Olivier Duhamel accusé de pédophilie : l’affaire du siècle ?

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 La Familia grande,  livre écrit par Camille Kouchner, fille de Bernard Kouchner et d’Evelyne Pisier, a été publié ce jeudi 7 janvier. Elle y accuse son beau-père Olivier Duhamel de pédophilie pour avoir abusé sexuellement de son frère jumeau à partir de 1988, alors qu’il était âgé de 13 ans.

Avant même sa sortie publique, la journaliste Ariane Chemin, journaliste au Monde , a consacré une longue enquête à cette affaire où elle reprend cette dénonciation sans mettre en doute la réalité des faits.

Au-delà du fait lui-même, on peut se poser la question de l’omerta dont aurait bénéficié cette figure de gauche de l’oligarchie républicaine et de la communauté intellectuelle germano-pratine, car il semblerait que de nombreuses personnalités de ce petit monde de l’entre-soi étaient informées de ces actes pédophiles.

En effet, qui ne connaissait pas Olivier Duhamel devenu président du Siècle en 2020, association qui regroupe des membres de l’élite républicaine ? Qui était donc Olivier Duhamel pour arriver à cette position exceptionnelle ?

Olivier Duhamel, un cursus républicain modèle 

Né le 2 mai 1950 à Neuilly sur Seine, il est le fils de Jacques Duhamel, plusieurs fois ministre sous la présidence de Georges Pompidou, et de Colette Rousselot, éditrice. Son frère Stéphane a été directeur de RTL, puis du journal  » La Provence « . Dans son livre Colette et Jacques , Olivier racontera les rencontres d’importantes personnalités dans sa jeunesse au foyer parental. Pour démarrer dans la vie, c’était un bon début.

En 1974, il épouse Leïla Murat, cousine de Salomé Murat, la femme d’Albin Chalandon  et descendante du Prince Murat. Après leur divorce, il se remarie avec la sœur de l’actrice Marie-France Pisier, la juriste et romancière Evelyne Pisier. Elle même est divorcée de Bernard Kouchner avec lequel elle a eu trois enfants qui vivront principalement au domicile de leur mère. Le nouveau couple adoptera deux enfants chiliens : une fille, Aurore, en 1987 et un garçon, Simon, en 1989. Olivier est veuf depuis 2017. Avec ces mariages, il conforte ses liens avec l’oligarchie politique, médiatique, artistique et économique de la bourgeoisie socialiste – libertaire bien pensante dans la continuité de l’esprit de 68.

Il en sera de même de son riche parcours professionnel. Agrégé de droit public, il a additionné de multiples fonctions. Il a  enseigné dans plusieurs universités et à l’Institut d’études politiques de Paris. Depuis 2016, il présidait la Fondation nationale des sciences politiques. Il a aussi assuré des missions dans le service public comme, par exemple, conseiller de deux présidents du Conseil constitutionnel, Daniel Mayer puis Robert Badinter de 1983 à 1995.

Par ailleurs, il remplit également une fonction d’éditeur au Seuil et chez Dalloz, la maison de référence pour les manuels et codes juridiques. Il est lui-même l’auteur de nombreux ouvrages juridiques et politiques dont les titres suivants et les noms des co-auteurs donnent une idée de ses choix idéologiques et de ses relations :

  • Chili ou la tentative révolution légalité, Gallimard, Paris, 1974
  • Changer le PC (parti communiste) ? Débats sur le gallo-communisme, (en collaboration avec Henri Weber),
  • Petit Dictionnaire pour lutter contre l’extrême-droite, avec Martine Aubry, Le Seuil, Paris, 1995
  • Petit Dictionnaire de l’euro, avec Daniel Cohn-Bendit  et  Thierry Vissol
  • Les Primaires pour les nuls, avec l’Institut Montaigne, éditions First, 21 avril 2016.

Depuis décembre 2010, il est avocat au barreau de Paris. A ce titre il est associé du cabinet d’avocats Veil-Jourde, celui des fils de Simone Veil. Il est membre du Club des juristes, qui réunit des juristes et des membres de grands groupes économiques.

Enfin, collaborateur de plusieurs médias, il a  assuré de 2004 à 2010 une chronique quotidienne sur l’actualité politique française et internationale dans l’émission des Matins de France culture. Depuis 2007, il participait à plusieurs émissions d’Europe 1 dont Médiapolis le samedi et le Club de la Presse. Il intervenait sur LCI plusieurs fois par semaine, notamment dans l’émission de David Pujadas. Il est également auteur de nombreux documentaires pour la télévision.

Il s’est enfin impliqué directement dans la vie politique, élu député européen socialiste de 1997 à 2004.

Cette connivence avec l’oligarchie républicaine trouve son couronnement quand, après avoir été vice-président du club Le Siècle de 2010 à 2012, il en devient président le 1er janvier 2020.

Quel est donc ce club à la fois très discret mais connu du grand public depuis qu’Emmanuel Ratier dans sa lettre  » Faits et Documents  » et dans le livre  » Au coeur du pouvoir  » a révélé son fonctionnement et la liste de ses membres?

Le Siècle, un club  » Au cœur du pouvoir « 

Fondé en 1944  par Georges Bérard-Quélin, ce club très fermé réunit des dirigeants politiques, économiques, culturels et médiatiques français. Son objectif originel est d’organiser la fréquentation de tous ceux qui ont un poste de pouvoir dans leur domaine de façon transversale pour qu’ils se connaissent sans tenir compte du clivage gauche-droite.

Selon l’économiste Gaël Giraud, un autre de ses buts serait de discuter des sujets prioritaires à traiter dans les rédactions des médias, c’est à dire d’orienter l’opinion des français. Cela expliquerait-il le ton très uniforme des principaux médias français?

Son mode de recrutement est très strict et démontre qu’il est impossible d’en devenir membre sans un solide parrainage de ce milieu très sélectif. On ne peut pas faire de candidature spontanée. Seuls deux membres du Siècle, dont, obligatoirement, un membre du conseil d’administration, peuvent présenter un postulant. Son admission est soumise à un vote : chaque membre du conseil d’administration dispose d’une boule noire (refus) et d’une boule blanche (acceptation). Chaque boule noire vaut deux blanches. Il faut donc avoir 67 % de boules blanches pour l’emporter. De plus, trois boules noires entraînent automatiquement le refus du candidat. Enfin, celui-ci, dans un premier temps, est simplement « invité ». Cette position peut durer plusieurs années jusqu’à ce que son statut soit  réexaminé. Selon le résultat, il sera soit coopté comme membre, soit remercié.

Au 1er janvier 2020, Le Siècle rassemblait 566 membres et 161 invités.

La liste des présidents, où se sont succédés les patrons de grands médias, des plus grands groupes industriels ou de l’Administration, permet de mesurer à quel point ce club est au coeur du pouvoir :

Du 18 août 1944 – 31 décembre 1949, Alof de Louvencourt, inspecteur général des finances

Du 1er janvier 1950 – 31 décembre 1965, Ludovic Tron, inspecteur général des finances et sénateur,

Du 1er janvier 1966 – 31 décembre 1968, Pierre Moussa, haut fonctionnaire et banquier,

Du  1er janvier 1969 – 31 décembre 1971, Jacques Fauvet, directeur du journal  » Le Monde « ,

Du 1er janvier 1972 – 31 décembre 1974, Marcel Boiteux, directeur général d’EDF,

Du  1er janvier 1975 – 10 septembre 1975, Jérôme Monod, haut fonctionnaire, membre ou directeur de cabinet ministériel,

Du 11 septembre 1975 – 31 décembre 1975, Pierre Mous

Du 1er janvier 1976 – 10 février 1976, Jean François-Poncet, diplomate et ministre,

Du 11 février 1976 – 31 décembre 1978, Jacques Fauvet

  • du 1er janvier 1979 – 31 décembre 1981, Maurice Ulrich, diplomate, membre de cabinet ministériel, PDG d’antenne 2,
  • du 1er janvier 1982 – 31 décembre 1984, Marceau Long, haut fonctionnaire, PDG de l’ORTF, vice président du Conseil d’état,
  • du 1er janvier 1985 – 31 décembre 1987, Simon Nora, inspecteur général des finances, membre de cabinet ministériel, DG d’Hachette,
  • du 1er janvier 1988 – 18 mai 1988, Roger Fauroux, inspecteur des finances, PDG de Saint Gobain, directeur de l’ENA, ministre,
  • du 19 mai 1988 – 31 décembre 1990, Marceau Long
  • du 1er janvier 1991 – 31 décembre 1993, Jean-Claude Paye
  • du 1er janvier 1994 – 31 décembre 1996, Jacques Rigaud, conseiller d’état, directeur de cabinet de Jaques Duhamel, PDG d’EDIRADIO ( RTL ),
  • du 1er janvier 1997 – 24 novembre 1998, Jean Dromer, inspecteur des finances, banquier, dirigeant de l’UAP puis de LVMH, a été à la tête de la French American Foundation de 1992 à 1996,
  • du 1er janvier 1999 – 31 décembre 2001, Gérard Worms, DG d’Hachette, associé gérant de Rothschild,
  • du 1er janvier 2002 – 31 décembre 2004, Louis Schweitzer, PDG de Renault, ministre,
  • du 1er janvier 2005 – 31 décembre 2007, Renaud Denoix de Saint Marc, conseiller d’état, membre du Conseil constitutionnel,
  • du 1er janvier 2008 – 31 décembre 2010, Denis Kessler, président de la FFSA, PDG de SCOR, VP du MEDEF,
  • du 1er janvier 2011 – 31 décembre 2013, Nicole Notat, secrétaire général de la CFDT,
  • du 1er janvier 2014 – 31 décembre 2016, Jean Veil, avocat,
  • du 1er janvier 201719 – 31 décembre 2019, Patricia Barbizet, directrice générale d’Artémis de 1992 à 2017, présidente du conseil de surveillance de Pinault-Printemps-Redoute,
  • du 1er janvier 2020 – 4 janvier 2021, Olivier Duhamel,

Parmi les membres actuels ou anciens du Siècle, on retrouve des personnes de l’entourage ou du parcours professionnel d’Olivier Duhamel : Bernard Kouchner, Elizabeth Guigou, Henri Weber, Richard Descoings, Robert Badinter, Nicolas Sarkozy, David Pujadas, Martine Aubry,..

Lors du dîner rituel du club, des journalistes intéressés sont venus essayer d’interviewer les participants sans succès. Cela n’illustre t-il pas cette pratique du secret de ce milieu?

Une omerta bien respectée

Dans son livre, Camille Kouchner affirme : « Je ne révèle rien dans ce livre. Tout le monde sait ».

Ariane Chemin nuance ce propos mais confirme que certains étaient au courant dans son article :« Tout le monde », non. Mais un bon nombre d’amis du couple, figures de la bourgeoisie intellectuelle parisienne. Beaucoup avaient 20 ans en 1968 et ont fini par composer une sorte de famille élargie, la « familia grande », s’amusait Olivier Duhamel, comme si le romantisme des révolutions sud-américaines avait irrigué ce réseau amical. Voici, tel que Le Monde a pu le reconstituer, ce que cette « grande famille » a appris depuis 2008 et préservé sans souffler mot. « Une véritable omerta », confirme un proche ami du couple, qui s’est éloigné quand il a su.

Cette fascination des révolutions sud américaines irriguait ce milieu. Evelyne Pisier a vécu une relation de 4 ans avec Fidel Castro à Cuba.

Parmi les habitués de la villa familiale de Sanary, on peut citer entre autres Fabienne Servan-Schreiber, femme d’Henri Weber, Patrick Rotman, Jean Veil, fils de Simone Veil, l’ex-ministre socialiste de la justice Elisabeth Guigou – future présidente de la commission sur les violences sexuelles commises contre les enfants, créée en 2020.

On y retrouve nombre de militants de 1968 dont un un slogan était de  » jouir sans entrave « . En janvier 1977, une tribune pétition, dont  Bernard Kouchner, Jack Lang,  Jean Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Louis Aragon, André Glucksmann, Gilles Deleuze, Roland Barthes, Francis Ponge étaient parmi les signataires, avait été publiée dans Le Monde et reprise dans Libération pour demander la dépénalisation des relations sexuelles avec des mineurs.

Ainsi, dans ce milieu,  la liberté sexuelle sans limite était acceptée. Jointe à la connivence et au culte du secret, cela expliquerait-il que l’omerta ait tenu si longtemps ?

Jean Theme

Crédit photo : CDeniaud/Wikimedia (cc)
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2 Commentaires

  1. Dans son Dictionnaire du XXIe siècle, Attali (qui d’après le livre d’Anne Fulda se vante d’avoir « inventé » Macron) nous promet qu’on pourra bientôt avoir des rapports sexuels avec des enfants virtuels (des « clonimages »).

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