Apprentissage du Breton. Un dialogue intéressant entre Alice Ayel et Daniel Kline

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Voici un entretien réalisé par Alice Ayel, professeur de français, articulé autour de la méthode peu connue en France : l’apprentissage d’une langue de façon naturelle.

Un dialogue avec Daniel Kline, bretonnant, qui évoque son expérience avec plusieurs langues.

La méthode d’acquisition naturelle d’une langue est basée sur les recherches et travaux du docteur Stephen Krashen (aux États-Unis –https://en.wikipedia.org/wiki/Stephen_Krashen en anglais) et du docteur Beniko Mason (au Japon –http://beniko-mason.net/about/ en anglais).

Ils ont démontré qu’il y a six conditions pour acquérir une langue naturellement :

Condition 1 – Comprendre :

Quand on comprend ce qu’on entend et ce qu’on lit, alors notre cerveau assimile, acquiert la langue de manière naturelle.

Le Dr. Krashen l’a appelé « l’input compréhensible » (contenu compréhensible). Le contexte des éléments qui sont présentés à notre cerveau, vidéo, audio, texte, doit être compris pour que notre cerveau puisse acquérir de manière inconsciente la langue. Ainsi, notre cerveau absorbe les nouvelles structures, le nouveau vocabulaire, la nouvelle langue inconsciemment, sans effort et pour toujours.

Par conséquent, le contenu compréhensible est nécessaire et suffisant pour acquérir une langue.

Condition 2 – Optimiser :

Notre cerveau a besoin de beaucoup de contenu compréhensible pour acquérir une langue. Il a besoin d’énormément de contenu compréhensible riche est très intéressant pour assimiler le nouveau langage.

Les Dr. Krashen et Mason nomment ce contenu, « l’input optimal » (contenu optimal). Il est nécessaire que ce contenu soit abondant et nous intéresse pour pouvoir progresser.

Condition 3 – Assimiler :

L’apprenant d’une deuxième langue passe à peu près par les mêmes étapes que l’enfant avec sa langue maternelle. Ainsi, l’apprenant va comprendre le nouveau contenu compréhensible en s’appuyant sur les bases déjà acquises soit dans sa langue maternelle soit dans la nouvelle langue. Il va déduire les contextes, les règles de grammaire ou encore le vocabulaire grâce à son passif. Plus l’apprenant sera soumis à du contenu riche, compréhensible, optimisé, plus il progressera dans l’acquisition de la langue.

Condition 4 – Acquérir :

« Acquérir » est différent « d’apprendre ».

Apprendre signifie Connaître, être informé d’un savoir-faire, de quelque chose d’utile, être informé d’une connaissance par l’étude, par la pratique, par l’expérience.

Acquérir signifie arriver à obtenir une qualité ou une connaissance le plus souvent par une recherche. Acquérir, c’est posséder quelque chose.

A contrario des méthodes traditionnelles, le processus d’acquisition se fait de manière inconsciente et intuitive. L’apprenant développe une capacité d’intuition, une intuition de la langue parce qu’il l’a acquise grâce à du contenu compréhensible et non basé sur la forme de la langue. C’est dans la nature humaine d’acquérir des connaissances.

Condition 5 – Absorber :

Une fois les bases de la nouvelle langue acquises, le cerveau va automatiquement chercher à produire du contenu et naturellement trouver des solutions pour y parvenir. Des erreurs seront présentes mais le contexte sera juste. Ainsi, l’apprenant pourra produire naturellement et inconsciemment, des phrases dans la nouvelle langue. Il pourra échanger dans un contexte naturel. Il pourra ensuite, étudier la nouvelle langue s’il souhaite perfectionner la structure grammaticale ou compléter son vocabulaire.

Condition 6 – Se détendre :

Cette condition, qui semble évidente, ne l’est pas. Combien d’entre nous sont bloqués, stressés à l’idée d’apprendre une nouvelle langue ?

Sans cette condition, notre cerveau ne peut pas faire le travail d’absorption, d’assimilation du nouveau langage. Il ne peut pas absorber le nouveau vocabulaire et la grammaire de manière inconsciente et intuitive. Cette condition est par conséquent absolument nécessaire, c’est la confiance en soi.

Le Dr. Krashen a émis cette hypothèse du filtre affectif. Ce filtre affectif va être élevé si le contenu n’est pas compris par l’apprenant. S’il est soumis à un contenu compréhensible, l’apprenant va se détendre au point de ne plus penser à la nouvelle langue mais au déroulé de l’histoire. Le filtre affectif est alors au plus bas.

Dans la pratique, le professeur raconte des histoires oralement en expliquant par le dessin sur un tableau et en mimant les attitudes si nécessaire (à la manière d’un adulte qui explique quelque chose à un jeune enfant).

Les histoires peuvent être des œuvres simplifiées et adaptées ou des histoires inventées. La répétition de mots est également essentielle.

Le seul but de l’apprenant est de comprendre l’histoire, de se focaliser sur ce qui s’y passe et d’oublier qu’il est en présence d’une autre langue.

Il est également mis à disposition, des contenus vidéos, audio et textuels adaptés, compréhensibles, intéressants et progressifs.

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