Nantes. Johanna Rolland (PS) part en croisade contre « l’islamisme radical »

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Grâce à Jérôme Fourquet, on peut aller à l’essentiel : l’importance de la communauté musulmane dans la République française et le nombre des individus favorables à l’islamisme radical. Ce que tous ceux qui ont discouru en long et en large, à l’occasion de l’assassinat de Samuel Paty, avaient négligé de faire. Johanna Rolland préfère « montrer qu’on ne transigera pas sur les valeurs de la République »  (Presse Océan, lundi 19 octobre 2020). À coup sûr, cela va effrayer les islamistes !

Beaucoup d’agitation après l’assassinat de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine. Mobilisation générale de la classe politico-médiatique : « La République » par-ci, « la République » par-là, « ils ne passeront pas », « nous ferons bloc »… On a même eu droit à des déclarations guerrières, comme celles de Johanna Rolland (PS), maire de Nantes : « Aujourd’hui, on ne peut céder ni à la haine ni à la peur dans ce combat contre l’islamisme radical » (Ouest-France, jeudi 22 octobre 2020). Rebelote après l’attentat de Nice. « L’horreur frappe une nouvelle fois la France. Ne cédons jamais (…) », tweete la maire de Nantes. Propos amusants lorsqu’on connaît l’importance de la délinquance à Nantes que ce soit dans les « quartiers » ou dans le centre-ville. En résumé, Mme Rolland n’est pas capable de faire régner l’ordre dans sa ville – ce qui est à sa portée -, mais entend lancer une croisade contre « l’islamisme radical » – ce qui n’est pas à sa portée. Chacun à sa place.

L’islamisme : un terreau favorable

Dans un bla-bla tous azimuts qui a, bizarrement, oublié de planter le décor et de s’intéresser au pourquoi et au comment de l’affaire. Car il y a un terreau favorable. C’est ce qu’explique Jérôme Fourquet, directeur du département opinion et stratégies d’entreprises de l’IFOP : « Les informations communiquées par les pouvoirs publics permettent une estimation de ce que les services spécialisés appellent le « haut du spectre ». Près de 1500 individus sont actuellement détenus soit pour appartenance ou lien avec une entreprise terroriste soit pour des faits de droit commun mais s’étant radicalisés en prison. La deuxième strate est constituée de 10 000 à 15 000 personnes recensées dans différents fichiers pour radicalisation (…)

Différents sondages menés par l’IFOP ces dernières années indiquent qu’environ un quart des musulmans (soit une proportion minoritaire mais non négligeable) campent aujourd’hui sur des positions radicales et adhèrent aux canons de l’idéologie islamiste…

En fourchette basse, la population musulmane est estimée à 6% de la population française d’après d’autres sondages de l’IFOP, soit 3 millions d’individus de 18 ans et plus. La minotité des musulmans épousant la vision du monde véhiculée par les tenants de l’islamisme radical représente donc environ 750 000 personnes » (Le Figaro, jeudi 22 octobre 2020).

Une autre donnée mérite réflexion : les islamistes « sont plus de 500 à être incarcérés en France ; 45 doivent être sortis avant la fin de l’année et une soixantaine l’an prochain » (Le Figaro, jeudi 22 octobre 2020).

On souhaite donc bien du plaisir au ministre de l’Intérieur, un certain Gérald Darmanin. Dissoudre des associations jugées islamistes, expulser des étrangers, c’est plus facile à dire qu’à faire car il faudra surmonter des obstacles bien connus : Conseil d’État, Conseil constitutionnel, Cour européenne des droits de l’homme, sans oublier les lobbies (Ligue des droits de l’homme, SOS Racisme, Licra etc.). Pour l’instant, les conseillers juridiques de l’Élysée s’existent : « On va virer rapidement 300 mecs fichés S, mais il reste environ 3 000 étrangers fichés S et considérés comme de dangereux radicalisés. Si les États concernés ne veulent pas les accueillir, il faudra prendre des mesures d’éloignement. » (Le Canard enchaîné, 21 octobre 2020). On demande à voir ce que donnera ce laïus lorsque l’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar et les autres se fâcheront sérieusement.

Un manque de courage politique

En ce qui concerne les expulsions, Thibaut de Montbrial, président du centre de réflexion sur la sécurité intérieure, dénonce le « manque de courage politique ». En effet, selon lui, « seules 15% des reconduite à la frontière, en matière d’expulsion d’immigrants clandestins, sont exécutées, notamment en raison du positionnement des pays d’origine (…) Les étrangers condamnés en France devraient faire leur peine dans leur pays d’origine. Les freins sont plutôt idéologiques, et viennent de corps intermédiaires, d’associations, dont le poids dans le débat est inversement proportionnel à leur représentativité dans la société française » (Le Télégramme, samedi 24 octobre 2020). Les « 300 mecs fichés S » ont donc encore de beaux jours devant eux…

Des malins qui parlent «  politiquement correct »

Les leaders de la communauté musulmane sont des malins ; ils ont appris à parler «  politiquement correct ». Ils sont donc capables de fabriquer du « sur mesure », comme le premier politicien venu. C’est le cas de Mohamed Zaidouni, président du Conseil du culte musulman en Bretagne, à propos de l’assassinat de Conflans-Sainte-Honorine. Évidemment il a réagi « avec émotion » à cet « acte inqualifiable et lâche, contraire à l’éthique du Prophète de l’islam ». Il condamne donc « avec la plus grande fermeté » cet acte « qui ne peut se prévaloir d’aucune religion. (…) Nos concitoyens musulmans, partie de la communauté nationale, sont pris en otages par cet acte violent et barbare, et craignent tout amalgame et surenchère partisane. » Mohamed Zaidouni lance donc un appel « au sursaut de la fraternité républicaine et de la solidarité nationale pour faire barrage à l’obscurantisme et à la violence. » (Dimanche Ouest-France, Bretagne, 18 octobre 2020).

Un politicien estampillé PS ou LR dirait la même chose.  Avec les mots obligatoires : « émotion », « acte inqualifiable », « fermeté », « fraternité républicaine », « faire barrage à l’obscurantisme », … Zaidouni a appris le métier ! Tellement qu’il pourrait devenir député de Bretagne comme Mustapha Laabid (Rennes) ou Sarah El Haïri (Nantes). Jamais deux sans trois !

Bernard Morvan

Illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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2 réponses à “Nantes. Johanna Rolland (PS) part en croisade contre « l’islamisme radical »”

  1. Andre COUTAND dit :

    La racaille va trembler !

  2. louis dit :

    mdr !!! sacré gaucho !

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