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Il s’est passé beaucoup de choses en Corse ces derniers jours. Les importantes mobilisations en soutien d’Yvan Colonna et les violents incidents ayant opposé jeunes nationalistes aux forces de l’ordre ont visiblement débloqué la situation politique sur l’île. Au point de voir le FLNC sortir de sa réserve et Gérald Darmanin promettre l’autonomie…
En Corse, un État sourd… et assassin ?
Après la tentative d’assassinat dont a été victime Yvan Colonna à la prison d’Arles le 2 mars dernier (qualifiée par ailleurs d’« acte terroriste » par le ministre de l’Intérieur le 16 mars), la Corse est en ébullition depuis deux semaines. Plusieurs manifestations réunissant des milliers de Corses se sont succédé sur l’île de Beauté et la responsabilité de l’État français, qualifié d’assassin, a été mise en cause suite au lynchage du nationaliste par un détenu islamiste.
Mais, outre la volonté de justice concernant cette agression réclamée par les manifestants, les mobilisations corses de ces derniers jours ont exprimé une colère plus générale face à la surdité dont a fait preuve Paris vis-à-vis des avancées politiques demandées par l’exécutif nationaliste à la tête de la collectivité territoriale depuis 2015.
Muré dans un centralisme égalitariste et brandissant l’argument de l’indivisibilité républicaine face à la moindre demande d’aménagement spécifique pour la Corse, l’État français a ainsi méticuleusement refusé toutes les invitations au dialogue proposées par le tandem Simeoni-Talamoni depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. C’est donc dans ce contexte que l’affaire Colonna a fait office de goutte d’eau. Ou plutôt d’étincelle…
Le FLNC ressort de l’ombre et soutient la jeunesse
Ainsi, dimanche 13 mars encore, de très violents affrontements ont eu lieu à Bastia entre des jeunes manifestants nationalistes et les forces de l’ordre après une nouvelle mobilisation en soutien d’Yvan Colonna.
Quelques jours plus tard, le 16 mars, c’est le FLNC (Front de libération nationale corse), ayant déposé les armes en 2014, qui est revenu dans le jeu en faisant parvenir un communiqué au quotidien Corse-Matin en réaction aux récents événements.
Après avoir rendu hommage à Yvan Colonna, le FLNC a ainsi mis en garde l’État d’un potentiel retour aux armes. « Le mépris engendre la colère, et la colère entraîne la révolte. Et chez nous, la révolte provoque l’insurrection », souligne l’organisation. Qui se voit confortée dans le choix passé de la voie militaire ? En Corse, on se plaît à dire depuis les dernières manifestations violentes que les jeunes nationalistes ayant affronté les forces de l’ordre ont obtenu davantage de concessions de la part de Paris en sept jours que l’exécutif insulaire en sept ans après s’être conformé à la voie électorale et pacifique.

Communiqué du FLNC. Source : Corse-Matin
Un constat partagé par le FLNC dans son communiqué, observant que « le seul rapport de force pouvait faire aboutir les justes revendications d’un peuple qui ne demande qu’à exister ». En parallèle, le Front de libération a donc relevé que, malgré les victoires démocratiques de 2015 et 2017 des nationalistes, la réponse de l’État français « fut l’ignorance » et « le mépris ».
Par ailleurs, le FLNC a déploré l’absence de « réaction de l’exécutif français » à « la monstrueuse tentative d’assassinat d’Yvan Colonna » avant de féliciter la jeunesse corse pour sa mobilisation : « À notre place, nous apportons notre soutien à la jeunesse corse en lutte. Avec la certitude que si l’État demeurait encore sourd, alors il ne pourra y avoir de sacrifice de la jeunesse qui n’entraîne une réaction proportionnée de notre part ».
Avant de conclure le communiqué par une dernière phrase laissant à présager d’un retour de la lutte armée sur l’île de Beauté si Paris s’obstine à ne pas prendre en compte la revendication des nationalistes: « Et rapidement, les combats de la rue d’aujourd’hui seront ceux du maquis de la nuit de demain ».
L’autonomie évoquée par Gérald Darmanin
Ce même 16 mars, Gérald Darmanin s’est rendu en Corse et s’est entretenu avec Gilles Simeoni, président autonomiste du Conseil exécutif de Corse, puis avec les présidents de groupe à l’Assemblée de Corse. Un ministre de l’Intérieur dépêché sur place dans l’optique de ramener le calme sur l’île et qui a semble-t-il, pour une fois, correctement jugé de la gravité de la situation.
À tel point que dans un entretien accordé à Corse-Matin, Gérald Darmanin a créé la sidération en déclarant : « Nous sommes prêts à aller jusqu’à l’autonomie ». Des propos en effet surprenants à quelques encablures du premier tour de l’élection présidentielle mais accréditant le fait que le rapport de force entamé depuis 15 jours a permis aux nationalistes se faire entendre lorsque l’on se rappelle qu’Emmanuel Macron a, durant tout son mandat, toujours fermé la porte à toutes les demandes politiques formulées par les dirigeants de l’île.
Suite à la déclaration du ministre de l’Intérieur, Gilles Simeoni a rétorqué sur France Inter le 17 mars que cette autonomie doit être « l’autonomie de plein droit et de plein exercice qui a été validé très majoritairement par les Corses notamment lors du dernier scrutin des élections territoriales en juin dernier. C’est un statut institutionnel qui existe déjà dans le droit constitutionnel français, même s’il s’applique à d’autres territoires. Je pense par exemple à la Polynésie. Un statut d’autonomie c’est un statut dans lequel il y a une répartition des compétences entre l’Etat et la collectivité qui exerce cette autonomie. L’Etat conserve les compétences régaliennes, la justice, la police, l’armée par exemple. Il y a ensuite un certain nombre de compétences partagées et enfin, il y a un troisième niveau de compétences qui sont totalement dévolues à la collectivité autonome qui les exerce et qui les exerce à travers l’exercice d’un pouvoir normatif qui est de nature législative. Ce pouvoir s’exerçant sous le contrôle, en France, du Conseil d’État ou du Conseil constitutionnel. »
Le président du Conseil exécutif, rappelant que les demandes concernent l’autonomie mais aussi la reconnaissance d’un peuple corse, la co-officialité de la langue corse ou encore le statut de résident, a souligné qu’elles étaient « portées par les nationalistes de façon historique ». En ajoutant que « l’accord sur la forme et le contenu de ce statut d’autonomie doit être défini avant la fin de l’année 2022. »
Enfin, Gérald Darmanin a tenu une conférence de presse le 17 mars à Ajaccio en conclusion de son déplacement en Corse :
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine
8 réponses à “Corse. Mise en garde du FLNC, visite de Darmanin, autonomie : le point sur les dernières évolutions [Vidéo]”
y’en a assez de tous ses cons de nationalistes, Corses, Bretons, Franco Espagnols etc. si la France ne leur donnait plus de subvention, surtout la Corse, ils crèveraient de faim, ce serait une immense mafia qui se métrait en place avec tout ce que cela implique, la Corse est la France, point barre ! l’autorité et la justice doit régner !
La Corse n’est pas la France ethniquement et culturellement, sauf à avoir tel une gauchiasse des problèmes avec la réalité, mais ça se soigne!
Les corses n’en ont rien à fiche que vous en ayez assez, surtout avec les stupidités que vous balancez et votre morale à deux balles. Qui plus est, il est question d’autonomie et non d’indépendance, ce qui est totalement différent. Donc la Corse resterait Française avec des subventions dû à son insularité, c’est ballot hein? Quand on ne maîtrise pas son sujet il vaut mieux se taire que de passer pour une quiche. À bon entendeur salut
Le quinquennat de Macron s’est traduit par des grèves, des manifestations, des émeutes, des révoltes de gilets jaunes, des convois pour la liberté…. Et aujourd’hui c’est la Corse qui s’enflamme.
Comment Macron peut-il être au plus haut des sondages, dans un pays qu’il a transformé en un cloaque bourbeux et puant ? Il faut croire qu’une bonne partie de nos concitoyens sont des boeufs doués seulement pour secouer la tête comme l’Âne Martin.
@Raoult Garone. Macron n’est pas au plus haut des sondages, mais plutôt autour de 3%.
Il n’y a qu’à regarder les résultats des régionales pour s’en faire une idée. Les sondages sont bidonnés pour faire croire au peuple que Macron a déjà gagné, et qu’il n’aille pas voté. C’est de la manipulation.
seule la violence paye dans ce pays
pour ma part j’irai le dire dans les urnes, s’abstenir c’est laisser ces gugusses aux manettes
Les »nationalistes » représentent une minorité des Corses puisque qu’un référendum a déjà été fait et les Corses ont demandé à RESTER »Français »…C’est toujours les »minorités » qui sont violentes pour imposer leurs idées aux autres…ce fut le cas de la »guerre d’Algérie » où les fellaghas n’étaient pas nombreux au début de la guerre, mais le F.L.N. répandait la terreur parmi les Algériens afin qu’ils lui obéissent!
Je vous informe que les nationalistes ont été élus pour la 3e fois à une très forte majorité avec un taux de votants largement supérieur. Il n’ y a jamais eu de référendum sur l’indépendance de la Corse. Les corses aspirent à une majorité à une autonomie élargie, ce qui est totalement différent. La fin de votre commentaire en comparaison est pathétique. Cessez de raconter n’importe quoi sur ce que vous ne maîtrisez pas, merci