour prendre sa retraite : il a fêté ses 50 ans au début du mois. Il s’apprête d’ailleurs à retrouver son poste de fonctionnaire à l’Insee. Malgré un grave handicap de naissance, il se montre partout, ne manque aucune festivité officielle et ne laisse voir aucun signe de lassitude. Mais il présente un point faible : il préside l’EBANSN depuis 2016. Or la chambre régionale a découvert dans les registres de cet établissement public un ensemble d’anomalies « de nature à fausser la sincérité des comptes ». Une formule anodine qui peut se dire plus brutalement : faux bilan.

Pas un mot pour Johanna Rolland

Les constats de la Chambre devraient donc avoir une traduction judiciaire. L’affaire ne sera tranchée que bien après les élections municipales. D’ici là, David Martineau devrait bénéficier de la présomption d’innocence. Nous le pensions « à peu près intouchable en raison de son handicap physique et de sa présence active sur le terrain ». Nous nous trompions : Johanna Rolland ne veut prendre aucun risque.

Dans son message sur Facebook, David Martineau remercie chaleureusement Patrick Rimbert qui, à la mairie de Nantes, a assuré l’intérim entre Jean-Marc Ayrault et Johanna Rolland. Il n’a pas un mot pour cette dernière. Un silence éloquent ! Presse Océan lui a quand même posé la question ce dimanche. « Il n’y a pas de rupture entre Johanna Rolland et moi », a-t-il seulement répondu, sans même un compliment d’usage envers le maire de Nantes. Quant à Johanna Rolland, elle refuse tout commentaire.

Le ton de la campagne municipale est donné. Le sort de David Martineau sonne comme un avertissement pour les socialistes pas assez disciplinés. Personne n’a fait semblant d’essayer de le retenir. Avec JR, on ne rigole pas.

E.F.

Crédit photo : David Martineau à l’inauguration du musée d’arts de Nantes. À droite, Johanna Rolland. DR
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