Effet coronavirus : vers une suppression des messes dans les églises ?

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Tandis que la France a désormais près de 178 cas de coronavirus – et 131 personnes attendent le résultat de leurs tests, avec au moins quatre foyers épidémiques dans l’Oise (Creil, Crépy-en-Valois), en Savoie (Annecy) et en Bretagne (Auray, Carnac, Crac’h dans le Morbihan), la panique gagne les autorités ecclésiastiques… de quoi susciter des réactions chez les fidèles.

Face à la propagation du coronavirus en Italie (2 036 cas dont 1 254 en Lombardie, 52 morts, +18 en un jour), les diocèses de Milan et de Piacenza ont suspendu depuis plusieurs jours toutes les messes. « Dans le nord la panique est telle que si les curés continuaient, ils ne seraient pas suivis par la population », nous explique un curé en poste au sud de l’Italie. « Mais ici, c’est différent : les gens veulent la messe, les évêques n’oseront pas tout suspendre ». En France, toutes les messes sont suspendues sine die dans l’Oise (diocèse de Beauvais).

De façon centralisée, la messe est aussi interdite en Mongolie, ce qui touche 80 temples bouddhistes, 189 églises chrétiennes de toutes obédiences et 52 autres églises, temples ou mosquées.

Ces suspensions – qui n’ont pas été demandées par l’État – suscitent des réactions diverses, souvent outrées. « Dans les temps où l’on avait la foi, en cas d’épidémie on emplissait les églises pour prier Dieu de nous en préserver. Aujourd’hui, on se calfeutre chez soi en espérant être assez chanceux pour s’en tirer. Et l’Église elle-même collabore à cette écœurante laïcisation », écrit ainsi Laurent Dandrieu.

« Il est temps de changer d’évêques »

« Les supermarchés restent ouverts, mais les églises ferment », s’émeut François-Xavier, un fidèle de Loire-Atlantique. « De toute façon, chez nous, la messe n’a jamais cessé, ni pendant la Révolution, ni sous les bombardements, alors qu’ils viennent forcer nos églises à fermer, ils trouveront à qui parler ! et on trouvera toujours des prêtres pour lesquels la messe, et donc la loi de Dieu, vaux mieux que celle des hommes, fussent-ils évêques ».

D’autres prêtres envisagent de célébrer la messe « portes fermées. On fait entrer les personnes dans l’église et on ferme les portes ensuite », si l’épidémie vient encore à s’étendre. Guère mieux pour Michel, autre fidèle de Loire-Atlantique : « Une église portes fermées, c’est comme un hôpital aux blocs opératoires flambant neufs, entièrement équipé, et dont les accès sont murés, ça n’a aucun sens ».

« Du point de vue canonique, un évêque a le droit d’interdire les messes, et on ne peut s’y opposer », explique un autre curé, en Provence. « C’est un abus, mais on ne peut rien faire ». Vraiment ? Des dizaines de curés en France sont prêts à célébrer quoi qu’il arrive.

« C’est comme en 1791 lors du serment [si les curés juraient, ils se mettaient d’accord avec la République et en rupture de ban avec Rome], en 1794 avec les Colonnes Infernales ou en 1943 sous les bombes : à chacun de choisir son salut, à chaque chrétien de choisir s’il se planque ou s’il fait face, à chaque curé de savoir s’il préfère suivre son évêque ou le ministre plutôt que les commandements de Dieu », balaie un curé traditionaliste. « Et si je devais baptiser un enfant ou célébrer la messe, avec la certitude que je serai contaminé et que j’en mourrai, ça ne changerait rien à ma détermination. Seule la foi sauve ! ». Amen.

Un autre curé, en poste dans une paroisse diocésaine – et qui ne pratique, lui, que la messe en français, est déterminé à continuer. « Un curé ne devrait pas dire ça, mais cette panique sans queue ni tête démontre le niveau pitoyable de ceux qui prétendent diriger l’Église aujourd’hui. De toute épreuve, de tout mal, Dieu fait un bien. Le coronavirus nous montre qu’il est peut-être temps de changer d’évêques ». Et pas seulement pour défendre efficacement les valeurs de l’Église au lieu de céder à toutes les lubies à la mode, de l’Amazonie au mariage des prêtres.

Communion dans la main : la « solution » des évêques qui aggrave les risques ?

Improvisés médecins, des évêques – à Lyon, à Beauvais notamment – préconisent la communion dans la main, au lieu de la communion dans la bouche habituellement utilisée par les traditionalistes. Pour des raisons d’hygiène… balayées par le prélat Mgr Schneider : « La Communion dans la main n’est pas plus hygiénique que la Communion dans la bouche. En effet, elle peut être dangereuse sur le plan de la contagion ».

« Du point de vue de l’hygiène », continue le prélat, « la main est porteuse d’une énorme quantité de bactéries. De nombreux agents pathogènes sont transmis par les mains. Que ce soit en serrant la main d’autres personnes ou en touchant fréquemment des objets, telles les poignées de porte ou les rampes et barres d’appui dans les transports en commun, les germes peuvent rapidement passer d’une main à une autre ; et les gens se portent alors souvent ces mains peu hygiéniques au nez et à la bouche. En outre, les germes peuvent parfois survivre pendant de plusieurs jours à la surface des objets touchés.

Selon une étude de 2006, publiée dans la revue BMC Infectious Diseases, les virus de la grippe et les virus similaires peuvent persister pendant quelques jours à la surface d’objets inanimés, comme par exemple les poignées de porte ou les rampes et les poignées dans les transports et les bâtiments publics. De nombreuses personnes qui viennent à l’église et reçoivent ensuite la sainte communion dans leurs mains ont d’abord touché les poignées de porte ou les rampes et les barres d’appui dans les transports en commun ou dans d’autres bâtiments. Ainsi, des virus s’impriment sur la paume et les doigts de leurs mains. Puis, pendant la Sainte Messe, ils se touchent parfois le nez ou la bouche avec ces mains et ces doigts. Avec ces mains et ces doigts, ils touchent l’hostie consacrée, transférant ainsi le virus également sur l’hostie, et ils transporteront ainsi les virus par l’hostie dans leur bouche ».

« Par le passé dans l’histoire de l’Église, on a pu déposer l’hostie sur un petit corporal de la taille d’un mouchoir dans les mains des fidèles – charge à eux ensuite de prendre l’hostie consacrée, et on purifiait les corporaux ensuite, en les bouillant si nécessaire », rappelle un prêtre traditionaliste en poste dans l’est de la France. « On a pu aussi se saisir des hosties consacrées avec une sorte de pincette, avant de la déposer dans la bouche des fidèles. Il faut rappeler que le fidèle tend la langue, et que le prêtre ne le touche pas, ni sa bouche ».

De son côté, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, mais aussi le diocèse de Vannes, préconisent la communion spirituelle, ce qui a le don de régler le problème de façon canonique sans entrer dans la polémique : « Qu’est-ce que la communion spirituelle ? C’est une communion, c’est-à-dire une union à Jésus-Christ, qui se réalise non pas par la réception sacramentelle de l’hostie, mais par un acte intérieur de désir de communier, poussé par la Foi et la Charité. Dans les situations où la communion sacramentelle n’est pas possible, cette pratique de la communion d’intention est vivement recommandée par l’Église et les saints. », explique la FSSP. En plein carême, « la privation, provisoire, d’un bien aussi précieux que la communion à l’hostie peut faire naître en nous un émerveillement nouveau devant ce Sacrement si précieux, auquel nous nous sommes peut-être trop habitués », commente l’institut traditionnel.

Louis Moulin

Photo d’illustration : DR
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