Nouvelle offensive migratoire à Melilla : au moins 27 morts, de nombreux blessés

Vendredi 24 juin, plusieurs milliers de migrants ont tenté, parfois violemment, d’entrer dans le territoire espagnol de Melilla, en Afrique du nord. Le bilan est terrible : au cours de l’assaut, au moins 27 migrants sont morts. Les blessés se comptent par centaines parmi les migrants et les forces de l’ordre marocaines et espagnoles. Suite à ces événements, la politique de contrôle des frontières du gouvernement espagnol fait l’objet de nombreuses critiques, tant de la part d’organisations humanitaires internationales, de syndicats de policiers que de partis politiques de la droite espagnole.

Une action « coordonnée et violente »

La nouvelle tentative de franchissement de la frontière entre le Maroc et l’Espagne, à Melilla, a pris un tour tragique ce vendredi 24 juin. La veille, près de 3 000 migrants d’origine subsaharienne se sont approchés de la frontière en vue de la franchir clandestinement. Des affrontements ont éclaté durant la nuit de jeudi à vendredi, au cours desquels les forces de l’ordre marocaine ont tenté de repousser les migrants. 140 policiers marocains ont été blessés ainsi que 17 migrants à cette occasion. Le journal espagnol El Mundo fait état de deux morts parmi les forces de sécurité marocaines, en dépit du démenti des autorités de ce pays.

Le lendemain, à partir de 8h40, un groupe de plus de 500 migrants a réussi à déjouer le barrage des policiers marocains et s’est dirigé vers le poste frontière de Barrio Chino. La porte de ce point de passage a rapidement été sectionnée à l’aide de cisailles, permettant à 133 migrants de passer en territoire espagnol. D’autres clandestins ont tenté de passer au-dessus de la clôture frontalière.

Selon des organisations de défense des droits de l’homme, lors de la tentative d’intrusion, au moins 27 migrants ont trouvé la mort dans des bousculades et en chutant de la clôture. La présidente de l’association marocaine des droits humains, Helena Maleno, fait pour sa part état de 37 morts parmi les migrants. Les autorités de Melilla ont indiqué que 49 agents de la Garde civile espagnole ont été blessés lors des affrontements ainsi que 57 clandestins. La préfecture de Melilla parle des migrants qui ont pris d’assaut le poste frontière comme d’un groupe « parfaitement organisé et violent ».

Des réactions divergentes

A la suite de ces événements, Amnesty international a demandé une enquête « indépendante et exhaustive » afin de faire la lumière sur ce qui s’est passé. L’O.N.G. dénonce de nouveau les « refoulements à chaud » à la frontière, une pratique qui serait interdite par le droit international. L’O.I.M. et le Haut-commissariat des Nations Unies aux réfugiés ont rappelé la nécessité « en toutes circonstances de prioriser la sécurité des migrants et des réfugiés ».

Le premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, a réagi en accusant « les mafias qui se livrent au trafic d’êtres humains d’être responsables du violent assaut à la frontière avec le Maroc à Melilla ».

A droite, le président du parti politique espagnol Vox, Santiago Abascal, pointe d’autres responsabilités : « les morts et blessés d’aujourd’hui sont de la responsabilité de l’effet d’attraction suscité par les progressistes. Et spécialement le gouvernement et les O.N.G. qui collaborent avec les trafiquants d’êtres humains et ont amené l’insécurité et la désintégration ».

Les syndicats des forces de l’ordre ont condamné la violence avec laquelle certains migrants ont agi, comme en témoignent des vidéos prises sur place où l’on peut les voir armés de pierres, de bâtons et de crochets. Ils soulignent également l’insuffisance de moyens. L’association professionnelle des gardes civils espagnols demande la participation de l’armée espagnole au contrôle de la frontière sud du pays. Son secrétaire évoque le fait que dans le secteur frontalier, il y avait lors de l’assaut moins d’un agent de la garde civile pour 20 assaillants. Il presse l’Etat espagnol de fournir rapidement du matériel anti émeutes, afin d’éviter que de nouveaux membres de force de l’ordre soient blessés lors d’un futur assaut. L’autre association professionnelle des gardes civils espagnols, l’A.E.G.C., demande une augmentation des effectifs de 200 agents, afin de ne pas dépendre en cas d’assaut des renforts venus de la péninsule ibérique.

L’immigration clandestine comme moyen de pression

Paradoxalement, ce nouvel assaut, particulièrement violent, intervient alors que les relations diplomatiques entre l’Espagne et le Maroc se sont récemment normalisées, après de fortes divergences sur le sort du Sahara occidental. Les migrants ne semblent plus – ou moins – utilisés par l’Etat marocain comme moyen de pression diplomatique, comme cela a été le cas de façon particulièrement aigue en mai 2021, lorsque près de 8 000 d’entre eux ont franchi les frontière en quelques jours. Un signe ne trompe pas : dès la normalisation des rapports entre les deux pays, le nombre de migrants arrivés dans les iles Canaries a baissé en avril 2022 de 70% par rapport au mois de février, selon le ministre de l’intérieur espagnol.

Pour autant, la pression migratoire ne faiblit pas en Europe, bien au contraire. L’agence de garde-côtes et garde-frontières Frontex a recensé une progression de 82% des franchissements illégaux des frontières extérieures de l’Union Européenne entre janvier et mai 2022, qui s’élevaient à 86 420.

Des lois favorables aux clandestins

Le gouvernement socialiste espagnol a-t-il pris la mesure de la situation ? On peut en douter, au vu de ses dernières décisions. En octobre 2021, les députés espagnols adoptaient une loi facilitant l’obtention d’un titre de séjour pour les mineurs étrangers présents dans le pays. Plutôt que de refouler systématiquement les migrants qui participent à des tentatives coordonnées et parfois violentes de franchissement des frontières, les autorités espagnoles acceptent d’instruire les demandes d’asile déposées par les clandestins qui ont réussi à entrer illégalement sur le territoire espagnol. 800 demandes d’asile sont ainsi actuellement instruites après l’assaut du début du mois de mars 2022.

Plus récemment, le gouvernement espagnol a annoncé sa volonté de régulariser massivement des étrangers en situation irrégulière présents sur le territoire national, « afin de faire face aux besoins de main-d’œuvre ». Dans ce contexte, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il faudra observer avec attention les enseignements que tirera le gouvernement espagnol des très nombreuses victimes et des blessés lors de l’assaut du vendredi 24 juin à Melilla.

Paul Tormemen

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

6 réponses

  1. C’est un remake (comme disent ces crétins de ricain) de la planète des singes ?
    C’est pas sorti en salle encore, non ?
    Pierre boulle était un visionnaire !

  2. Il n’y a pas que Soros qui paye les O N G pour envahir l’Europe, il y a aussi les islamos gauchistes qui payent ces structures pour faire venir les migrants sur l’Europe, regardez les dirigeant socialiste de Bretagne !! qui prennent l’argent des contribuables pour payer ces organismes !!!

  3. Ma présidente de région (Carole Delga) donne les sous de mes impôts au bateau qui va chercher les Africains  »clandestins » au large des côtes africaines et les dépose sur notre sol…puis des associations (payées par nos impôts) et le Conseil Général du Gard (toujours avec les sous de mes impôts) les logent, les nourrissent, etc…Voilà pourquoi la France est ENVAHIE de terroristes musulmans arrogants…qui ne viennent pas chez nous pour travailler, mais pour profiter de toutes les  »aides » que leur donnent les gauchos-islamos, ces  »aides » sont prises dans les impôts des Français non-musulmans puisqu’il n’y a qu’1% des musulmans, vivant en France, qui sont imposables!

  4. Ce n’est pas seulement une situation d’immigration, c’est une invasion violente. Et ceux qui réussissent à passer se considèrent sûrement comme des « vainqueurs », ce qui ne peut que les encourager à poursuivre dans une voie violente.

  5. Ça devient particulièrement inquiétant. À mon avis, le pire est à venir avec des hordes incontrôlées de plus en plus violentes et armées qui passeront en force, engendrant de l’insécurité de plus en plus marquée à travers l’Europe.Sur le plan sanitaire il n’y aucun contrôle sur le plan vaccination avec des risques de propager des maladies et des virus genre Covid-19.

Les commentaires sont fermés.

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