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Nicola Sturgeon, Premier ministre d’Écosse, attaque sèchement Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni. C’est ce que lui permet maintenant un rapport favorable.
Fort de sa victoire aux récentes élections législatives en Écosse – il remporte 48 sièges sur les 59 -, le SNP (Scottish national party) réclame maintenant l’organisation d’un nouveau référendum d’autodétermination : pour ou contre l’indépendance. Au référendum du 18 septembre 2014, ce fut l’échec : 55% des Écossais avaient refusé le divorce avec le reste du Royaume-Uni.
Nicola Sturgeon, Premier ministre d’Écosse, lance à l’adresse de Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni : « Vous, comme leader d’un parti vaincu en Écosse, vous n’avez pas le droit de vous mettre en travers de notre chemin » ( Le Figaro, 14 – 15 décembre 2019). « Il y a maintenant un mandat en vue d’offrir au peuple écossais le choix de son propre avenir. Boris Johnson a peut être reçu un mandat pour faire sortir l’Angleterre de l’Union européenne. Il n’a absolument pas de mandat pour faire sortir l’Écosse. Elle doit avoir le choix de son propre avenir. » (Les Échos, lundi 16 décembre 2019).
Mais M. Johnson s’oppose fermement à un second référendum, « estimant que les Écossais ont déjà eu l’occasion de s’exprimer sur la question lors d’un vote qui était censé régler le sujet « pour une génération ». » (Le Monde, samedi 21 décembre 2019). Mais Mme Sturgeon a bien l’intention de poursuivre la lutte « de façon raisonnable et réfléchie »… « Le gouvernement écossais a publié [jeudi 19 décembre] un document pour présenter ses arguments. Intitulé « Scotland’s right to choose » (le droit de l’Écosse à décider), le texte de 39 pages établit notamment que l’Écosse ayant choisi de rejoindre le Royaume-Uni en 1707, elle ne peut être contrainte d’y rester. » (Le Figaro, vendredi 20 décembre 2019).
En apparence, le duché de Bretagne a également choisi de rejoindre le royaume de France ; c’est ce qui ressort de l’édit d’Union (13 août 1532 à Nantes). Mais en réalité ce sont des vaincus – militaires et politiques – qui s’adressent quelques jours plus tôt à François 1er : « Sire, lesdits gens des trois États vous supplient très humblement qu’il vous plaise unir et joindre perpétuellement lesdits pays et duché de Bretagne avec le royaume de France, afin que jamais ne s’élèvent guerre, dissensions ou inimitié entre lesdits pays, gardant toutefois et entretenant les droits, libertés et privilèges dudit pays » (Assemblée des États de Bretagne en la grande salle du manoir épiscopal de Vannes, 4 août 1532). En septembre 1532 est publié, au château du Plessis-Macé, près d’Angers, le contrat bilatéral entre gouvernement français et représentants de la Bretagne.
Si le rapport de force permet aux Écossais de réclamer l’indépendance, nous en sommes très loin en Bretagne. Mais vu la déglingue généralisée qui frappe la République française, l’adverbe « perpétuellement » pourrait ne plus s’imposer au cours de ce siècle. L’Algérie était bien française (dix départements) jusqu’à l’été 1962 ! Jusqu’à ce que de Gaulle décide de s’en débarrasser…
Bertrand Redon
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