Grèce

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a déclaré que la Grèce n’a pas le droit de cesser d’accepter des demandes d’asile tandis que le pays annonce être en « état d’alerte maximale ».

Grèce : les Nations unies s’en mêlent

À la suite de la pression migratoire accrue que subit la Grèce depuis quelques jours, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés a tenu à faire valoir son point de vue. Sans surprise, le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) s’est placé du côté des migrants illégaux qui sèment le chaos à la frontière gréco-turque depuis la semaine dernière mais également sur certaines îles grecques.

Dans un communiqué paru le 2 mars, le HCR a indiqué que la Grèce n’avait pas le droit de cesser d’accepter les demandeurs d’asile. Une réaction aux déclarations du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, qui avait affirmé la veille que son pays n’accepterait aucune nouvelle demande d’asile pendant un mois après deux jours d’affrontements entre la police des frontières et des milliers de migrants cherchant à entrer dans l’UE en provenance de Turquie.

L’agence des Nations unies estime ainsi qu’il est « important que les autorités s’abstiennent de toute mesure susceptible d’accroître les souffrances des personnes vulnérables ». En clair, le risque que font peser ces migrants sur la sécurité des Grecs et, par extension, de tous les Européens, doit passer par pertes et profits selon le HCR : l’important, c’est l’accueil de « l’autre », sans prendre en compte l’opposition et la détresse des autochtones.

La Grèce en état d’« alerte maximale »

Toujours d’après le HCR, « tous les États ont le droit de contrôler leurs frontières et de gérer les mouvements irréguliers, mais ils doivent en même temps s’abstenir de recourir à une force excessive ou disproportionnée et maintenir des systèmes permettant de traiter les demandes d’asile de manière ordonnée ».

On serait alors tenter de demander à Babar Baloch, l’un des porte-paroles du Haut Commissariat aux réfugiés et auteur du communiqué, comment ces procédures pourraient se faire de manière ordonnée lorsque la Turquie se targuait encore le 1er mars d’avoir ouvert ses frontières avec la Grèce à plus de 100 000 migrants, lesquels ne cherchaient bien entendu qu’à se ruer vers l’Europe ?

Grèce
Babar Baloch. Source : Flickr

Pour asseoir sa position, le HCR a déclaré que ni le droit international ni le droit de l’UE ne fournissaient « une base juridique pour la suspension de la réception des demandes d’asile ».

Si l’Agence des Nations unies pour les réfugiés a appelé « au calme et au relâchement des tensions à la frontière » gréco-turque, la Grèce, de son côté, est en « état d’alerte maximale depuis l’annonce des autorités turques d’ouvrir les vannes de l’immigration » selon un quotidien d’Athènes le 2 mars, expliquant dans le même temps que le pays « fait face à une menace asymétrique », un constat fait par le porte-parole du gouvernement grec lui-même. Et les critiques des Nations unies contre la Grèce ne vont pas dans le sens d’un rééquilibrage du rapport de force.

AK

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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