« Les femmes et les enfants d’abord ! » (Chronique du long confinement qui passe. – 5)

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Bon, d’accord, le petit roi nous a rassuré… nous ne partirons pas tout de suite pour Narayama. La date de notre « départ » n’est pas confirmée, parce qu’elle reste indéterminée. « Forcément », comme disait la Duras. Nous avons une interrogation : pourquoi met-on les enfants en avant ? Les pauvres petits, le Onze Mai, tout de même, ne serait-ce pas trop tôt ? Grâce aux rodomontades de Meuhlenchon et de Marie-Noëlle, le sire Blanquer ne s’est pas pris les pieds dans le tapis… tss ! Passé en seconde main, après la longue très longue intervention, le dimanche 19 avril après-midi (j’ai fini par roupiller), du grand patron des ministères, le chef des instituteurs a pris le soin de distancier les sorties de nos petits moutons *. Ils vont pouvoir repartir à l’école, se faire disrupter (aïe !) le bon sens qui leur est naturel par la rigueur des normes… En tout cas, à première vue, c’est assez imprudent.

Cela m’a rappelé la phrase de sauvetage servie à l’occasion des grands naufrages avant l’embarquement dans les chaloupes : « Les femmes et les enfants, d’abord ! ». Ce qui a toujours été. En principe… Cela a été vrai pour le Titanic, faux pour le Drummond Castle qui coula en 15 minutes. Il n’y eut que trois survivants, sur les 361 passagers et hommes d’équipage – de bons nageurs découverts le lendemain par des caseyeurs de Molène et d’Ouessant. Ce fut vrai pour le Lusitania, ce qui sauva 764 personnes (sur 2000 passagers et hommes d’équipage)… Cependant, le commandant du paquebot, William « Bowler Bill » Turner, ne mourut pas à la passerelle… tss ! Cette fois c’était la faute à un U-Boot allemand (le U-20) commandé par le Kapitänleutnant Walther Schwieger. Pour sa défense devant cet acte inhumain, disons que le Lusitania transportait secrètement 5 248 caisses d’obus, 4 927 boîtes de 1 000 cartouches chacune et 2 000 caisses de munitions d’armes de poing ou 5 468 caisses d’obus shrapnel et cartouches. On ne sait…

De tous les naufrages, le plus beau reste celui de La Méduse… ne serait-ce qu’en raison du tableau d’un peintre de génie, Théodore Géricault (mort à 32 ans, en janvier 1824). Son « radeau » (peint en 1818-1819) est un archétype, un « modèle général » de peinture romantique. Sur les planches mal ajustées figurent plusieurs survivants de cette abomination qui remua les foules au cours de la Seconde Restauration, Louis XVIII régnant. Il y a Joseph, un « Black » qui brandit un lambeau de chemise pour alerter le brick L’Argus qu’on aperçoit dans les lointains. Belle revanche… Le tableau fera scandale, comme a fait scandale, en 1821, la parution des témoignages de deux survivants (sur quinze) qui ne s’en laissèrent pas compter : Alexandre Corréard, ingénieur-géographe, comme on disait alors, et Henri Savigny, chirurgien de la Marine. Ils sont passés à la postérité pour le récit complet qu’ils donnèrent de cette abominable aventure : Naufrage de la frégate « La Méduse » : faisant partie de l’expédition du Sénégal en 1816.

En 1815, on y regardait à deux fois pour donner un commandement aux officiers. Comme Hughes Duroy de Chaumareys était du bon côté, le ministre de la Marine, François-Joseph de Gratet, vicomte Dubouchage, le préféra à François Ponée, un marin granvillais assez gaillard. En poste à l’île d’Aix, celui-ci avait offert que La Méduse, une belle frégate construite en 1810, à Paimboeuf, au chantier de Michel Louis Crucy, favorisât la fuite de Napoléon vers les États-Unis en ce mois de Waterloo. La présence du Bellerophon ruina la tentative… Ledit Chaumareys était né en Corrèze, en 1763, à Vars (sur-Roseix, depuis 1919). Cela le destinait évidemment à la marine… Il avait fui les coupeurs de cou, dès 1790, et s’était retrouvé à Quiberon (demandez où à M. « Nédéleg ») mais du côté de la pointe du Conguel, au régiment d’Hector qui marchait avec de belles vestes rouges. C’était en 1795, en juillet. Les nouveaux débarquants arrivaient un peu tard. Ils se firent avoir et Chaumareys fut fait prisonnier. Il réussit à échapper aux douze balles dans la peau, à lui dévolues, en compagnie du sire d’Antrechaux. Il passa en Westphalie où il épousa Dame « Sophie Élisabeth von der Brüggeney (genannt Hasenkamp) » ! Au moment du naufrage, il commandait la frégate au petit bonheur la chance, serrant au plus près le rivage alors qu’il frôlait les hauts-fonds du banc d’Arguin et avait ordre de naviguer à plus de vingt lieues de la côte. Il ne sauva que « des gens de qualité ». C’était dans le « goût » du temps… tss.

Pour avoir participer à de belles campagnes de chainchards sur Ouessant, je ne vous en raconterais pas davantage. Féru de voir du sang, je me suis tout de suite procuré une carte des naufrages qui se sont produits entre les phares de la Jument et de Nividic et le port du Stiff, sinon du côté de l’île Keller. Ce n’était pas toujours de la vaisselle et des tonneaux de vin qu’on relevait sur les « plages ». Il y avait aussi des cadavres. La preuve, le lieu-dit « Cimetière des Anglais », là bas, au pied du Créach…

A y regarder de plus près, le mot d’ordre : « Les femmes et les enfants d’abord ! » ne s’applique pas tout à fait à notre naufrage de civilisation. Non, pas exactement. D’abord parce que les femmes sont quantité relativement faible au bilan quotidien mortuaire débité par Monsieur Jérôme… leur total ne vise que les exceptions « comorbides » (je vous prie de m’excuser !). Ce sont les hommes qui trépassent en nombre, les malheureux. N’empêche, ces dames partent les premières et c’est grave. Pour les gamins, y a pas l’feu ! On en connaît très peu qui y restent. Au point que ça remue les chaînes d’info. Sont-ils protégés par leur ange gardien, bien plus présent dans l’âge d’innocence que plus tard ? C’est sans doute la raison pour laquelle ils sont invités à monter les premiers sur le radeau instable de la Méduse-Covid, cette plateforme de charognes !

MORASSE

 * Regardez donc cette prestation d’un berger qui a tout compris

Illustration : Le Radeau de la Méduse, Théodore Géricault (Domaine public)
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