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Un scientifique néerlandais a proposé de construire deux méga-barrages en mer du Nord et dans la Manche pour tenter de protéger certains territoires européens contre la montée du niveau de la mer.
Des barrages gigantesques face à la montée des eaux
Idée saugrenue ou pas ? Chacun se fera son propre avis sur la proposition de Sjoerd Groeskamp, océanographe à l’Institut royal néerlandais pour la recherche sur la mer. Le scientifique a déclaré qu’une « solution possible » aux effets du changement climatique sur nos océans est de construire un barrage de 300 miles de long (482 kilomètres) entre l’Écosse et la Norvège et une barrière supplémentaire de 100 miles de long (160 kilomètres) entre la France et l’Angleterre.
Dans un article à venir dans l’American Journal of Meteorology, Sjoerd Groeskamp indique qu’une « augmentation de 10 mètres d’ici 2500 est prévue, selon les scénarios les plus sombres ». Il ajoute : « Ce barrage est donc surtout un appel à agir dès maintenant contre le changement climatique ».
Source : The Guardian
Outre le rôle de lanceur d’alerte d’une telle proposition, l’océanographe rappelle toutefois que, « si nous ne faisons rien, ce barrage extrême pourrait bien être la seule solution ».
Des éléments non pris en compte dans le projet
Le projet – baptisé « North Sea Enclosure Dyke » [NDLR : « Digue de clôture de la Mer du Nord »] –, est techniquement et économiquement réalisable, selon les auteurs, les coûts du projet étant estimés à 0,1 % du PIB des pays concernés réunis. Soit une somme évaluée entre 300 millions et 595 millions d’euros. Des calculs effectués en se basant sur les coûts des gigantesques barrages qui ont été construits en Corée du Sud ces dernières années.
Toutefois, de l’aveu de Sjoerd Groeskamp, les calculs n’ont pas pris en compte les pertes potentielles, en arrêtant la pêche en mer du Nord et en augmentant les coûts de transport maritime, entre autres facteurs.
Pour rappel, le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), dans son rapport de septembre 2019, déclarait que le niveau de la mer pourrait augmenter (en comparaison de la période 1980-2000) de 43 centimètres environ d’ici 2100 dans un monde à +2°C, mais de 84 cm dans un monde à +3°C ou + 4°C. Tout en indiquant que les choses pourraient s’accélérer au XXIIe siècle avec une élévation du niveau des mers qui serait 100 fois plus rapide. Dans ces conditions, aucune proposition pour faire face au phénomène ne peut être balayée d’un revers de main. Y compris les plus audacieuses…
AK
Crédit photo : Pixabay (Pixabay License) (photo d’illustration)
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