Protocole en Irlande du Nord. De jeunes loyalistes n’excluent pas le recours à la violence

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Le Royaume-Uni a appelé lundi l’Union européenne à trouver un accord au sujet des difficultés posées par les dispositions douanières post-Brexit en Irlande du Nord (le fameux Protocole) avant le 12 juillet, date symbolique s’il en est une en Irlande du Nord, pour la communauté unioniste et protestante.

Pour le moment, chacun campe sur ses positions, et la menace d’un regain de violences ne semble pas effrayer plus que cela les bureaucrates à Bruxelles, alors même que cette menace est bien réelle.

Cette semaine par ailleurs, un membre du Loyalist Communities Council (qui regroupe les organisations paramilitaires loyalistes dans l’optique d’un dialogue avec les autorités) était interrogé à l’Assemblée d’Irlande du Nord.  Ce jeune homme de 19 ans a déclaré qu’il envisagerait personnellement de recourir à la violence au sujet du protocole d’Irlande du Nord s’il n’y avait aucun changement. « Je ne sais pas si et quand la violence sera la réponse. Je dis simplement que je ne l’exclurais pas de la table. Il y a certainement un point auquel on pourrait me pousser et où je pourrais être convaincu que la violence est la seule option qui reste. Je ne pense pas que quiconque doive se sentir en danger s’il n’a pris aucune part à tout cela. Mais je pense que si quelqu’un d’autre prend un fusil ou une arme et commence à se battre et que nous avons l’impression de devoir nous défendre… alors je suppose qu’il s’agit simplement de créer une réponse proportionnelle à toute provocation ».

Voir le débat :

Et Joel Keys  de poursuivre : « Je n’ai pas vécu les Troubles. Les membres de ma famille m’ont dit à quel point c’était terrible et c’est pourquoi je voudrais éviter la violence à tout prix… ou seulement en dernier recours. Mais je dirais aussi que mon expérience du conflit et de la guerre n’est pas pertinente lorsque nous parlons de ce que je pense être juste. Les explosions de violence auxquelles nous avons assisté dans tout le pays en sont le reflet et sont un moyen pour ces jeunes d’exprimer leur colère et leur frustration. Bien que je ne sois pas d’accord avec leurs méthodes, je comprends leur frustration »

Peter Sheridan, ancien chef adjoint de la police nord irlandaise a qualifié les commentaires de M. Keys de naïfs, ce qui témoigne également d’une certaine fracture générationnelle entre ceux qui ont vécu les Troubles et ceux qui ne l’ont pas vécu. « C’est peut-être le point de vue de quelqu’un qui n’était pas là lorsque 3 700 personnes ont perdu la vie et que des dizaines de milliers de personnes ont été blessées dans une horrible campagne de violence au cours des 30 dernières années. Même en envisageant cela dans cette société, certaines personnes qui expriment ce point de vue doivent réfléchir longuement et sérieusement à ce que cela signifie pour l’Irlande du Nord et son avenir. Ce genre d’insinuation sur la violence ne nous mène nulle part et les gens doivent simplement réfléchir à ce qui s’est passé dans le passé pour cet endroit. S’ils veulent vraiment assurer l’avenir de cet endroit et de l’Union, ils doivent le faire fonctionner, en faire le meilleur endroit où vivre, et non menacer de violence et de destruction, car cela n’assurera certainement pas l’avenir de cet endroit.»

Lors de l’audition de la commission des affaires intérieures, le président du LCC, David Campbell, avait prévenu que l’Irlande du Nord se trouvait dans sa « situation la plus dangereuse depuis de nombreuses années » et qu’elle pourrait « basculer dans la violence ». Il a également accusé le gouvernement de Dublin de minimiser l’impact potentiel d’une frontière maritime en mer d’Irlande au sein de la communauté unioniste.

La députée SDLP Claire Hanna a déclaré qu’elle s’opposait à ce que le LCC ou tout groupe représentant les paramilitaires témoigne devant une commission de Westminster. Elle a ajouté que tout groupe paramilitaire était « un obstacle à la réconciliation et une force oppressive dans de nombreuses communautés ». Le député DUP Gregory M. Campbell a déclaré que les groupes paramilitaires loyalistes avaient été impliqués dans un processus de « transformation » pour s’éloigner des activités criminelles et qu’elles avaient fortement diminué ces dernières années. Gerry Kelly, du Sinn Fein, a qualifié les commentaires du LCC concernant le protocole de « très préoccupants », ajoutant : « Affirmer que la violence ne peut être retirée de la table est totalement inacceptable et ces remarques doivent être clarifiées. »

Pour vous informer sur la situation en Irlande du Nord, lisez cette interview de Billy Hutchinson, ou encore celle de Jamie Bryson, réalisées par nos soins.

Crédit photo : breizh-info.com
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