Nantes : « si la mairie voulait tuer le marché de Talensac, elle ne s’y prendrait pas autrement »

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Les filtrages mis en place le 8 novembre autour du marché de Talensac avec une très longue file d’attente ont laissé des traces durables : même si le 15, les policiers municipaux étaient plus corrects, la météo a plombé le marché et les clients se sont passés le mot pour éviter le marché. Résultat : un report (partiel) sur les autres marchés et des méventes, même en semaine. Malgré la venue de l’élu en charge des marchés dimanche 15, la grogne monte.

« Si la mairie  voulait tuer le marché de Talensac, elle ne s’y prendrait pas autrement ». Cette phrase revient souvent de commerçant en commerçant, ce 15 novembre, et ce malgré le fait que l’élu en charge des marchés, Hervé Fournier, a passé deux heures ce dimanche matin à discuter avec les commerçants – y compris, fait notable, des auvents. Auparavant, il s’est rendu sur le marché du Vieux Doulon, sous la pluie, où il n’y a pas de filtrages. Et où se sont reportés, dès que le temps a commencé à se lever un peu, vers midi, les clients qui normalement peuplent les allées de Talensac. 

« Nos clients se sont passés le mot, ils ne viennent plus…»

« Il y a moins de robocops ce dimanche mais nos clients se sont passés le mot, ils ne viennent plus ni le samedi, ni le dimanche, ni même en semaine. On travaille moitié moins », explique un commerçant sous la halle. A l’extérieur, même constat : « on fait au mieux 60% de la normale, souvent moins. C’est simple : les personnes âgées sont absentes. Celles qui le peuvent viennent vendredi, où il n’y a pas de barrière et donc pas de queue. Et comme le pouvoir d’achats, ce sont elles… bah on ne fait rien ».

Sous les auvents comme sous la halle, les méventes font monter la grogne : « les gens, c’est leur sortie du dimanche en famille, pour s’aérer un peu, penser à autre chose qu’au confinement. Qu’on ne me dise pas que c’est ici que se propage le virus. En réalité, comme notre gouvernement qui fait la guerre aux cafés, aux restaurants et aux lieux où les gens se rencontrent, la ville de Nantes fait la guerre aux gens, pas au virus », explique un marchand de primeurs.

Selon les commerçants, « on travaille moitié moins que la normale le samedi, entre la moitié et deux tiers moins le dimanche. Le vendredi, on fait 10 à 20% de mieux, ça ne compense pas ! », résume une vendeuse dans le bas du marché.

« Johanna dit qu’elle est pour les petits commerces, les circuits courts… qu’elle le prouve ! », s’exclame un producteur. Parmi les propositions faites à Hervé Fournier, « un coupe-file pour les personnes âgées. Qu’ils y mettent deux ASVP, y en a plus de dix ici, à tourner autour de nous, qu’ils ne nous disent pas qu’il n’y a pas les effectifs. Les coupe-file pour les personnes âgées, enceintes… ça existe même au supermarché, c’est la base ».

Le traitement réservé à Talensac mal compris par les commerçants et les clients

Sur les autres marchés, la situation à Talensac est sur toutes les lèvres : « on voit les gens venir un peu plus sur les autres marchés en semaine. Si l’objectif est de remplumer les Américains [mardi], la Petite Hollande [samedi] ou le Vieux Doulon [dimanche matin] sur le dos de Talensac, c’est réussi, mais d’une part les clients gueulent et d’autre part y a toujours une partie qui ne vont pas sur un autre marché, ils vont au supermarché et ceux là on va avoir du mal à les récupérer », explique un commerçant présent sur la plupart des marchés nantais.

« Aucun autre marché n’est traité comme Talensac et pourtant ça marche bien, c’est fluide,  y a pas de queue et les gestes barrières sont respectés », explique un vendeur de légumes. « La situation à Talensac, personne ne la comprend. La mairie affirme qu’il s’agit des mêmes normes que pour les supermarchés, mais qu’ils sortent un peu de leurs bureaux ! Personne n’applique ça dans les supermarchés, qui ne sont pourtant pas en plein courant d’air ni avec une voûte aussi haute… L’air circule beaucoup plus à Talensac que dans n’importe quel supermarché de l’agglomération ».

Vers une fronde ?

La situation du marché, devenue la cible privilégiée de la paranoïa sanitaire de la municipalité, inquiète aussi dans le quartier. « Pendant le 1er confinement, avec Talensac maintenu à l’intérieur puis en drive, on a pu conserver un minimum d’activité dans le quartier, avec la quincaillerie, des boutiques qui étaient ouvertes rue des Hauts-Pavés et à Viarme puisque Talensac l’était, ça faisait du bien », explique un riverain et commerçant. « Là, en tuant Talensac, ils noient tout le quartier ».

 D’autant que même en semaine, les allées sont bien vides. « Il faut dire à nos clients qu’il n’y a pas de barrières du mardi au vendredi », s’exclame un vendeur. Aux Américains, une cliente répond : « jusqu’à la fin du confinement, j’évite désormais Talensac, et je ne suis pas la seule ».

Les commerçants du marché commencent à trouver ces filtrages « longs et surtout inefficaces. Si  c’est pour nous mettre à nus, on peut aller le faire nous même, un strip-tease devant les bureaux de Johanna. Si dimanche prochain on ne fait encore rien, à un moment, on va en avoir marre, on va tous sortir de nos bancs et aller virer les barrières. Ce dispositif, c’est inefficace, injuste et surtout inutile. Ça commence vraiment à bien faire »

Louis Moulin

Crédit photo : Breizh-info.com
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