Confinement. Verbalisé et en colère, il écrit au préfet du Finistère

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Christian Le Gall, lecteur de Breizh-info, a été verbalisé récemment par les forces de l’ordre dans le cadre du confinement. 135 euros d’amende donc, et une colère exprimée à travers une lettre, envoyée au préfet du Finistère, représentant de l’État dans le département. Une lettre qu’il a accepté que nous diffusions dans nos colonnes.

Monsieur le préfet du Finistère,

Le président de la République s’est adressé directement à la France entière pour proclamer une prolongation d’un mois supplémentaire de confinement. Le goût de la centralisation étatique est un des maux que la Monarchie moribonde a malheureusement transmis à la République. Je n’écrirai donc pas directement à M. le Président, ce serait une bouteille à la Seine. Mais je tente de m’adresser à vous qui êtes un breton, à 70 km, vous à qui le gouvernement a confié le Léon et la Cornouaille. Également car ce sont vos services qui publient les arrêtés interdisant l’accès à nos 1300 km de côte, interdisant la mer, les sentiers, les commerces, les marchés…

Vous avez agi de concert avec vos homologues. Il est prudent et rassurant d’agir de manière mimétique en situation de crise, face à l’inconnu que nous réservait ce virus. Mais la crise est un paroxysme éphémère que nous avons dépassé. Il est temps de lever la tête et de prendre du recul, vous en conviendrez.

L’inconnu n’est plus là pour justifier notre peur. En le combattant, nous avons appris à connaitre ce virus. Après un mois, quel est le constat ?

Le confinement ne refermera pas la boite de Pandore, il faut donc s’habituer à ce qu’il fasse parti du paysage viral, petit à petit les Bretons devront développer une immunité. Nos services de santé ne sont pas engorgés. Depuis 4 jours, le nombre de personnes placés en réanimation diminue en France. Malgré les malades accueillis par train et avions médicalisés, nos capacités de lits en réanimation sont toujours libres à plus d’un tiers. Le confinement ne permet pas non plus d’attendre un potentiel vaccin. Il faut 12 à 18 mois pour développer et tester un vaccin. Rassurez-moi, vous ne pensez pas sérieusement à un confinement de cette durée ?

Nos équipes médicales bataillent nuit et jour depuis plusieurs semaines contre ce virus. Nous avons appris quels sont les moyens efficaces à déployer en amont, grâce notamment aux épidémiologistes de l’équipe du professeur Raoult. Nous avons appris à déployer les moyens techniques, humains et organisationnels adéquats pour endiguer, juguler, favoriser le rétablissement de 90% des cas confirmés. La bataille médicale bat son plein, mais comme toute bataille d’ampleur, l’intensité du front n’est pas uniforme.

Et il faut reconnaitre que dans notre département, le feu viral n’est pas intensif. Nous avons à déplorer à ce jour 13 morts. C’est beaucoup quand on pense au prix d’une vie, c’est peu comparé aux 11.000 décès annuels.

Mesures infantilisantes et liberticides

Les mesures de confinement total mises en place par le gouvernement sont infantilisantes. Chaque adulte est libre de considérer ce qu’est un déplacement risqué ou non, impérieux ou non. Que se passe t’il au-delà d’1 km ? Que se passe t-il sur nos côtes ? Le virus n’est pas plus virulent à mesure que l’on s’éloigne de chez soi ou à mesure que l’on pratique des activités nautiques. J’entends bien que 27% des victimes françaises sont mortes dans les EPHAD et qu’un quart de la population du Finistère a plus de 65 ans. Mais est-ce une raison pour traiter le Léon et la Cornouaille comme des EPHAD à ciel ouvert ?

Pour quelles raisons les mesures applicables serait-elles les mêmes sur nos immenses côtes sauvages que sur les bords de Seine ? J’ai moi-même été verbalisé, longeant le littoral (Respectant l’esprit de la loi mais pas la lettre), par des gendarmes qui prennent d’ailleurs fort peu de précautions antivirales (respectant la lettre mais pas l’esprit…).

Récession, menace pour notre survie économique

Plus grave encore, les mesures de confinement total menacent notre économie. Chômage, faillites, exode. Vous savez à quel point sont précieux nos commerces, nos entreprises. Une activité économique qui ralentit ou qui s’arrête, ce sont des emplois en moins, c’est l’exode forcé des travailleurs. C’est vers l’est qu’ils mendieront un salaire, souvent jusqu’à Paris. Le breton préfère gagner son pain exilé plutôt que l’assistanat prolongé. Combien de déracinés rêvent déjà aujourd’hui de revenir travailler à la pointe bretonne ? Et c’est ce lot-là de déportés économiques que le confinement fait enfler chaque jour !

Le risque est d’autant plus décisif dans le contexte macro-économique que nous connaissons. Le mot est sur toute les lèvres mais personne n’ose le prononcer haut et fort : c’est la récession. C’est le grand virage macro-économique que subiront nos petites existences. L’économie mondiale est entrée en récession avant-même l’épidémie (voir les cours du pétrole par exemple). Le vaste confinement planétaire a aggravé de façon spectaculaire le ralentissement économique. Les PIB s’écroulent, la production ralentit, les cours des matières premières s’affaissent durablement, l’OPEP ralentit de manière inédite la production de pétrole, les capacités de stockage débordent. Les entreprises, les emplois, les revenus sont durablement menacés. Notre ministre de l’économie nous promet un scénario de l’ampleur du célèbre crash de 29. Nous ne parlons pas de chute d’actions virtuelles, de dividendes grevés, d’actionnaires lésés… nous parlons de conséquences concrète pour l’économie réelle : faillites, chômage, asservissement économique de la nation.

Car quand le marché se contracte, les faillites deviennent d’autant plus irrémédiables. La lutte pour se partager le gâteau économique est donc d’autant plus féroce. Mais quand notre Président nous annonce « nous sommes en guerre », c’est uniquement pour nous parler du risque Covid-19. Ne nous aveuglons pas, malgré la détresse pandémique, la guerre est aujourd’hui avant tout économique.

Passé la sidération, la panique et les mesures massives, nous observons que les gouvernements lucides entament la course au déconfinement et surtout à la relance de leurs économies, pour sauver ce qui peut l’être. Les mois sont précieux. Selon l’INSEE, deux mois de confinement couteront 6 points de PIB à la France. L’industrie est au ralenti (-52% d’activité), la construction à l’arrêt (-89%) et le Président s’autorise encore un mois pour réfléchir à adapter le dispositif !

Bien sûr, Monsieur le préfet, il y aura des morts. Mais le confinement aurait-il vraiment permis de sauver ces vies ? Et si oui, combien de temps ? Et en face, quelle sera la casse économique et sociale ? Les mesures lénifiantes du gouvernement ne sont que des artifices qui diluent et repoussent les défis économiques que les entreprises du Finistère auront à subir.

J’entends bien les avis d’experts qui préconisent de poursuivre le confinement. Mais un médecin a une vision partielle, il sauve des vies de la maladie. En revanche, le politique que vous êtes a une vision plus large. Au-delà des vies, vous êtes responsable de « favoriser le développement économique et l’emploi »,  responsable de « garantir l’exercice des libertés publiques ». L’an dernier 37 personnes sont mortes sur nos routes. Interdire les véhicules thermopropulsés en 2019 aurait peut-être permis de sauver ces vies. Et pourtant vous avez, avec raison, toléré la circulation de ces engins souvent utiles, parfois meurtriers.

Au moment où je vous parle, les économies autrichiennes et danoises retrouvent leur cadence de croisière, les Tchèques et les Norvégiens relancent leurs économies. Ces pays emboitent le pas à la Chine. D’autres encore comme Singapour et la Corée du Sud sont parvenus à repousser la progression du virus en dépistant massivement au lieu de recourir à un brutal et massif confinement général.

Nous vivons un de ces moments tragiques où tout ne peut pas être sauvé. Il faut faire des choix éclairés et les assumer. Je sais que ce que je vous demande dépasse peut-être vos épaules de préfet. Mais adapter le confinement aux circonstances particulières du Finistère serait l’occasion pour vous de démontrer que vous n’êtes pas seulement le Missi Dominici de Matignon mais surtout l’avocat des Bretons du bout monde. Vous ne seriez pas seulement le responsable de la « mise en œuvre des politiques définies par le Gouvernement », pas seulement le héraut de la tradition centralisatrice française mais aussi en prise directe avec les préoccupations quotidiennes des Finistériens. Nous comptons sur vous.

Christian LE GALL

Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place. 

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