Brittany Ferries. L’avenir s’obscurcit encore davantage pour la compagnie bretonne…

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Avec un faible nombre de réservations de la part des passagers britanniques pour la période estivale, la saison 2021 de la Brittany Ferries a bien mal débuté. Face à un horizon financier qui s’obscurcit, la compagnie maritime se tourne désormais vers Emmanuel Macron.

Brittany Ferries : une « saison cramée » pour la compagnie bretonne ?

Brittany Ferries, fleuron maritime breton et premier employeur de marins français, plie mais ne rompt pas… pour l’instant. Tandis qu’au mois de mars, la compagnie dressait le bilan d’une année 2020 catastrophique en raison de la crise sanitaire avec un trafic passagers en chute de 70 % par rapport à 2019 et un chiffre d’affaires divisé par deux, les temps s’annoncent tout aussi difficiles pour cette année 2021.

De l’aveu de Jean-Marc Roué, président du conseil de surveillance de Brittany Ferries dans un entretien accordé au Marin et à Ouest-France publié le 16 juin, « la saison est cramée », d’ores et déjà. En effet, le président du Directoire de l’armement basé à Roscoff, Christophe Mathieu prédisait en mars dernier n’avoir « aucun doute que 2021 sera une autre année compliquée pour notre entreprise ». Et, près de trois mois plus tard, ses prévisions ont malheureusement été confirmées puisque la compagnie bretonne n’a enregistré pour l’instant que quelques 173 000 réservations concernant les mois de juillet et août prochains.

Si, au regard des 750 000 réservations recensées en juin 2019, ces chiffres paraissent dérisoires, c’est surtout la comparaison avec le mois de juin 2020 et ses 242 000 réservations d’alors qui inquiètent.

La clientèle britannique fait défaut

Aussi, Jean-Marc Roué affirme que « 2021 sera pire que 2020 sur le transmanche ». À tel point que l’armement envisage de laisser deux de ses 12 navires à quai durant cette saison estivale. La principale explication de cette morosité concernant les réservations des passagers réside dans le maintien des restrictions sanitaires, tant en France qu’au Royaume-Uni. Avec une clientèle composée 85 % de Britanniques, on comprend donc aisément le pessimisme des dirigeants de la compagnie…

À l’angoisse du manque à gagner de cet été 2021 pour la Brittany Ferries, vient s’ajouter la problématique du remboursement des 117 millions d’euros du PGE (prêt garanti par l’État).

Face au poids des dettes cumulées, la compagnie maritime est-elle toujours maîtresse de son destin ? Une question à laquelle Jean-Marc Roué répond sans mystère : « Nous aurons besoin du concours des banques à l’hiver prochain » avec la possibilité d’un risque de défaut de trésorerie au printemps 2022. Selon le président du conseil de surveillance de Brittany Ferries, « l’attitude de l’État sera déterminante ». Il en va du sort de ses 2500 employés tandis que « le tribunal de commerce, ce serait pour nous la pire des catastrophes », détaille-t-il.

L’armement en appelle à Emmanuel Macron

En raison du cataclysme économique traversé par la compagnie maritime, Jean-Marc Roué estime que cette dernière devrait, à l’instar des stations de ski, bénéficier d’une prise en charge totale ou partielle par l’État du préjudice causé par la fermeture des frontières. Un montant évalué à 140 millions d’euros.

Mais le dossier de demande, sur lequel s’est penché le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) depuis le mois de septembre 2020, serait actuellement dans une « situation de blocage », affirme le président du conseil de surveillance de Brittany Ferries.

De son côté, le Ciri, mandaté par le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, préconisait un accord d’activité partielle longue durée pour un montant avoisinant les 19 millions d’euros ainsi que le refinancement du prêt garanti par l’état par un prêt long, un PGE sur 16 ans de 50 millions d’euros, l’abandon des créances Ademe pour 10 millions d’euros et des subventions de portage pour 20 millions d’euros.

Toutefois, face aux lenteurs administratives dont Paris a le secret, Jean-Marc Roué « en appelle à la décision du chef de l’État », considérant que « le président de la République est le seul à pouvoir décider du  »quoi qu’il en coûte ». » La bouteille à la mer lancée par la Brittany Ferries atteindra-t-elle l’Élysée ?

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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