Irlande du Nord. Le conseil municipal de Belfast va interdire l’affichage des groupes anti-avortement

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Le conseil municipal de Belfast, en Irlande du Nord, est en train de rédiger des règlements qui pourraient empêcher les groupes anti-avortement d’afficher des images évocatrices dans certaines parties du centre ville.

Michelle Kelly (Alliance Party), conseillère municipale qui a fait trois fausses couches, est derrière cette réglementation à venir sur laquelle travaillent les services juridiques de la ville. « Une femme sur quatre fait une fausse couche et elles ne devraient pas être traumatisées par des images de fœtus lorsqu’elles font leurs courses un samedi après-midi », a-t-elle déclaré en référence aux campagnes d’affichage, choc, contre l’avortement.

« J’ai fait trois fausses couches. L’une était précoce, mais les deux autres ont eu lieu tardivelent. Ma dernière fausse couche remonte à la veille de mon élection au conseil municipal en 2019. Quelques semaines plus tard, j’étais en ville et je suis tombée sur des images graphiques affichées au stand anti-avortement de Cornmarket. Cela m’a profondément bouleversée et m’a rappelé tout ce que j’avais vécu. C’est ridicule que des femmes qui ont fait des fausses couches soient exposées à cela. Je dois maintenant éviter complètement ce quartier de la ville. Je soutiens le droit de protester, mais cela ne doit pas impliquer de retraumatiser qui que ce soit »

Le service juridique de Belfast est en train de rédiger un règlement qui interdirait l’affichage dans des zones désignées d’images jugées potentiellement choquantes pour les visiteurs. Mais Michelle Kelly souhaite aller plus loin et que le Parlement nord Irlandais (Stormont) réfléchisse à une généralisation de ce changement législatif.

« Une tentative de réglementer l’affichage de ces images sera probablement attaquée en vertu de l’article 10 de la loi sur les droits de l’homme qui autorise la liberté d’expression. Il faut amener le débat. La liberté d’expression ne signifie pas être irresponsable. La liberté d’expression ne doit pas donner à quiconque le droit de retraumatiser ceux qui ont déjà vécu des expériences déchirantes ».

En Irlande du Nord, à la faveur d’une suspension de fonctionnement des institutions, la Grande Bretagne a autorisé l’avortement. Votée en juillet 2019, la loi est entrée en vigueur le 31 mars 2020 malgré l’opposition du parlement Nord Irlandais qui n’avait pas le pouvoir sur la question. Les évêques d’Irlande du Nord, dans un communiqué commun, avaientqualifié la légalisation de l’avortement de « jour tragique pour les enfants à naître ».

Les IVG sont actuellement possibles, en Irlande du Nord, au cours des 12 premières semaines de la grossesse. Une limite de 24 semaines s’applique dans les situations où la poursuite d’une grossesse comporte un risque d’atteinte à la santé physique ou mentale de la femme. Mais il n’y a pas de limite de temps en cas d’anomalie fatale du fœtus : risque de mortalité important ou grave déficience mentale ou physique.

Un parti politique, le DUP (Democratic Unioniste Party), propose une nouvelle loi pour interdire les avortements en cas de diagnostic de handicap non fatal, comme la trisomie 21.

Le ministère de la santé indique que 1 091 notifications d’interruption de grossesse ont été recensées depuis l’entrée en vigueur de la loi. Le gouvernement britannique fournit des fonds pour permettre aux femmes du Royaume-Uni qui souhaitent avorter de continuer à se rendre en Angleterre.

Légalisé depuis le 1er avril 2020, l’IVG suscite toujours autant de débats passionnés en Irlande du Nord (comme en Irlande). Les évêques de l’Irlande du Nord, dans un communiqué commun, avaientqualifié la légalisation de l’avortement de « jour tragique pour les enfants à naître ».

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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