Covid-19. Gestion suédoise de la crise sanitaire : un échec, vraiment ?

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Revenons aujourd’hui sur le cas suédois qui a fait couler beaucoup d’encre. Ignorant totalement l’échec de leur propre pays dans la gestion de cette épidémie, certains médias mainstream français ont tenté de dépeindre une Suède en situation d’échec, contrainte d’ adopter enfin des restrictions le 24 novembre, laissant croire au public de notre pays que la Suède finissait par renoncer à la recherche d’une immunité de groupe et allait, en quelque sorte, finir par imiter la gouvernance française, phare de l’humanité.

Toutes ces informations sont biaisées et relèvent donc d’une présentation volontairement outrancière de la réalité. En fait, on est même dans la « fake news caractérisée » dont nombre de nos médias mainstream français (pas tous) sont coutumiers.

Quelle est la situation de la Suède au 26 novembre à 0h00 GMT ?

La courbe de mortalité de l’épidémie en Suède est la suivante : Le très léger rebond de novembre est très inférieur, dans son ampleur, à ce qu’il est en France et s’inscrit quasiment dans la mortalité d’une année normale. La mortalité est en baisse depuis le pic «2ème épisode» du 19 novembre à 35 décès seulement, elle est aujourd’hui comprise entre 15 et 7 décès par jour depuis le 19 novembre.

Pour comparaison, la France à atteint le pic du 2ème épisode à 932 décès le 13 novembre. Si sa mortalité est en baisse, elle a tout de même encore déclaré 592 décès le 24 novembre. Même en rapportant ces chiffre à la population 6 fois plus nombreuse en France qu’en Suède, on voit bien que la France a un taux de mortalité moyenne plus de 7 fois supérieure à celle de la Suède au cours de ce deuxième épisode épidémique.

Alors qui est vraiment en situation « d’échec » dans sa gestion de la crise sanitaire ? La Suède ou la France confinée ?

On voit mal pourquoi, alors que sa mortalité évolue favorablement, la Suède se confinerait pour faire plaisir à la France ou à l’UE et justifier ainsi les mesures prises dans les pays en situation peu brillante.

Quelles sont les mesures vraiment prises par l’exécutif suédois le 24 novembre 2020 ? Contrairement aux informations très ambiguës de nos médias mainstream, la Suède refuse toujours de confiner sa population.     L’exécutif suédois fait des «recommandations» et n’impose que très peu d’«obligations. La seule obligation de base décrétée le 24 novembre est de ne pas se regrouper à plus de huit sur l’espace public. On «recommande» de ne plus aller au gymnase (qui restent accessibles et ouverts à ceux qui le souhaitent) et de ne pas faire de fêtes (à plus de huit). Les bars et les restaurants restent ouverts mais ne servent plus d’alcool après… 22 heures. Tous les événements destinés au public comme les spectacles, manifestations, conférences, ou compétitions sportives restent autorisés, mais avec une jauge qui passe de 50 à 8 personnes. En accord avec ces recommandations, les musées publics et les piscines de Stockholm ou de Malmö ont fermé (Ils n’y étaient pas obligés en appliquant la règle des « huit »). On est très loin d’un confinement à la française.  Ces décisions «sans précédent dans l’histoire de la Suède», ne vont pas bouleverser la vie quotidienne des Suédois, ni l’économie du pays.

Pour clore le débat sur l’utilité du confinement pour réduire la mortalité, un bon tableau vaut mieux qu’un long discours :

Taux de mortalité par million d’habitants, depuis le début de l’épidémie,de 20 pays de plus de dix millions d’habitants (24 novembre 0h00 GMT)

Conclusion : Au rythme où vont les choses, la France confinée devrait dépasser le Mexique, les USA et le Brésil (qui n’a pas connu de confinement généralisé) au cours du mois de décembre. Elle et ses journalistes mainstream ne sont pas, et seront donc de moins en moins, en situation de prodiguer des conseils aux pays, comme la Suède, dont la gestion de la crise sanitaire a été objectivement meilleure que la sienne.

Partout où il a été appliqué dans le monde, le confinement n’a pas apporté les résultats qui en étaient attendus en terme de mortalité liée à l’épidémie. En revanche, il a contribué, en France, à la ruine de l’économie et à l’explosion d’une dette que nos enfants et nos petits enfants devront bien rembourser un jour. La solution suédoise n’était peut être pas la meilleure, mais elle était bien meilleure que la gestion française et que beaucoup d’autres en Europe occidentale et en Amérique latine.  Notons qu’aucun autre pays nordique n’a souhaité expérimenter le confinement à la française, avec ses ridicules autorisations de sorties qui font rire ou compatir le monde entier. Notre pays est, hélas, devenu l’Absurdistan aux yeux de nos « meilleurs alliés ».

Même la Corée du Nord en rigole…

Général (2s) Dominique Delawarde

Illustrations : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. On constate sur le graphique du taux de mortalité que le Portugal est bien moins touché que la France , alors que les mesures de confinement y sont beaucoup plus souples ( restaurants ouverts jusqu’à 22 heures etc …)

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