Une cinquantaine de participants au meeting Reconquête de Minihy-Tréguier (22). Entretien avec Bernard Germain, candidat aux législatives

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La salle des fêtes du bourg de Minihy-Tréguier, commune de 1200 habitants était quasi pleine, ce mardi 7 juin. Avertie par les réseaux sociaux, l’assistance est venue de toute la circonscription, et même de la circonscription de Guingamp. Il s’agit principalement de jeunes retraités, dont quelques-uns à l’accent du Midi très majoritairement des militants et des sympathisants convaincus de Reconquête. Ils ont déjà plusieurs mois de campagne derrière eux, beaucoup se connaissent et échangent des nouvelles et des blagues en attendant la prestation des orateurs.

Sur la scène décorée du drapeau français et d’une photographie d’Eric Zemmour grandeur nature, Margaret Studler, candidate suppléante à la députation, se lance. Cette ancienne cadre du secteur pharmaceutique, basée depuis 40 ans à Perros-Guirec, rappelle son parcours de femme patriote entamé chez Philippe de Villiers. En donnant des exemples tirés de l’actualité, elle pointe du doigt les limites et les silences des néoféministes quand il s’agit de protéger concrètement les femmes. Elle est largement approuvée par l’assistance, dont les femmes forment un tiers environ.

C’est ensuite le tour de Bernard Germain, le candidat à la députation de la 5ème circonscription des Côtes-d’Armor. Cet homme chaleureux est retraité à Plouha, après avoir fait une grande partie de sa carrière comme ingénieur chez France Télécom et Orange, à Lannion. Contrairement à sa suppléante, il est issu de la gauche. Mais c’était il y a une éternité, sous Mitterrand. Il en garde le souci de la péréquation des services publics (les prix et la qualité devraient être les mêmes sur tout le territoire). Il développe ensuite une question qui lui tient à cœur, celle de l’environnement, critiquant notamment la perspective d’une Bretagne quadrillée de méthaniseurs géants. Enfin il rappelle que le premier devoir d’un député est de protéger ses électeurs contre les dangers qui les menacent. L’insécurité massive n’est plus réservée à Paris et à ses banlieues : elle s’étend aux villes grandes et moyennes de Bretagne, une chose impensable il y a encore une génération. « Et maintenant elle vient jusqu’à Guingamp ! », précise quelqu’un dans l’assemblée. Bernard Germain conclut en montrant l’inversion des valeurs dont témoigne l’actualité : ce sont les gendarmes et les policiers qui sont mis en examen et traités de tueurs, tandis que les criminels sont présentés comme des victimes.

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Philippe Milliau est le dernier orateur. Président régional de Reconquête, il est aussi le directeur de TV Libertés, une chaîne internet qui a plusieurs centaines de milliers de spectateurs. Son discours replace la situation actuelle dans une perspective historique : celle d’un déclin démographique et culturel d’une civilisation, dont les « élites » vivent et se reproduisent en vase clos, ne se souciant plus du bien commun. L’assistance est sur la même longueur d’onde. Lors du débat qui suit, un participant raconte le racisme antiblanc sous-jacent dans le livre de classe de son petit-fils. Un autre lâche : « tout est foutu, c’est déjà trop tard ». Un dernier cherche à savoir « ce qui n’a pas collé avec Zemmour, ce qui lui a donné une mauvaise image dans une partie de la population.» La façon de débattre est à l’image de celle du président de Reconquête : cash et sans complexe, avec un brin d’humour qui masque de réelles inquiétudes.

La soirée se termine de façon inattendue. Des petits papiers sont distribués au public. il s’agit des paroles de « N’an eus ket e Breizh, N’an eus ket unan », un vieux chant breton dédié à Saint Yves de Tréguier, dont le manoir est à une centaine de mètres de la réunion de ce soir. Celle qui a distribué les papiers rejoint la tribune et entraîne dans son chant une grande partie de la salle, aux murs ornés du Gwenn-ha-Du et du Dragon du Trégor. Un émouvante Marseillaise clôt enfin la réunion électorale.

A.T.

Entretien avec Bernard Germain, candidat Reconquête ! dans la 5e circonscription des Côtes d’Armor :

Breizh-info.com : Bernard Germain, vous serez le 12 juin prochain, le candidat de Reconquête ! aux élections législatives dans la 5° circonscription des Côtes d’Armor. Votre profil est assez atypique et peut être qualifié comme celui d’un « homme venu de la gauche ».  Pouvez-vous vous présenter ?

Bernard Germain : Durant ma jeunesse, je fus Président de l’UNEF-ID pendant deux ans dans la ville où je vivais en province. Après mes études universitaires, j’ai rejoint la vie active et adhéré immédiatement à Force Ouvrière.

En 1976, après avoir réussi le concours des PTT, j’ai été nommé à Paris au centre de tri de la gare Montparnasse dont je suis devenu le responsable local de ce syndicat.

En 1981, j’ai voté pour François Mitterrand et rejoint le PS. Je l’ai quitté à la suite du « virage de la rigueur » en 1983. À cette époque, j’ai fréquenté entre autres régulièrement Jean-Luc Mélenchon (Méluche pour les intimes)…

Breizh-info.com : Après avoir quitté le PS, vous avez abandonné l’action politique ?

Bernard Germain : Définitivement « dégoûté » par la gauche, je n’ai plus été membre d’aucun parti pendant plusieurs décennies. Je me suis consacré essentiellement au syndicalisme.

Sur le plan professionnel, en 1982, j’ai quitté la Poste pour rejoindre France Télécom dans les Yvelines. Je suis devenu rapidement permanent FO de la DOT (Direction Opérationnelle des Télécommunications) des Yvelines. À ce titre, je fus également membre du Bureau de l’Union Départementale FO 78. Simultanément, j’ai passé des concours internes et suis devenu successivement, contrôleur, inspecteur puis cadre supérieur.

Breizh-info.com : Cet engagement syndical vous a conduit à des responsabilités importantes dans les organismes sociaux de votre département ?

Bernard Germain : En 1989, lors des premières élections à la Sécurité Sociale, j’ai été élu administrateur de la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) des Yvelines sur la liste présentée par FO. Je suis devenu vice-président du Conseil d’Administration pendant de longues années.

En 1990, je cesse mes activités de permanent FO à France Télécom (tout en restant membre du Bureau de l’UD-FO et administrateur CPAM) pour rejoindre les services à la Direction Régionale Ile-de-France. J’occupais le poste d’expert en infographie et en étant détaché à 50% à l’OCTAL (Office Central des Terminaux d’Abonnés et des Lignes – la Direction Générale Technique) en qualité d’expert national.

Breizh-info.com : Avez-vous repris d’autres activités syndicales par la suite ? 

Bernard Germain : En 1995, le Secrétaire général de FO-PTT m’a demandé de le rejoindre à la Fédération pour construire le « secteur privé » (Bouygues, SFR, Free…) en relation avec l’ouverture à la concurrence du secteur des télécommunications. J’ai construit des dizaines de syndicats et recruté des centaines d’adhérents, permettant ainsi à la Fédération FO de s’implanter durablement dans le secteur privé et plus seulement dans le secteur « public ».

Au titre de ces différentes responsabilités, j’étais membre du Bureau national et du Secrétariat national de FO-PTT qui deviendra par la suite FO-COM. L’ouverture à la concurrence du secteur des télécommunications imposait l’élaboration de textes conventionnels afin d’homogénéiser les règles sociales dans toute la profession. La négociation d’une Convention Collective Nationale de branche « étendue » (s’imposant à tous les opérateurs ayant les codes NAF concernés) était une nécessité. Logiquement, J’en fut l’un des négociateurs FO aux côtés de mon Secrétaire général. Après la ratification de cette convention, j’ai cessé mes activités syndicales en 2002 et rejoint les services de France Télécom (devenu Orange).

Breizh-info.com : C’est à ce moment là que vous vous retrouvez en Bretagne ?

Bernard Germain : J’ai terminé ma carrière à Lannion – pendant huit années – dans le principal centre de Recherche et Développement d’Orange, en qualité d’Ingénieur Logiciel. Je suis à la retraite depuis mars 2020.

Breizh-info.com : Vous êtes également un militant pour la défense de l’environnement. Durant l’été 2019, vous avez été confronté à la tentative d’implantation d’une structure de méthanisation proche de votre domicile. ?

Bernard Germain : Effectivement, la riposte de la population fut immédiate. J’ai participé à la création d’une association et en ai pris la présidence, pendant un an et demi. J’ai organisé la mobilisation, collecté des fonds pour payer les avocats et réalisé des adhésions pour notre association. Nous avons notamment tenu un meeting dans ma petite ville, réunissant plus de 400 personnes. L’affaire est actuellement en jugement.

Breizh-info.com : Vous avez tiré de cette expérience de nombreuses leçons et écrit un livre ?

Bernard Germain : Oui effectivement. en octobre dernier, suite à une conversation avec votre directeur Roland Hélie, j’ai écrit un livre « Méthanisation, la nouvelle escroquerie écologiste » qui a été publié par Synthèse nationale.

Breizh-info.com : Résumez-nous votre engagement politique et les raisons qui vous ont amenées à rejoindre Eric Zemmour ?

Bernard Germain : Toute ma vie a été marquée par mon attachement à la justice sociale, donc aux valeurs du Conseil National de la Résistance qui ont notamment permises la mise en place de la Sécurité Sociale, avec ses valeurs cardinales que sont la solidarité entre les générations et l’égalité sociale. Mais également à la défense de l’environnement, comme nous venons d’en parler au sujet de la méthanisation.

En revanche, je fus « douché » par le fonctionnement et la politique des partis de gauche, ce qui m’éloigna d’eux et de la « politique » politicienne. Ces éléments n’ont d’ailleurs fait qu’empirer avec le temps et ont abouti à un divorce définitif de la gauche, singulièrement du PS, d’avec les « couches laborieuses », du fait du virage stratégique « Terra Nova » d’une part. Mais également suite au référendum de 2005 où toute la classe politique, y compris la gauche, a trahi le vote du peuple pour un ralliement honteux à l’Europe, en parfaite contradiction avec le vote exprimé.

En 2019, j’ai découvert Éric Zemmour. D’abord lors de débats à la télévision. Interpellé par l’agressivité dont ce dernier fait l’objet, je me suis intéressé au personnage. J’ai donc lu ses livres et suivi quotidiennement ses émissions sur C-NEWS. J’ai été convaincu par l’honnêteté intellectuelle du personnage et pris conscience de la réalité des problèmes que celui-ci dénonce.

En 2021, lorsqu’Éric Zemmour annonce sa candidature à la présidentielle, j’ai adhéré à Reconquête ! et milité pour lui dans la 5° circonscription des Côtes d’Armor à l’occasion de la campagne électorale qui précéda celle-ci.

Sans renier aucune des valeurs sociales auxquelles je suis attaché et ai consacré tant d’années de ma vie, je suis aujourd’hui le candidat de Reconquête ! aux législatives du 12 juin, parce que je pense que pour sauver notre système social, pour sauver notre société, pour défendre notre identité, il faut sauver la France et pour ce faire arrêter les dérives mortifères constatées depuis des décennies.

Breizh-info.com : Vous êtes donc un « homme venu de la gauche » mais votre suppléante est-elle une femme de droite ?

Bernard Germain : En effet, ma suppléante, Margaret Studler, fut candidate du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers dans la circonscription en juin 2002. A nous deux nous formons une sorte de « Synthèse nationale » ce qui ne devrait pas être pour vous déplaire.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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Une réponse à “Une cinquantaine de participants au meeting Reconquête de Minihy-Tréguier (22). Entretien avec Bernard Germain, candidat aux législatives”

  1. patphil dit :

    bon courage à ces deux nationalistes

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