Agressions de policiers, agents de la TAN : « à Nantes, tout part en c… »

Alors qu’un adjoint de sécurité de la brigade de nuit du commissariat de Rezé a été violemment agressé ce 28 mars à 1 heure du matin au cours d’une intervention, les agressions et violences se multiplient à Nantes, notamment contre les agents de la TAN. Un contexte de tensions et de violence se fait jour – et ne se limite pas à Nantes.

Hier, le 29 mars, un agent de la TAN a été violemment agressé à l’espace Diderot, sur la ligne 3, vers 20 heures. Il a été pris en charge par les policiers. Le conducteur avait demandé à un passager de mettre son masque, ce dernier l’a tiré vers l’arrière et l’a fait choir, avant de prendre la fuite. Il est recherché.

« On en a tous les jours », se confie, lassé, un chauffeur de bus. « On ne peut même plus dire, c’est le jeudi soir, le vendredi soir, le samedi soir, dans les quartiers, à Commerce. Non, ça arrive partout, sur n’importe quelle ligne, n’importe où, à n’importe quelle heure, c’est une agression par jour, au moins, et tout le monde s’en fout ».

Un de ses collègues, sur une autre ligne, abonde : « les gens sont très tendus, ils en ont marre d’avoir peur, de ne pas savoir de quoi demain sera fait, de devoir slalomer entre des injonctions et des interdictions qui ne relèvent plus du bon sens. Ils sont énervés, et même entre eux, ça part au quart de tour ».

Sur un autre bus, en ville : « on nous demande de faire respecter le port du masque, mais pour ma part, j’ai laissé tomber », confie ce chauffeur. « C’est comme pour les billets. Je ne veux pas me retrouver au CHU pour 2 €. Les gens font ce qu’ils veulent, car dès qu’on leur fait une remarque, ça part en live ».

Côté police, l’agression du 28 mars dernier à 1h du matin, était liée à une intervention pour tenter d’empêcher un épisode d’émeutes urbaines aux Bourdonnières, au sud de Nantes. Une heure avant, les policiers avaient surpris deux hommes qui traînaient un panneau descellé, et qui ont tiré pétards et fumigènes sur les forces de l’ordre avant de fuir. Les policiers s’étaient mis en planque au pont des Bourdonnières, et y avaient retrouvé un des suspects, armé d’un couteau.

Ce dernier a pointé son couteau dans l’aine de l’adjoint de sécurité qui tentait de l’interpeller, et ne s’est calmé qu’après deux tirs autour du suspect faits par le policier agressé et son collègue. Dans le sac du suspect, âgé de 19 ans, il y avait encore deux autres couteaux et une feuille de boucher. L’ADS était déjà connu pour avoir sauvé un homme qui voulait se jeter d’un pont en Loire-Atlantique en 2017 et avait eu la médaille d’honneur pour actes de courage et dévouement.

Secrétaire départemental de l’UNSA Police, Philippe Gérard se confie dans les colonnes d’Ouest-France : « c’est de plus en plus chaud, de plus en plus dur. Quand on part sur le terrain […] il y a beaucoup d’agressivité et un sentiment d’impunité qui s’est développé du fait de l’absence de réponse pénale ».

Pour ce policier chevronné nantais, « en ce moment à Nantes, tout part en couilles. Quand on va sur le terrain, il y a de la tension dans l’air, ce n’est pas pour rien qu’il y a plusieurs fusillades par semaine [trois fusillades cette semaine en 48h, encore trois la semaine dernière], même entre eux ça part pour un oui ou pour un non, et compte tenu de toutes les armes en circulation… ben ça tire. Même les gens en dehors des quartiers sont tendus comme des arcs, et s’ils décident de reconfiner, on sait très bien que ça va finir par exploser, peut-être à partir d’une interpellation qui va mal tourner ou d’autre chose. Et puis on sait très bien que la justice ne nous aide pas, les délinquants savent que quoi qu’ils fassent, ils seront dehors le soir même ou dans trois mois, et ça n’aide pas non plus ».

Louis Moulin

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

3 réponses

  1. Il faut que la justice retrouve ses lettres de noblesses pour etre juste et pas juste avec les criminelles en se montrant plus que laxiste et en leurs passant tout et bien sur les condamnations doivent etre revues à la hausse , sans oublier de vrais condamnations à vie pour les pires en attendant un probable retour de la peine de mort , et bien sur arreter comme le dis le policier de victimiser les racailles et criminaliser les policiers surtout que les policiers doivent pouvoir faire usage de la force sans etre constamment traités de violents ou racistes , l’usage de la force ou de la violence est un « mal » pour un mieux ou bien car laisser les racailles user de violence à l’encontre des policiers et condamner les policiers des lors qu’ils en usent pour repondre aux racailles

  2. il me semble il me semble disais je que les nantais ont renouveler le billet de la maire socialiste ?! oui : bon alors moralité il y a pas mal de masos a nantes !

    1. entièrement d’accord; depuis des années Nantes est devenue la grande ville où il y a le plus de manifs qui dégénèrent, tout est prétexte à manifestation …ce qui fait la joie des casseurs! Mais les Nantais ont donc renouvelé son mandat à madame Rolland la bien-pensante (« tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »…que ceux qui l’ont fait ne se plaignent pas. Pauvre ville!

Les commentaires sont fermés.

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

- Je soutiens BREIZH-INFO -

PARTAGEZ L'ARTICLE !

LES DERNIERS ARTICLES

ARTICLES LIÉS