Loïg Chesnais-Girard est-il un authentique progressiste ?

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Au conseil régional de Bretagne, trois groupes se veulent « progressistes ». Ses Membres sont-ils capables d’expliquer en quoi consiste ce concept ? D’autant plus que certains se situent dans la majorité et d’autres dans l’opposition…

Le terme « progressiste » est à la mode. Très présent au sein du conseil régional de Bretagne aussi bien dans la majorité que dans l’opposition. Dans le premier cas, deux groupes en revendiquent l’appellation : « Alliance progressiste des socialistes et démocrates de Bretagne » ( 28 membres, PS et associés) et « Communistes et progressistes » (quatre membres). Dans le second, on trouve « Nous la Bretagne – Ni breizhiz, centristes, démocrates, progressistes et européens » (neuf membres, LREM, MoDem, UDI).

Être en désaccord politique n’empêche pas de se retrouver sur le terrain idéologique, avec une même conception du monde. Pourtant, on aimerait bien savoir ce que tous les personnages entendent par « progressisme » – un colloque s’impose. Chaque conseiller régional irait de son petit couplet philosophique… Car Jean-Yves Le Drian nous a laissé sur notre faim avec sa petite boutique « Breizh lab – Les progressistes bretons » ; il a oublié de nous expliquer ce qu’il entendait par « progressiste ».

Emmanuel Macron est le premier à s’être emparé de l’expression dans un but utilitaire. C’était pendant le démarrage de la campagne présidentielle : « Je pense qu’aujourd’hui, le vrai clivage se situe entre conservateurs et progressistes » (Le Monde, samedi 3 septembre 2016). Mais la définition reste « encore très théorique. Si le mot « progressisme » a l’avantage d’être connoté de manière moins péjorative que « libéralisme », et de pouvoir toucher potentiellement un large public, il conserve une notion floue et fourre-tout, difficilement lisible par l’opinion » (Le Monde, 21/22 octobre 2018)

Il faut donc chercher ailleurs qu’au conseil régional des éclairages pertinents. Par exemple avec le politologue Jérôme Sainte-Marie : « Ce mot parle avant tout aux milieux aisés, aux gagnants de la mondialisation. Et très peu aux milieux populaires. Surtout il dénote d’un optimisme très décalé avec ce que ressentent la majorité des Français, qui anticipent plutôt une dégradation de leurs conditions de vie. » (Le Monde, dimanche 21 – lundi 22 octobre 2018).

On retrouve une tentative d’explication dans l’ouvrage d’Ismaël Emelien et David Amiel Le progrès ne tombe pas du ciel (Fayard 2019). Pour ces deux collaborateurs du président de la République, les choses sont claires : « Pour nous, le macronisme est une idéologie, même si nous préférons parler de progressisme » (L’Obs, 28 mars 2019). Mais leurs détracteurs leur reprochent d’avoir oublié de lire avant d’écrire. C’est une critique qu’on ne peut pas adresser à Jean-Claude Michéa qui, dans chacun de ses ouvrages, se fait un devoir d’aborder la question du progressisme – en lien avec sa critique du capitalisme. C’est le cas dans Le loup dans la bergerie (Climats) : « Si le véritable « progressiste » est d’abord celui qui exhorte tous les peuples de la Terre à faire de leur passé « table rase » et à en finir avec toutes les survivances du « vieux monde », alors il devrait être clair, en effet, que nul n’est mieux armé pour accomplir une telle tâche historique, que le système  capitaliste lui-même. »

Un débat s’impose donc dans l’hémicycle du conseil régional de Bretagne : qui sont les véritables « progressistes » ? Les socialistes ou bien les marcheurs… Il y a-t-il des « progressistes durs » et des « progressistes mous » ? Loïg Chesnais-Girard est-il lui-même un vrai progressiste ? On remarquera en effet que ce terme n’appartient pas à son vocabulaire ; on ne le retrouve ni dans sa profession de foi du premier tour des élections régionales ni dans celle du second tour. Cacherait-il son jeu ?

Autre constatation : nulle trace du « progressisme » et des « progressistes » dans son discours d’investiture (2 juillet 2021). On attend donc des précisions…

Bernard Morvan

Illustration : DR
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2 Commentaires

  1. C’est un progressiste, qui par opportunisme donne des gages d’adhésion au wokisme, tout en ménageant sa ligne tradi-breizhou. Bref, c’est un progressiste honteux qui fait le grand écart avec de bien gros sabots !
    Et vive les bigoudènes transgenres !

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