Trop de pesticides dans l’eau du robinet : Eau et Rivières de Bretagne lance une nouvelle alerte !

eau du robinet

Trop de pesticides dans l’eau du robinet livrée dans les foyers bretons : un inquiétant constat qui incite l’association Eau et Rivières de Bretagne à alerter une nouvelle fois les pouvoirs publics sur la question. En lançant notamment une pétition en ligne.

Pesticides : la Bretagne toujours en eaux troubles

La Bretagne et les pesticides, une relation tumultueuse qui continue de faire des dégâts. Un sujet que connaît bien l’association Eau et Rivières de Bretagne, dont l’objectif est d’imposer la question de l’eau dans le débat public.

Une association qui s’évertue à faire entendre aux autorités l’urgence d’agir afin de garantir à la population une eau du robinet parfaitement saine en matière de pesticides. Mardi 10 mai, tandis que plusieurs de ses membres étaient réunis à Pontivy, Eau et Rivières de Bretagne a annoncé le lancement d’une nouvelle campagne visant à alerter sur la qualité de l’eau potable dans notre région.

Une initiative qui intervient quelques jours après seulement la publication d’une étude menée conjointement par l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) et l’Inrae (Institut national de la recherche agronomique) et dont les résultats des travaux confirment que l’ensemble des milieux terrestres, aquatiques et marins – notamment côtiers – sont contaminés par les produits phytopharmaceutiques.

La qualité de l’eau du robinet en question

Concernant cette qualité de l’eau du robinet, il y a justement beaucoup à redire selon Eau et Rivières de Bretagne. L’association tente d’alerter depuis de longs mois les pouvoirs publics sur la présence de résidus de pesticides dans cette eau. Une présence qui est due à l’utilisation d’un désherbant courant dans les activités agricoles.

En citant les chiffres de l’Observatoire de l’environnement en Bretagne (OEB), Eau et Rivières de Bretagne insiste sur le fait que dans 98,7 % des cours d’eau suivis en 2020 en Bretagne, les analyses relevaient la présence d’au moins un pesticide. De quoi en conclure qu’aujourd’hui, « les pesticides ou leurs résidus (appelés aussi métabolites) contaminent la quasi totalité de nos cours d’eau ». Un constat très loin de satisfaire l’ambition de l’association, qui souhaite que la population bretonne puisse « boire de l’eau du robinet sans inquiétude »…

Au sujet de cette pollution de l’eau par les pesticides, Eau et Rivières de Bretagne complète en précisant que les analyses ont permis d’identifier une diversité très importante de substances avec près de 230 pesticides quantifiés dans les cours d’eau bretons sur les 694 recherchés en 2020.

Des cours d’eau où les métabolites occupent presque la quasi-totalité des places du top 10 des molécules les plus fréquemment retrouvées. À savoir qu’un même échantillon a pu compter jusqu’à 54 molécules différentes ! À noter par ailleurs que l’un des résidus les plus observés lors des relevés était celui de l’ESA-metolachlore (ou S-metolachlore). Ce dernier est un herbicide fréquemment utilisé pour le désherbage du maïs.

Eau et Rivières lance une pétition en ligne

En prenant un peu de hauteur sur la situation, l’association déplore que, malgré le renforcement des traitements au fur et à mesure des années pour réduire la pollution par les pesticides, ces mesures n’ont pu parvenir à la supprimer complètement.

Aussi, le compte n’y est pas et à l’heure actuelle,  de nombreux captages d’eau sont toujours contaminés par les pesticides en Bretagne. Quant aux installations de traitement, Eau et Rivières de Bretagne déplore leur insuffisance à produire une « eau conforme aux normes de qualité eau potable sur le paramètre pesticides ». Avec pour conséquence la livraison d’une eau non- conforme au robinet des consommateurs.

Ces derniers ne semblent pas ignorer la problématique puisque l’Observatoire Régional de Santé de Bretagne (ORSB) rapportait, à travers son Baromètre Santé Environnement en Bretagne en 2020, que 79 % des Bretons interrogés percevaient comme très élevé ou plutôt élevé le risque que faisaient peser les pesticides sur leur santé.

Paradoxalement, le même baromètre indiquait également que les Bretons étaient plus nombreux à consommer exclusivement de l’eau du robinet en 2020 (37 % des sondés) que lors des années précédentes (29 % en 2014 et 15 % en 2007).

Enfin, refusant l’immobilisme, l’association de défenses de la qualité de l’eau vient ainsi de lancer une pétition en ligne intitulée « Pour une eau potable sans pesticides » et destinée à tous les citoyens. Avec pour objectif, une fois de plus, d’inciter les pouvoirs publics à une réelle prise de conscience dans le but de voir des mesures plus efficaces être mises en œuvre. Pour cela, l’association liste plusieurs propositions aux côtés de la pétition.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Une réponse

  1. avez vous remarqué ce phénomène? il y a quelques dizaines d’années, l’avant de la voiture était constellée de petits impacts rouges, surtout de nuit, des moustiques et autres insectes s’y fracassaient, il fallait d’ailleurs frotter énergiquement pour faire disparaitre ces points d’impact, aujourd’hui le parebrise est net !
    les pesticides ont fait leur boulot, on en mange les restes, mais s’il n’y avait qu’eux, restes de médicaments ingérés préventivement par les poulets et autres viandes, algues vertes etc. une agriculture raisonnée et raisonnable doit revoir le jour! je me demande si l’obésité n’en est pas une résultante

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