Quel lien entre le coronavirus et un scénario de type Guérilla, livre best-seller écrit par Laurent Obertone ? Pour le moment, le grand basculement ne s’est pas encore produit, mais certains scènes aperçues ici ou là en France laissent à penser que nous allons vers des problèmes graves en matière de gestion de l’ordre et en matière de conséquences économiques, sociales et sociétales liées à cette pandémie, particulièrement mal gérée en France ces dernières semaines.

Nous avons justement interrogé Laurent Obertone pour recueillir son opinion sur cette crise majeure, comme le pays n’en a pas rencontré jusqu’ici, hormis en tant de guerre (et même si le président Macron a évoqué de nombreuses fois ce mot, il ne semble pas savoir ce qu’est vraiment une guerre pour se permettre de le dire…)

Breizh-info.com : Tout d’abord, que vous inspire cette pandémie de coronavirus ?

Laurent Obertone : À 7,5 milliards d’êtres humains passés, et avec une telle circulation des personnes d’un bout à l’autre du globe, de telles crises sont inévitables. Elles pourraient cependant être largement limitées, si les peuples étaient encore propriétaires de leurs pays, et de leurs frontières.

Breizh-info.com :  Est-ce que cela vous inspire pour vos prochains romans ?

Laurent Obertone : Il me semble que cette piste a déjà été largement explorée. C’est un des « cygnes noirs » qui peuvent plonger nos sociétés dans le chaos. Il y en a beaucoup d’autres, comme une crise économique, sociale, énergétique, etc. Mais nous ne sommes pas encore dans la guerre civile : la distribution d’électricité et de biens de première nécessité fonctionnent. Après une période difficile, les professionnels de la santé reprendront le dessus.

Breizh-info.com : Outre la saturation du système de santé, les conséquences économiques pourraient être lourdes. Quels retours avez-vous ?

Laurent Obertone : En effet, des centaines de milliards se sont déjà évaporés, et les banques centrales en injecteront à perte quelques milliers d’autres, ce qui à mon avis ne fera que fragiliser une économie mondiale ne tenant déjà qu’à un fil. Pour colmater les brèches immenses dues au ralentissement économique, notre hyper-État déjà en bout de souffle va devoir fabriquer de l’argent en masse, donc de l’inflation, des dettes et des taxes…

Et comme toujours entrepreneurs et travailleurs vont payer le prix fort de ses erreurs, ce qui n’arrangera ni l’emploi, ni la croissance.

Hélas, le réflexe de nos concitoyens sera toujours d’exiger plus d’État, quand bien même sa gestion de la crise est tout à fait désastreuse.

Breizh-info.com : Quid de la sécurité et du maintien de l’ordre en France dans une situation de crise comme aujourd’hui (et comme demain). À quoi faut-il s’attendre ?

Laurent Obertone : À de jolies preuves de l’effondrement du capital social : refus des règles, trafics, affrontements, pillages, émeutes, incivilités, etc. Tout ça a déjà commencé. De quoi ajouter une pression supplémentaire sur les professionnels en première ligne.

Il serait temps de comprendre qu’on peut vivre ensemble, mais pas avec n’importe qui… Les responsabilités individuelles sont très lourdes dans cette crise.

Notre pays est si communautaire et assisté que beaucoup semblent incapables de faire preuve d’un minimum de sens commun. Or une société qui ne peut vivre que sous contrainte policière et administrative n’en est plus une.

Breizh-info.com : Comment expliquez-vous que les autorités françaises semblent être très en retard par rapport notamment aux pays asiatiques, mais aussi à d’autres pays européens ?

Laurent Obertone :  L’amateurisme et l’irresponsabilité de la classe politique, et son blocage idéologique par rapport notamment à la fermeture des frontières. Une très forte habitude de communiquer et souvent de mentir à défaut d’agir, ce qui pose problème quand le réel frappe à notre porte et que des actes sont réellement nécessaires.

Macron a déclaré, de manière hautement démagogique, qu’il ne fallait pas laisser au « marché » notre santé.

Je ne suis pas sûr que ce soit une meilleure idée de la confier sans réserve à l’État, qui, comme on l’a vu, nous livre à ses errances, et nous condamne à une catastrophe, sanitaire, sociale et économique.

Propos recueillis par YV

Photo : DR
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