Vaccins, traitements contre le coronavirus : où en est-on ?

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Pour une fois, c’est la France qui donne espoir au monde. Sanofi s’est dit prêt à offrir aux autorités françaises de quoi traiter 300.000 malades avec du Plaquenil, un anti-paludique à la chloroquine testé par l’IHU et le professeur Didier Raoult à Marseille. Après s’être fait écho fin février de publications chinoises montrant l’efficacité de la chloroquine dans le traitement du coronavirus, l’IHU Méditerrannée est passé au stade suivant : le traitement de patients.

Pas moins de 24 patients atteints du coronavirus ont accepté de prendre du Plaquenil, l’un des noms commerciaux de la chloroquine – un très vieil antipaludique, assez répandu et bon marché. Six jours plus tard, seuls un quart d’entre eux sont encore malades. Dans le groupe témoin – non traité, 90% des personnes le sont toujours. « La charge virale moyenne avec ce virus est normalement de 20 jours. Et tous les gens qui meurent à cause du corona ont encore le virus. Ne plus l’avoir, ça change le pronostic », explique le professeur Raoult à ses étudiants.

Suite à ces essais très encourageants, Sanofi a annoncé « mettre son traitement à la disposition de la France et à offrir plusieurs millions de doses qui pourraient permettre de traiter 300 000 patients ». De nouveaux essais plus vastes vont être mis en place sous peu par l’IHU Méditerrannée à Marseille.

Par ailleurs, aux Etats-Unis, Sanofi et le laboratoire américain Regeneron ont débuté un essai clinique pour évaluer l’efficacité du Kevzara (sarilumab) – jusque là utilisé pour la polyarthrite rhumatoïde et développé en 2017 – pour les formes sévères du coronavirus. Cette molécule vise le récepteur de l’interleukine 6 (IL-6), une protéine du système immunitaire jouant un rôle dans les processus inflammatoires.

Vaccins : la course contre la montre lancée, la Russie et l’Allemagne en avance

Les Etats-Unis ont lancé ce lundi le premier essai clinique d’un vaccin contre le coronavirus, mais les résultats ne seront fiables qu’au bout d’un an voire un an et demi. Ce qui explique peut-être pourquoi les américains ont tenté d’acheter le laboratoire allemand Curevac. Ce dernier a annoncé que son vaccin serait prêt à l’automne et a déjà fait certifier les machines qui pourront produire 10 millions de doses en un cycle de production.

Malgré l’invitation du PDG américain, Daniel Menichella, à une réunion à la maison blanche avec Trump le 2 mars dernier, avec à la clé une proposition d’achat d’un milliard de dollars ou la réservation de tout le vaccin à venir pour les Etats-Unis, le fondateur – allemand – du laboratoire – n’a pas cédé ; l’Union européenne leur a aligné 80 millions d’euros d’aides et l’affaire est maintenant suivie de près par l’état allemand.

En Russie, plusieurs groupes travaillent aussi sur un vaccin. Le plus avancé est le cluster Vektor à Novossibirsk, aidé de l’institut d’étude des sérums et vaccins de Saint-Pétersbourg et des étudiants de l’université de Kazan. Ils travaillent actuellement sur 5 types de vaccins et 13 prototypes, dont les tests sur des animaux de laboratoire viennent de commencer. Selon le chef du laboratoire de l’école des micro-organismes au sein de l’école de biomédecine de l’Université fédérale d’Extrême-Orient, ce vaccin pourrait être prêt dans six mois.

Louis-Benoît Greffe

Photo : DR
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