Brittany Ferries. Après les aides du Conseil régional, celles de l’État ?

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En pleine tourmente économique, la situation financière de la Brittany Ferries inquiète au plus haut point. Après le vote d’une nouvelle aide de 6 millions d’euros par le Conseil régional de Bretagne, c’est désormais vers l’État que les regards se tournent tandis que 26 personnalités viennent de lancer un appel à sauver la compagnie maritime.

Brittany Ferries : la Région réserve une nouvelle aide de 6 millions d’euros

La compagnie Brittany Ferries est toujours au cœur de la tempête, entre crise du Covid-19, Brexit et effondrement de la Livre Sterling. Pour venir au chevet de l’armement breton qui a connu une forte baisse de son chiffre d’affaires en 2020, le Conseil régional de Bretagne a ainsi voté le 9 avril dernier le provisionnement d’une somme de 6 millions d’euros (qui ne sera donc pas forcément dépensée) qui correspond à une aide d’un million d’euros par mois, pour les six prochains mois, aux lignes de fret ouvertes par la Brittany Ferries en février entre Roscoff, Saint-Malo et l’Irlande.

Lors de cette séance du Conseil régional, le président de la Région Loïc Chesnais-Girard a précisé l’objectif de l’octroi de cette enveloppe visant à compenser un éventuel déficit de rentabilité que pourrait entraîner l’ouverture d’une nouvelle ligne : « Nous voulons réengager le trafic transmanche. Les 6 millions ne seront versés que s’ils sont nécessaires pour les trois allers-retours hebdomadaires et eurocompatibles. Mais si nous ne redémarrons pas, les flux vont se cristalliser sur les ports du nord. Ce réamorçage de la pompe, c’est pour montrer que nos ports doivent tourner ».

Loïc Chesnais-Girard n’exclut pas non plus que la Région Bretagne investisse dans le capital de Brittany Ferries en convertissant les prêts en participation, mais seulement « si c’était nécessaire », tandis que la collectivité a déjà versé une somme avoisinant les 40 millions d’euros depuis le début de la crise sanitaire en 2020 via des avances remboursables, des prêts et des subventions.

L’État en renfort ? Des personnalités appellent au sauvetage de l’armement breton

Outre le Conseil régional, qui a par ailleurs été imité par son homologue normand en matière d’aides à la compagnie maritime, de nouvelles mesures de soutien à Brittany Ferries seraient actuellement en préparation au ministère de l’Économie et des Finances, rapportait Le Télégramme le 14 avril. Quant au montant de cette nouvelle enveloppe potentielle, il n’a pas encore été dévoilé mais des négociations seraient en cours entre le ministère de l’Économie et la Commission européenne chargée du contrôle des aides d’État. Les sources citées évoquent pour certaines un « montant significatif » de « plusieurs dizaines de millions d’euros » quand d’autres annoncent une somme de 24 millions d’euros.

Dans un autre registre, plusieurs personnalités ont signé une tribune publiée dans Le Monde le 9 avril dernier avec un titre sans équivoque : Brittany Ferries : « Allons-nous abandonner derrière nous cette institution du monde maritime français et européen ? »

Parmi les 26 noms associés à cet appel à sauver une compagnie qui emploie 20 % des marins français, figurent ceux d’Olivier de Kersauson, d’Éric Orsenna, d’Eugène Riguidel ou encore de Jean-Louis Étienne. Des signataires qui, dénonçant la situation d’un armement « aujourd’hui en danger grave et imminent », en appellent à l’État pour ne pas laisser « mourir une compagnie au fleuron national, qui ne demande qu’à continuer de relier les pays celtes par les routes maritimes de l’Ouest »

La tribune interroge ainsi : « Laisserons-nous la finance imposer le diktat de sa manière de compter, de compter dans la singularité de cette aventure que pourtant le monde salue ? », tandis que pour les personnalités à l’origine du texte, le soutien de l’État à la Brittany Ferries doit avoir lieu « maintenant, quoi qu’il en coûte ». Un appel du cœur qui n’est, pour l’heure, pas parvenu jusqu’à Bercy. Dont « les générations de visionnaires, demi-paysans, demi-marins et travailleurs acharnés » célébrés dans le texte ne sont peut-être pas la priorité…

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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