Langues régionales. Le Sénat adopte une proposition de loi sans envergure

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La proposition de loi sur la « Protection patrimoniale et promotion des langues régionales » portée par le député breton Paul Molac a été débattue au Sénat le 10 décembre dernier. Qu’en retenir ?

Langues régionales : une (petite) victoire…

Paul Molac, député du Morbihan membre du groupe Libertés et territoires, aura-t-il bataillé en vain ? Sa proposition de loi sur la « Protection patrimoniale et promotion des langues régionales » a été au cœur des débats au Sénat jeudi 10 décembre avant d’être finalement adoptée. Le texte avait déjà très largement perdu de sa substance après un passage en première lecture à l’Assemblée nationale. Il devra d’ailleurs être soumis à une nouvelle lecture de la part de cette dernière avant d’être définitivement voté.

Pour Paul Molac, cette adoption est « une victoire qui vient récompenser des années d’efforts conjoints, menés par les associations et certains élus, pour permettre la sauvegarde, mais également la promotion de nos langues. »

Parmi les mesures apportées au texte voté en première lecture au mois de février 2020, les amendements notamment déposés par les sénateurs Max Brisson et Frédérique Espagnac ont été adoptés. Ce qui a conduit au rétablissement de l’article relatif à la généralisation de l’enseignement en langue régionale.

Autre bonne nouvelle, tout particulièrement pour le réseau Diwan, le forfait scolaire effectif destiné à sécuriser le financement des écoles immersives sous statut associatif a aussi été voté par les sénateurs. De quoi donner un peu de visibilité à des réseaux dont la survie est régulièrement remise en cause.

Accents bretons et catalans : maigre consolation

Quant aux accents sur les prénoms, dont le feuilleton du petit Fañch et de son tilde avait mis en exergue l’absurdité du problème en Bretagne et le jusqu’au-boutisme d’une administration jacobine obtuse, la signalétique bilingue sera désormais reconnue dans la loi avec l’autorisation, via l’article 9, des signes diacritiques en langue régionale dans les actes d’état-civil.

Des accents qui concernent aussi les Catalans : n’existant pas en français, les lettres catalanes í, ó, ò et ú n’étaient pas reconnues jusqu’à présent. Impossible pour des parents de prénommer ainsi leurs enfants Galí, Artús ou Cristòfol sans avoir recours à une validation de la part de la justice. Idem pour les petits Lluís, Núria ou encore Llívia, actuellement interdits par les services de l’état civil du département des Pyrénées-Orientales, la « Catalogne française ».

Enfin, rappelons que la proposition de loi de Paul Molac avait été contestée sur plusieurs points par le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer lors de son passage devant l’Assemblée nationale. Ce dernier s’opposait notamment à des éléments essentiels comme la généralisation à l’ensemble du pays de l’« exception corse » avec l’enseignement de la langue régionale sur le quota des horaires normaux d’une classe. Mais il était aussi hostile à l’obligation pour une commune qui ne dispose pas d’une école bilingue d’aider financièrement la commune qui reçoit les élèves qui souhaitent en bénéficier. Deux propositions qui ont finalement été rétablies par les sénateurs le 10 décembre.

Mais la nouvelle lecture du texte à l’Assemblée nationale avant le vote définitif du texte peut réserver des surprises. Pas forcément bonnes pour les défenseurs des langues régionales, bien que Paul Molac assure vouloir « convaincre» [ses] collègues députés de tous les bancs de voter en faveur des ajouts des sénateurs, dans l’intérêt de nos langues ». Un intérêt qui n’est pas partagé par tout le monde…

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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2 Commentaires

  1. Une fois encore, on amuse la galerie bretonne, en lui présentant, comme une « victoire », un texte vidé de sa substance. Mais nous en avons l’habitude. C’est le propre de notre régime parlementeur avec ses réécritures successives sur pression des médias ou de la rue nauséabonde. Sauf, qu’en la matière, c’est l’Etat profond qui dicte le jeu contre notre Nation.
    Paul Molac peut bien crier « victoire » (il se contente de peu, le bonhomme), il défend sa gamelle parlementaire. Et, comme tous ses congénères, il en vit bien. C’est pourquoi, il feint d’ignorer que « la démocratie, c’est cause toujours ! ». A l’opposé des Bretons réveillés.

  2. Jakez, personne ne prétend que c’est une victoire. Mais si rien n’est fait, c’est une défaite pour Diwan et tous les autres !

    Se plaindre est très français, ce qui est breton c’est d’agir :
    – contactez vos députés si ce n’est pas fait. Les Parlementaires bretons devront être présents au vote l’an prochain !
    – regroupons nos forces, sur les réseaux sociaux et dans le monde associatif,
    – essayons de partager le point de vue breton auprès des autres hexagonaux, qu’ils soient de gauche ou de droite – non au ‘linguicide’ !

    La mauvaise habitude qu’ont les Français de se plaindre, vient de leur situation face à l’État absolutiste jacobin, qui les réduit à la passivité. Pourtant, on peut agir sur l’État.

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