Loire-Atlantique : Le conseil d’Etat entérine le nom « Divatte-sur-Loire » pour la fusion « La Chapelle-Basse-Mer – Barbechat »

Chapelle Basse-Mer

On se souvient des débats enflammés autour du nom « Guerlédan » (22) pour désigner la fusion des communes de Mûr-de-Bretagne et de Saint-Guen (nom finalement adopté), de celle des Moulins (22) pour la fusion Plémet-La Ferrière (nom finalement abandonné) ainsi que celle de Beaussais-sur-mer (22) regroupant Ploubalay, Trégon et Plessix-Balisson (nom finalement conservé) sans parler de Evellys (56) regroupant Naizin, Moustoir-Remungol et Remungol (nom finalement conservé).

Mais en Bretagne c’est dans le Sud-Loire que la bataille a été la plus rude, plus précisément dans le Vignoble nantais où deux communes, Barbechat et La Chapelle-Basse-Mer ont fusionné pour devenir Divatte-sur-Loire.

Une association de défense du nom « La Chapelle-Basse-Mer » avait été créée en 2018. Cette association ainsi que l’historien Reynald Sécher avaient aussitôt déposé un recours administratif pour faire annuler l’arrêté préfectoral qui entérinait le nom de la nouvelle commune.

Selon l’association, « Divatte-sur-Loire est un non-sens : la Divatte est une rivière et la Loire un fleuve, comment peut-on avoir Divatte-SUR-Loire » ? Effectivement, l’argument est recevable… De surcroît, selon l’association, le nom La Chapelle-Basse-Mer existe depuis le IXè siècle, ce qui constitue une profondeur historique incontestable.

Mais la France jacobine en a décidé autrement : en juillet 2018, le tribunal de Nantes avait annulé l’arrêté préfectoral instituant le nom « Divatte-sur-Loire », Nicole Klein, préfète de Loire-Atlantique, est donc revenue à la charge en reprenant un nouvel arrêté identique au premier. Nouveau recours devant le tribunal administratif qui cette fois-ci donna raison à la puissance publique jacobine. Les opposants avaient donc saisi le conseil d’état en ultime recours.

Celui-ci vient, le 4 août dernier, de rendre son verdict : le nom « Divatte-sur-Loire » est confirmé. La Chapelle-Basse-Mer et Barbechat, noms millénaires, n’existent plus.

Cette logique jacobine suit la décision qui raya d’un trait de plume l’appartenance multi-millénaire de la Loire-Atlantique à la Bretagne en 1956, lors de la création des premières entités administratives « régionales », puis repris en 1982.

Crédit photo : DR

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7 réponses

  1. Imaginez si Versailles devenait Château les Yvelines ? Mais la négation de tout ce qui fait l’âme bretonne ici en Pays du Vignoble de Nantes comme ailleurs partout en Bretagne -sans parler de la partition administrative- est une volonté du parti français qui apprécie que de pauvres créatures vides cérébralement fassent le sale boulot. Bien des élus aujourd’hui représentent « l’homme nouveau » voulu par Robespierre. Nouveau ? Ça sent le sapin pourtant ce système étatique !

  2. Un ami danois me disait un jour, il y a bien longtemps – nous étions alors étudiants, lui à la Fac de Droit, moi en Sorbonne – « J’adore la France, mais je ne pourrais pas y vivre, je ne pourrais pas vivre dans un pays où des gens nommés par l’ État central sont investis de pouvoirs énormes sans avoir à en rendre compte devant la population. C’est totalement antidémocratique ! »
    À l’époque, je ne me préoccupais pas beaucoup du pouvoir des préfets. Ce n’est que bien plus tard, après avoir vécu longuement aux États-Unis, en Angleterre, après avoir beaucoup « bourlingué » de par le monde, que j’ai réalisé à quel point était justifiée la réflexion de mon ami danois qui, entre-temps, avait eu une belle carrière d’ambassadeur de son pays. J’ai réalisé aussi que les préfets avaient les mêmes attributions que les « Gauleiter », créés par Hitler dès son arrivée au pouvoir et qui n’avaient de comptes à rendre qu’au Fuhrer. Pétain, lui, n’a pas eu besoin de créer l’institution préfectorale, instrument indispensable à toutes les dictatures : elle existait déjà ! Et,
    sous le nouveau pouvoir, elle a fonctionné à merveille. Jean Moulin fut une exception. Mais voilà, les Français conditionnés, matés, bernés depuis plus de deux cents ans, sont persuadés, tout en vivant sous le régime des « Gauleiter », de représenter les champions de la liberté. On n’est pas sorti. de l’auberge !

  3. Une rivière, un ruisseau, chevauchant la Loire : je n’ose imaginer quel blason va être imaginé pour symboliser cette ineptie sémantique ! L’imagination technocratique est sans limite, hélas!

  4. Encore une preuve du jacobinisme centralisateur et malfaisant français qui n’a de cesse de déconstruire la Bretagne historique. Rien de bon à en attendre….

  5. La Divatte est une rivière, mais dans l’usage courant c’est aussi la « levée de la Divatte », digue érigée le long de la Loire voici 170 ans. Un même nom peut désigner plusieurs choses, pourquoi ne désignerait-il pas aussi une commune ? On songera, tout à côté de là, au nom Goulaine qui désigne lui aussi une rivière… ainsi qu’une famille étroitement liée à l’histoire de Bretagne, un marquisat, un château, un marais et DEUX communes (Haute-Goulaine et Basse-Goulaine).
    Les noms anciens et pittoresques de Barbechat et La Chapelle-Basse-Mer ne disparaissent pas, ils deviennent ceux de lieux-dits. A leurs habitants de les faire vivre en espérant que la réalité humaine soit plus forte que la logique administrative.

  6. Peut-on contester ? Montrer au moins qu’on ne se trompe pas sur les intentions de cette décision qui privera les jeunes de repères. Pétition?

Les commentaires sont fermés.

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