Immigration en Manche. Un réseau irako-kurde de passeurs de migrants démantelé, les traversées de clandestins ne diminuent pas

Manche

L’arrivée de l’automne n’a pas contribué à décourager les clandestins cherchant à traverser illégalement la Manche depuis la France vers le Royaume-Uni. Côté français, les autorités ont interpellé plusieurs extra-Européens facturant leurs services de passeurs aux migrants.

Un réseau irako-kurde de passeurs de migrants démantelé dans le Nord

Le nord de la France, terre de prédilection des passeurs de migrants, a été le théâtre de plusieurs interpellations la semaine dernière. L’OCRIEST (Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et de l’emploi d’étrangers sans titre) et la Brigade mobile de recherche (BMR) de Lille ont arrêté, le 18 puis le 20 octobre, six individus dans le département du Nord.

Cette intervention vient conclure une enquête initiée après que les autorités françaises ont eu connaissance d’un « renseignement britannique » leur permettant d’identifier « l’acheminement de matériel nautique depuis la Turquie » vers un lieu de stockage à Douai (Nord). Le lieu en question, véritable magasin d’appoint pour les groupes criminels se livrant au trafic de migrants, proposait donc aux passeurs divers matériels nautiques, des moteurs hors-bords aux bateaux en passant par les gilets de sauvetage et autres réservoirs de carburant. En bref, toute la panoplie nécessaire afin de faire traverser la Manche illégalement à des migrants depuis les plages de la Côte d’Opale à destination du littoral anglais.

Selon Jean Arvieu, adjoint au chef de l’OCRIEST, de longues surveillances techniques et physiques ont été nécessaires afin d’identifier le manège des trafiquants et de découvrir l’existence de cette base logistique à Douai.

Quant au profil des six interpellés, tous résidents dans le nord de la France, l’on compte parmi eux trois Irakiens, un Soudanais, un Afghan et un Français. Plutôt structuré, ce réseau de passeurs était ainsi composé d’un chef et de son associé disposant de quatre livreurs de bateaux ou de migrants qui travaillaient pour eux.

Une activité criminelle qui s’avérait être lucrative puisque cette filière irako-kurde de passeurs de migrants vers la Grande-Bretagne aurait engrangé plus de 1,6 millions d’euros. Cependant, grâce au travail des enquêteurs, aucune des 32 tentatives de traversées la Manche à mettre au crédit de ce réseau n’a réussi. Au cours des perquisitions, les autorités françaises sont parvenues à mettre la main sur quatre bateaux, quatre moteurs, 133 gilets de sauvetage et un kit de réparation. Enfin, les six individus arrêtés devaient être présentés au parquet de Douai en fin de semaine dernière.

Immigration en Manche : des traversées toujours nombreuses en octobre

Pendant ce temps, l’arrivée de l’automne n’a cependant pas freiné les ardeurs des passeurs comme des clandestins cherchant à rejoindre le Royaume-Uni par la mer.

À titre d’exemple, pour la seule journée du 18 octobre dernier, les autorités britanniques ont intercepté 502 migrants dans les eaux anglaises. Quelques jours auparavant, le 12 octobre, plus de 850 clandestins étaient arraisonnés au cours de la journée. Pire, le 9 octobre, la barre symbolique des 1000 migrants débarqués en moins 24 heures était de nouveau franchie.

Ainsi, depuis le début du mois d’octobre, en totalisant les chiffres indiqués par le ministère britannique de la Défense (dont la dernière mise à jour remonte au 18 octobre), plus de 4 500 migrants (en comptant les 502 débarquées ce même 18 octobre) ayant traversé la Manche afin d’entrer illégalement au Royaume-Uni auraient été détectés par les autorités.

Depuis le début de l’année 2022, les autorités britanniques auraient totalisé plus de 36 400 arrivées de clandestins sur le territoire national. Un nombre à côté duquel le total de 28 000 migrants illégaux débarqués sur l’ensemble de l’année 2021 fait déjà pâle figure…

Enfin, rappelons que, selon un rapport parlementaire britannique publié le 18 juillet dernier, le nombre total de migrants débarqués illégalement en 2022 pourrait dépasser les 60 000 d’ici la fin de l’année. Rien ne permet d’affirmer pour l’instant avec certitude que ce chiffre ne sera pas atteint, d’autant plus si les conditions météorologiques devaient rester clémentes au cours des prochaines semaines.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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2 réponses

  1. peloton d’execution pour les passeurs il y aurait surement bcp moins de candidats pour cette activité de vermines…..

  2. si les brits renvoyaient systématiquement les migrants en situation irrégulière, ça cesserait, non?

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