Santé. Une étude révèle l’existence de plus de 500 gènes communs à l’anxiété et à la dépression

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De nouveaux travaux scientifiques viennent de permettre l’identification de plus de 500 gènes qui influencent à la fois la dépression et l’anxiété, confirmant ainsi l’existence d’un lien génétique entre ces troubles mentaux.

Plus de 500 gènes communs à la dépression et à l’anxiété

Une équipe de chercheurs australiens du QIMR Berghofer Medical Research Institute a mené une étude dont les résultats ont été publiés le 16 avril et qui a permis d’identifier 509 gènes qui influencent à la fois la dépression et l’anxiété, confirmant ainsi l’existence d’une relation génétique entre ces troubles de la santé mentale. Ces travaux sont les premiers à identifier autant de gènes communs à la dépression et à l’anxiété.

Eske Derks, professeur de génétique psychiatrique et principal auteur de l’étude, a rappelé par ailleurs que la dépression et l’anxiété sont les deux troubles psychiatriques les plus répandus dans le monde et qu’ils se manifestent souvent chez une même personne.

« Jusqu’à présent, on ne savait pas grand-chose des causes génétiques qui expliquent pourquoi les gens peuvent souffrir de dépression et d’anxiété. Les deux troubles sont fortement comorbides, environ trois quarts des personnes souffrant d’un trouble anxieux présentant également des symptômes de trouble dépressif majeur », a-t-il déclaré.

Troubles anxieux et dépressifs : la définition de l’OMS

Selon l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), 4,4 % de la population mondiale souffre d’un trouble dépressif et 3,6 % d’un trouble anxieux. En outre, de nombreuses personnes souffrent simultanément de ces deux troubles (comorbidité), et il est donc inapproprié de simplement additionner les deux chiffres pour obtenir un total des troubles mentaux courants.

De plus, l’OMS définit les troubles dépressifs comme étant caractérisés par la tristesse, la perte d’intérêt ou de plaisir, des sentiments de culpabilité ou de dévalorisation, des troubles du sommeil ou de l’appétit, une sensation de fatigue et un manque de concentration. Ils peuvent être durables ou récurrents et altérer considérablement la vie quotidienne d’un individu.

Quant aux troubles anxieux, l’organisation les présente comme un groupe de troubles mentaux caractérisés par des sentiments d’anxiété et de peur, notamment le trouble anxieux généralisé, le trouble panique, les phobies, le trouble d’anxiété sociale, le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) et le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Comme pour la dépression, les symptômes peuvent aller de légers à graves et peuvent se manifester par des changements physiologiques tels qu’une augmentation de la pression sanguine.

400 000 profils analysés

Pour conduire leurs travaux, les scientifiques ont analysé les dossiers de 400 000 participants de la UK Biobank (Banque Biologique du Royaume-Uni), en regroupant les génomes au fur et à mesure et en compilant une liste de 28 traits individuels et partagés. Puis, à l’aide de plusieurs outils de modélisation, ils ont recherché les chevauchements et ont testé les résultats par rapport à une base de données de 1,9 million de personnes ayant déclaré être anxieuses ou dépressives.

À la suite de quoi le groupe de chercheurs a indiqué avoir identifié 674 gènes associés à la dépression ou à l’anxiété. Observation notable : environ trois quarts de ces gènes étaient partagés. Une découverte importante pour Eske Derks, qui a souligné que l’on ne savait « pas grand-chose, jusqu’à présent, sur les causes génétiques des raisons pour lesquelles les gens peuvent souffrir de dépression et d’anxiété ».

Tandis que le constat sur le rôle clef de la variation génétique dans le degré de névrose d’un individu avait déjà été fait, les professionnels de la santé mentale disposent désormais d’une feuille de route plus détaillée pour trouver les réponses à quelques unes des principales inconnues concernant les raisons pour lesquelles certaines personnes plus que d’autres peuvent éprouver une telle détresse mentale.

Cette nouvelle base de données d’informations génomiques contribuera à structurer les futures recherches génétiques et psychiatriques.

Crédit photo : Flickr (CC BY NC SA 2.0/Nils Werner) (photo d’illustration)
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